analyse

Kraft Heinz et ThyssenKrupp inaugurent une période défavorable pour la dette d'entreprise

Le constructeur automobile Aston Martin est classé parmi les sociétés européennes en "difficulté" financière.

Le taux des défauts de remboursements de dettes par les sociétés devrait être de 2,3% selon S&P. Ce pourcentage restera inférieur à celui de 2009, quand il était monté jusqu’à 10%.

Le géant alimentaire américain Kraft Heinz qui a vu ses notes financières abaissées à "BB+" chez S&P et Fitch la semaine passée, inaugure-t-il une période défavorable pour la dette d’entreprises? C’est ce que craignent certains. Alors que les révisions à la baisse des ratings étaient tombées à un plancher record (0,3%) l’an passé et que les obligations notées "BBB", dernier cran d’"investment grade", représentent 50% de la dette des entreprises américaines, les déclassements de notes pour les sociétés américaines pourraient bien prendre le relais.

"15 à 20% des obligations notées 'BBB' devraient être rétrogradés dans la catégorie dite 'spéculative' en 2020, représentant un montant variant entre 500 et 660 milliards de dollars."
Scott Minerd
Responsable de l'investissement chez Guggenheim Inv.

Selon des observations faites par Bank of America, le nombre d’entreprises dont les paiements d’intérêt sont supérieurs à leurs revenus annuels, a atteint un niveau sans précédent depuis la crise mondiale. Au Forum économique de Davos, Scott Minerd, directeur mondial des investissements chez Guggenheim Inv., avait affirmé "s’attendre à ce que 15 à 20% des 'BBB' soient rétrogradés dans la catégorie dite 'spéculative' (rendement élevé). Ce qui équivaudrait à entre 500 et 660 milliards de dollars".

Médias les plus "à risque"

À l’instar de ThyssenKrupp dont le rating a été ramené de "Ba3" à "B1" chez Moody’s ce lundi, les sociétés européennes ne devraient pas être épargnées par une dégradation de notes financières. Elles seront confrontées, estimait Moody’s déjà à la fin du mois de décembre, à davantage de baisses de notes et à des probabilités de défaut de remboursement plus élevées en 2020. Ce sont bien évidemment les sociétés affichant une santé financière fragile et dont la dette affiche des rendements élevés, qui seront les premières concernées.

L’agence de notation disait s’attendre à ce que les défauts de paiement triplent à 20. Les retrouvera-t-on dans sa liste des 60 sociétés qu’elle juge "en difficulté"? On y retrouve des noms comme le constructeur de voitures britannique Aston Martin, la société active dans les métaux de base Ferroglobe, britannique également, mais coté à Wall Street, et Nostrum Oil. Mais encore deux sociétés néerlandaises, Holland & Barrett, Loewen Play, ainsi que l’italienne Pro-Gest.

C’est dans le secteur des médias - surtout aux États-Unis -, toujours occupé à passer de l’imprimé à l’activité en ligne, ceux des constructeurs automobiles et des entreprises actives dans les métaux que l’environnement financier devrait se dégrader le plus rapidement, résume pour sa part S&P. Cette agence évalue que, dans l’ensemble, le taux de défaut s’élèvera à 2,3% en 2019. Ce pourcentage reste bien inférieur à celui de 2009, quand il était monté jusqu’à 10%.

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