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analyse

"Il faut rester investi en bourse"

©EPA

Les marchés d’actions restent incontournables dans l’environnement actuel. Mais il faut, plus que jamais, savoir quelles valeurs choisir.

La pandémie de Covid-19 et ses conséquences économiques ont rendu l’horizon d’investissement particulièrement incertain. Si des progrès notables viennent d’être enregistrés sur le front d’un vaccin, ils ne permettent pas encore d’y voir beaucoup plus clair à court terme, pas plus que le résultat de l’élection présidentielle américaine. "Le scénario d’une ‘hyper volatilité’ dans les prochains semestres ne doit pas être écarté", estime en conséquence Arnaud Delaunay de chez Leleux Associated Brokers.

De son côté, Youry Huygen de L’Investisseur n’écarte pas non plus une certaine nervosité pour les mois à venir, mais il se veut optimiste. "On voit que les marchés restent relativement immunisés contre la deuxième vague. Les banques centrales continuent à mettre tout en œuvre pour éviter de trop grands chocs. Les États dépensent aussi pas mal d’argent dans l’attente d’une normalisation".

"2021 devrait renouer avec la croissance à l’échelle globale et donc on trouve qu’il faut rester investi en bourse."
Frank Vranken
Stratégiste de Puilaetco

Un optimisme que partage Frank Vranken de Puilaetco. "On est toujours persuadé qu’on est encore dans la phase de relance économique après la récession au deuxième trimestre". S’il n’écarte pas le risque d’une nouvelle contraction en Europe en cette fin d’année, "2021 devrait renouer avec la croissance à l’échelle globale et donc on trouve qu’il faut rester investi en bourse".

Peu d’alternatives aux actions

Les actions restent d’ailleurs toujours privilégiées par nos interlocuteurs en termes d’allocation d’actifs, même si certaines obligations d’entreprises peuvent aussi mériter le détour. "L’avenir se joue entre les actifs publics et les actifs privés et, à ce jeu, mieux vaut continuer de privilégier les actifs privés à long terme", estime Arnaud Delaunay. "Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que les banques centrales ont détruit le marché obligataire."

"L’avenir se joue entre les actifs publics et les actifs privés et, à ce jeu, mieux vaut continuer de privilégier les actifs privés à long terme."
Arnaud Delaunay
Head of Financial Analysis chez Leleux Associated Brokers

Pour compenser le risque, l’or semble également faire l’unanimité auprès de nos interlocuteurs. "Nous n’avons jamais été de grands fans de l’or, mais il est clair que chaque portefeuille devrait contenir une ligne d’or", juge Youry Huygen. Frank Vranken, qui y ajoute pour sa part des bons du trésor américain, insiste cependant sur l’importance de se couvrir au niveau du dollar "car on pense que le billet vert devrait se déprécier".

Quelles actions choisir?

Pour ce qui est du choix des valeurs, Arnaud Delaunay recommande "les actions de qualité, avec un bilan sain et peu de dettes". Youry Huygen souligne pour sa part qu’il reste également de nombreuses actions sous-évaluées en Europe. "Pensons à tous ces holdings qui aujourd’hui se négocient avec de fortes décotes". Sur le continent, Frank Vranken insiste aussi sur les titres offrant du rendement au travers du dividende. "Sachant que le dividende représente une grande partie du return total en fin d’année, il faut commencer par là".

"Pensons à tous ces holdings qui aujourd’hui se négocient avec de fortes décotes"
Youry Huygen
Analyste chez L'Investisseur

Au niveau géographique, les États-Unis restent "inévitables", selon Arnaud Delaunay, "surtout si l’on veut investir dans le secteur des nouvelles technologies". Un avis que partage Youry Huygen. "Vu qu’on n'en trouve pas chez nous en Europe, il faut d’office se tourner vers les États-Unis pour ce genre de valeur."

