L'ex-patron de Wirecard arrêté après le scandale financier

Markus Braun était le CEO de Wirecard depuis 2002. ©REUTERS

La justice allemande a privé de liberté l'ancien CEO de la fintech Wirecard. Il est suspecté d'avoir gonflé le bilan de l'entreprise de services de paiement en ligne.

Nouveau rebondissement dans l'affaire Wirecard . Démis de ses fonctions vendredi dernier, le CEO de la fintech impliquée dans un vaste scandale de possibles comptes fictifs a été privé de liberté. Markus Braun s'est livré de lui-même aux autorités après le lancement d'un mandat d'arrêt à son encontre pour avoir "gonflé" artificiellement le bilan de son entreprise. L'idée était de la rendre "plus attractive pour les investisseurs et les clients", a indiqué le parquet de Munich dans un communiqué. 

L'ex-patron doit être présenté dans la journée à un juge. Ce dernier doit se prononcer sur un placement en détention provisoire. La justice le soupçonne d'avoir agi avec d'autres auteurs depuis le siège de l'entreprise bavaroise. 

-86%
en bourse
Le cours de l'action Wirecard a perdu près de 90% de sa valeur entre jeudi et lundi.

1,9 milliard d'euros fictifs

L'enquête judiciaire, lancée il y a quelques jours seulement, porte sur un montant de plus de 1,9 milliard d'euros qui se sont évaporés des comptes de Wirecard aux Philippines. L'entreprise a admis lundi, "après vérification supplémentaire", que cette somme inscrite au bilan "n'existe très probablement pas". Le parquet de Munich enquêtait déjà sur l'ensemble du directoire de la fintech depuis début juin, en partant d'informations erronées données, au printemps, aux investisseurs pour les rassurer sur les risques de fraude.  

Cette saga fait tache dans le secteur de la finance alors que l'entreprise technologique était parvenue à attirer de très grands investisseurs. Elle a vu son cours de bourse s'effondrer de près de 90% entre jeudi dernier et ce lundi soir. L'action remontait, ce mardi en matinée, de près de 16%, à 16,7 euros. Wirecard a retiré, par ailleurs, son résultat provisoire 2019 publié en février, le résultat du premier trimestre 2020 et "ne peut pas exclure une révision des résultats des années précédentes".  

Longtemps coqueluche des investisseurs, le spécialiste allemand des paiements, qui compte dans sa clientèle des géants comme Visa et Mastercard, a ouvert des négociations en urgence avec ses banques créancières, auxquelles il doit environ 1,75 milliard d'euros, pour tenter d'éviter une crise de liquidité déclenchée par ce trou dans la caisse. Un trou qui représente environ un quart de son bilan.

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