L'effet Tesla gagne d'autres constructeurs automobiles en bourse

Nissan a présenté son nouveau SUV électrique ce mercredi. Le groupe prévoit d'en produire environ 30.000 unités l'an prochain. ©AFP

L'envolée de l'action Tesla fait des émules: Nikola, NIO... et à présent Nissan et Renault. Un engouement pour les voitures électriques qui inquiète certains observateurs.

La course à l’électrique commence à prendre des proportions énormes. Le groupe japonais Nissan a dévoilé ce mercredi son nouveau SUV électrique d’une autonomie d’environ 600 kilomètres. Baptisé Ariya, il se vendra aux alentours de 5 millions de yens (soit plus de 40.000 euros). "La Nissan Ariya ouvre un nouveau chapitre de notre histoire alors que nous entamons la transformation de notre entreprise, de nos produits et de notre culture, souligne son CEO Makoto Uchida dans le communiqué. Nous l’avons créée en réponse aux nouvelles aspirations et aux besoins pratiques des clients."

Ce modèle grand public ne devrait toutefois pas améliorer les résultats du constructeur automobile, ont indiqué à Reuters plusieurs sources proches du dossier. Nissan prévoirait de produire entre 30.000 et 40.000 unités au Japon en 2021, avec un objectif de 100.000 unités par an à terme.

Ces ambitions modérées n’ont pourtant pas découragé les investisseurs. L’action Nissan a bondi de 7,25% à la Bourse de Tokyo. Son partenaire français Renault a pris 3,76% à Paris. Comment expliquer cette réaction si positive du marché? "Les attentes sont élevées", résume Koji Endo, analyste chez SBI Securities.

À la recherche de la prochaine Tesla

Les investisseurs particuliers sont en ce moment très friands de tout ce qui touche aux véhicules électriques, comme en témoigne la performance de Tesla . Sa capitalisation boursière a déjà gonflé d’environ 80 milliards de dollars ce mois-ci – ce qui représente la valeur totale de Goldman Sachs. Depuis le début de l’année, Tesla a ainsi gagné plus de 250% en bourse.

+80
milliards de dollars
Rien que ce mois-ci, Tesla a déjà gagné environ 80 milliards de dollars en termes de capitalisation boursière. Soit la valeur totale de Goldman Sachs.

Cet engouement ne s’arrête pas là. Les investisseurs se sont également rués sur le constructeur américain Nikola. L’action a bondi de plus de 400% cette année. Il affiche ainsi une capitalisation boursière d’environ 20 milliards de dollars alors que son premier semi-remorque électrique n’est pas encore sorti d’usine.

Autre exemple : Fisker Automotive. Tombée en faillite en 2013, elle a été rachetée par le groupe chinois Wanxiang qui l’a renommée Karma Automotive. Il a annoncé la semaine dernière avoir levé 100 millions de dollars auprès d’investisseurs externes et prévoit d’en récolter 200 millions supplémentaires. "Il y a trop d’enthousiasme", reconnaît à Bloomberg son Chief Strategy Officer, Greg Tarr. "Vous avez des investisseurs qui n’ont aucune connaissance dans le secteur et qui ne posent pas les bonnes questions."

Un marché trop petit pour de telles ambitions?

Les investisseurs, des étoiles plein les yeux, récompensent toutes les sociétés qui présentent un plan ambitieux (sur la comète, diront certains…). Pourtant, Aswath Damodaran, professeur à la Stern School of Business de l'Université de New York, doute que chaque nouvel entrant soit en mesure de réaliser ses prévisions de croissance étant donné que le marché n’est pas assez grand, selon lui, pour chacune de ces sociétés.

"Il y a trop d’enthousiasme" pour les constructeurs de véhicules électriques. "Vous avez des investisseurs qui n’ont aucune connaissance dans le secteur et qui ne posent pas les bonnes questions."
Greg Tarr
Chief Strategy Officer chez Karma Automotive

Poussés dans le dos par la Commission, les constructeurs européens ont pourtant bien l'intention de profiter de cette vague porteuse. D'autant que durant les mois de mars et avril, les ventes de véhicules électriques n'ont pas connu la crise. En Allemagne par exemple, elles ont bondi de 8,4% alors que l'ensemble du marché automobile a reculé de 35%.

Mais les investisseurs restent perplexes. Contrairement à leurs homologues américains, leurs groupes européens ne se portent pas très bien en bourse: BMW perd environ 20% depuis janvier, Renault plus de 40%, etc. Au final, le secteur européen de l’automobile affiche encore une chute de 20% cette année.

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