Les marchés asiatiques et surtout chinois sont également appréciés. "La Chine a retrouvé le momentum et les bourses et la devise devraient y rester bien soutenues", note ainsi Frank Vranken. "C’est le seul pays à enregistrer une croissance économique positive en 2020", abonde Arnaud Delaunay qui conseille, comme Youry Huygen, d’y investir au travers d’un ETF ou "tracker" sur la région asiatique et pas seulement sur la Chine, en raison des risques politiques, voire de fraudes qui peuvent y survenir.

"Care Property Invest a surtout l’avantage de combiner rendement et croissance"

Frank Vranken (Stratégiste de Puilaetco)

©Kristof Vadino

Cette société immobilière réglementée est parmi les plus défensives de son secteur. Elle a surtout l’avantage de combiner rendement et croissance. Un rendement brut de 3% et une croissance du bénéfice par action de 8% avec une progression de la valeur de son portefeuille de 25% depuis un an. Les maisons de repos ont peut-être été fortement touchées par la pandémie de Covid-19, mais le taux d’occupation, lui, reste très élevé et ce secteur est désormais perçu par le gouvernement comme primordial et comme une cible pour des investissements futurs. Même si cette SIR connaît une croissance moindre que celle de sa concurrente Aedifica, elle est aussi de ce fait moins risquée. Elle est uniquement active en Belgique et aux Pays-Bas et cote avec une prime de 36%, ce qui est peu élevé par rapport à d’autres SIR de croissance. Bref, c’est une valeur sûre.

"UCB est la seule valeur belge faisant partie de la renommée liste internationale des 'European Growth Stock'"

Arnaud Delaunay (Head of Financial Analysis chez Leleux Associated Brokers)

©Aude Vanlathem

Aujourd’hui, le titre UCB est la seule valeur belge faisant partie de la renommée liste internationale des ‘’European Growth Stock’’. Pour faire partie de cette liste, le titre UCB doit respecter de nombreux critères quantitatifs: croissance positive des revenus et du bénéfice par action au minimum sur les 3 dernières années, un ratio "return on assets"’ (rentabilité des actifs) positif, et des perspectives à long terme toujours bien orientées. Depuis la crise sanitaire, le secteur de la santé - au sens large - a clairement attiré l’attention des investisseurs étant donné qu’il reste mieux immunisé face à la récession économique. Dans ce contexte, il n’est donc pas surprenant de voir que le groupe UCB continue de maintenir ses perspectives financières pour l’exercice 2020. En synthèse, les chiffres du premier semestre montrent que le groupe a mieux performé que prévu: croissance des revenus de +12% et +8% pour l'ebitda. Sur la base des éléments actuels, c’est-à-dire des flux de trésorerie et des perspectives du groupe, l’objectif de cours se situe proche des 110 euros.

"Bon marché, D'Ieteren est aussi une montagne de cash"

Youry Huygen (Analyste chez L'Investisseur)

©Kristof Van Accom

Une ancienne "valeur industrielle" que nous considérons désormais comme un holding. Au point de vue de sa valorisation, D’Ieteren est bon marché. Le titre se négocie proche de sa valeur comptable (46,7 euros), mais aussi largement sous sa valeur intrinsèque que nous estimons à environ 68,5 euros. Environ la moitié de cette valeur intrinsèque est relative à sa participation de 54,8% dans Belron. Ce dernier, connu pour son activité pare-brise, propose désormais aussi d’autres services tels que le réglage de capteurs dans les vitres des voitures (calibrage) et des systèmes d’assistance à la conduite (ADAS). D’Ieteren, c’est aussi une montagne de cash. Pas moins de 1,45 milliard d’euros, soit la moitié de sa valeur boursière. Du cash avec lequel le holding peut éventuellement lancer un programme de rachat d’actions propres ou réaliser des acquisitions. En évitant bien entendu des acquisitions telles que Moleskine, qui n’aura pas été un choix judicieux.

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