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Intel donne un coup de fouet à tout le secteur des semi-conducteurs

Pour augmenter sa production de puces électroniques, Intel va construire deux nouvelles usines aux États-Unis. ©BELGAIMAGE

Le géant américain va investir massivement dans sa production de puces électroniques. De quoi donner des ailes à ses homologues européens.

"Intel is back." Pour pallier la pénurie mondiale de puces électroniques, le géant américain Intel a annoncé mardi soir son intention d’augmenter sa production en construisant deux nouvelles usines en Arizona, aux États-Unis. Coût initial de l’opération: 20 milliards de dollars (soit 16,9 milliards d’euros).

"Pat Gelsinger (le CEO d'Intel, NDLR) fait ce qu'il faut pour Intel en réinvestissant dans l'entreprise, mais son programme pèsera sur les bénéfices et les flux de trésorerie au cours des 2-3 prochaines années."
Wedbush

Le groupe américain entend également faire davantage appel à des sous-traitants, tout en ouvrant ses sites à des clients externes. Une nouvelle division va ainsi voir le jour, Intel Foundry Services, via laquelle des sociétés pourront produire leurs propres prototypes de puces au sein des usines d'Intel.

Ce vaste projet est jugé "très ambitieux" par les analystes. "Pat Gelsinger (le CEO d'Intel, NDLR) fait absolument ce qu'il faut pour Intel en réinvestissant dans l'entreprise, mais son programme pèsera presque nécessairement sur les bénéfices et les flux de trésorerie au cours des 2-3 prochaines années", prévient-on chez Wedbush. Les investisseurs voient pour l'instant le verre à moitié plein. L'action Intel a gagné jusqu'à 6,24% en début de séance à Wall Street.

La présentation du nouveau projet d'Intel, par son CEO, Pat Gelsinger.

Stimuler la demande et l'innovation

L'annonce a également provoqué des remous sur les marchés européens. Le compartiment technologique a signé l'une des meilleures performances sectorielles avec un bond de 1%. La tendance a été portée par ASM International (+5,17%) et ASML Holding (+4,17%). Selon les analystes de Bloomberg Intelligence, ASML pourrait tirer profit des investissements agressifs d'Intel, étant donné sa domination dans le secteur des outils de lithographie de pointe.

80%
Environ 80% de la capacité de la production mondiale de semi-conducteurs se trouve en Asie, contre seulement 15% aux États-Unis et 5% en Europe.

"ASML pourrait enregistrer de fortes ventes et une solide croissance de sa marge bénéficiaire dans les prochaines années. La décision d'Intel d'étendre ses activités de fonderie pourrait stimuler la demande d'outils de lithographie par ultraviolet extrême (EUV)", expliquent-ils.

Dans l'ensemble, c'est tout le segment des semi-conducteurs qui a été recherché en bourse. À Bruxelles, Melexis a même évolué en tête du Bel 20 en matinée avant d'effacer ses gains. "Le fait qu'Intel reste pleinement engagé dans sa propre production est positif à long terme pour l'ensemble de l'industrie, car nous pensons que la concurrence stimule l'innovation et c'est finalement ce dont toute la chaîne d'approvisionnement des semi-conducteurs a besoin", estime Marc Hesselink, analyste chez ING.

Il rappelle qu'à l'heure actuelle, environ 80% de la capacité de la production mondiale se trouve en Asie et seulement 15% aux États-Unis et 5% en Europe.

Lire aussi | Semi-conducteurs: l’Europe face à sa dépendance

La place de leader n'est pas menacée

On comprend dès lors pourquoi, sur les marchés asiatiques, le projet d'Intel ne fait pas que des heureux. Le groupe Taiwan Semiconductor Manufacturing Company Limited (TSMC) – qui est le plus grand fabricant de puces au monde – a vu son action chuter de 3,03% à la Bourse de Taïwan. Même la ministre taïwanaise de l'Économie est venue à sa rescousse pour calmer les inquiétudes des investisseurs.

Les analystes pensent de leur côté que le leadership de TSMC n'est pas menacé. "Nous pensons que les grandes entreprises technologiques telles qu'Apple, AMD et Qualcomm hésiteront à transférer leurs commandes vers Intel, avec lequel elles sont en concurrence pour la conception de puces", indique Charles Shum, de Bloomberg Intelligence. D'après lui, Intel ne devrait pas égaler le taux de rendement de production de TSMC à court terme. Celui-ci a d'ailleurs annoncé récemment vouloir étendre sa production aux États-Unis.

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