L'appétit des investisseurs demeure fort pour le luxe

Le milliardaire canadien Lawrence Stroll séduit par la marque de voiture préférée de James Bond ©REUTERS

Kering serait prêt à enfiler un "Moncler", ces fameuses doudounes italiennes. Outre-Manche, un milliardaire canadien se verrait bien, lui, au volant d'Aston Martin

L’encre du contrat d’achat de la boutique de luxe Tiffany’s par le Français LVMH à peine sèche, voici qu’un nouveau chapitre de rachat, de vêtements de luxe cette fois-ci, s’ouvre. Confirmant des rumeurs qui avaient commencé à circuler à la Bourse de Milan, Remo Ruffini, le principal actionnaire de la société qui confectionne des doudounes de luxe, l'homme qui détient 22,5% du capital de Moncler, reconnaît entretenir des contacts avec un autre groupe français très actif également dans les produits de luxe. Dans un communiqué, il a cependant qu’"il n’y avait aucune hypothèse concrète de vente de la société dans l’immédiat".

"Un rachat de Moncler aiderait Kering à se diversifier alors que le résultat opérationnel du groupe français qui détient aussi des noms comme Yves-Saint-Laurent et Botega Veneta provient à 80% de Gucci qui connaît un succès phénoménal", selon des analystes cités par l’AFP. En 2018, Kering avait réalisé un profit d’exploitation de 3,9 milliards d’euros. "Moncler rendrait Kering moins dépendant de Gucci", souligne Cedrix Rossi de chez Brian Garnier.

A la suite du communiqué publié par Ruffini, l’action a bondi de plus de 10% pour retrouver améliorer dans la matinée son record historique atteint en juin 2018 (42 euros). Elle était montée jusqu’à 43,61 euros. Mais elle n’est pas parvenue à s’accrocher à ce niveau jusqu’à l’heure de la clôture. Peu avant la clôture de la séance boursière, son avance s’était réduite à 6,7%, à 41,4 euros.

Affaire en expansion rapide

L’actionnaire principal n’est pas pressé de vendre, alors que la marque continue d’être très forte et se développe rapidement.
Luca Solca
analyste chez Bernstein

Le marché aurait-il quelques doutes sur la faisabilité d’une telle opération? Pour les observateurs, il serait erroné de considérer que l’affaire est déjà conclue avec Ruffini qui avoue d’ailleurs avoir d’autres contacts. "C’est sûr que Kering ne devrait pas s’attendre à un quelconque rabais sur le prix", estime Luca Solca, analyste chez Bernstein. "L’actionnaire principal n’est pas pressé de vendre, alors que la marque continue d’être très forte et se développe rapidement."

Entre 2013, année durant laquelle la société a été introduite à la cote de Milan, et 2018, les revenus ajustés ont été multipliés par 2,4 fois à 1,42 milliard d’euros et le résultat net ajusté par 3,4 fois à 334,4 millions d’euros. En fin de journée, Moncler affichait une valeur de 10,8 milliards d’euros à Milan.

D’autres candidats à la reprise?

C’est un fait, le mouvement de concentration dans le secteur du luxe se poursuit à marché – presque – forcée. Mais en même temps, le registre des candidats susceptibles de satisfaire l’appétit des prédateurs se réduit à vue d’œil. A suivre la réaction de leurs cours de Bourse à l’annonce de jeudi, les italiens Tod’s (+4,4%), Ferragamo (+6,5%) et le fabricant de valises Samsonite (+3,2%) au capital fort éclaté coté à Hong Kong, pourraient compter parmi eux. Cela semble être moins le cas de Hugo Boss (+1,7%), Hermès (-1,4%) dont le capital est très  largement contrôlé par la famille Hermès, et de Prada (+1%) également coté à Hong Kong.

Des informations de presse évoquant l’intérêt d’un milliardaire canadien pour un rachat du constructeur automobile préféré de James Bond, Aston Martin

Les candidats se raréfiant, il va falloir aux chasseurs de s’activer un peu plus du côté des entreprises non cotées. A l’instar de LVMH qui a acquis cette année deux domaines vinicoles de prestige, à savoir le Château de Galopet et le Château d’Esclans.

Aston Martin convoité

Le secteur automobile n’échappe pas non plus au goût de luxe des investisseurs. Des informations de presse évoquant l’intérêt d’un milliardaire canadien pour un rachat du constructeur automobile préféré de James Bond, Aston Martin, ont font fait bondir le cours de son action à Londres. L'action s’est envolée de 18,5% à 596 pence. Pour mémoire, cette action avait été introduite en Bourse en octobre 2018 au prix de… 1.900 pence.

Lawrence Stroll, le milliardaire dont il s’agit et qui est cité par le magazine Autocar qui ne divulgue pas ses sources, détient des marques comme Pierre Cardin, Ralph Lauren et Tommy Hilfiger. Il est aussi le propriétaire de l’écurie de F1 Racing Point.

Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect

Messages sponsorisés

n