analyse

L'heure est aux prises de bénéfices à Wall Street

©EPA

La chute des actions américaines jeudi a-t-elle rebattu les cartes du jeu? Si aucun observateur ne se risque à donner une réponse définitive, l'hypothèse de l'éclatement d'une bulle Internet 2.0 est écartée.

Simples prises de bénéfices ou prémices d'une correction générale? La chute d'environ 5% du Nasdaq – l'un des trois grands indices actions à Wall Street – jeudi a balayé les certitudes de nombreux investisseurs trop heureux d'assister à une course aux records depuis plusieurs semaines. Ce n'est pourtant pas faute de les avoir prévenus. De plus en plus de voix se sont élevées dans les salles de marché pour attirer l'attention sur une hausse hors normes des valeurs technologiques et leur responsabilité très (trop?) importante dans le rally boursier.

"Aussi importante et brusque que la chute de jeudi puisse paraître à beaucoup, cela ne devrait pas surprendre les investisseurs expérimentés. Les marchés étaient prêts pour un recul après cinq mois de gains consécutifs", explique Mohamed A. El-Erian, conseiller économique chez Allianz, dans une chronique pour Bloomberg Opinion.

Bis repetita?

La gueule de bois passée, stratégistes et autres observateurs des marchés financiers tentent à présent de comprendre ce qu'il s'est passé outre-Atlantique et les implications pour les perspectives à court terme. Beaucoup préviennent déjà qu'il est trop tôt pour tirer des conclusions définitives. "Il est trop tôt pour dire s'il s'agit d'une pause ou si c'est le début d'une baisse plus significative du secteur de la technologie", confirme Nancy Prial, co-CEO d'Essex Investment Management.

"Bien que les valorisations du secteur de la technologie soient élevées, il faut également souligner le potentiel de revenus et bénéfices dans les prochaines années qui seront réalisés dans des domaines comme le 'cloud computing' et l'intelligence artificielle."
Kerry Craig
JPMorgan Asset Management

S'il évoque pour l'instant un "petit ajustement" des portefeuilles au début d'un nouveau trimestre, d'autres se veulent tout aussi rassurants en balayant tout de suite l'hypothèse de l'éclatement d'une nouvelle bulle Internet. "Il est peu probable que ce soit une répétition de ce qui s'est passé à la fin des années 1990, étant donné à quel point le marché et le secteur technologique ont changé", assure Kerry Craig (JPMorgan Asset Management).

Même s'il reconnaît que les valorisations de ce secteur sont élevées, le stratégiste souligne également le potentiel de revenus à moyen et long terme dans des domaines tels que le "cloud computing" et l'intelligence artificielle." Nombre de ces groupes bénéficieront également des changements d'attitude des travailleurs et des entreprises" suite à la pandémie du nouveau coronavirus.

Interview de Frank Vranken, Stratégiste en chef de Puilaetco

Plusieurs facteurs baissiers à court/moyen terme

Pas de bulle Internet 2.0 donc. Pour autant, cela ne signifie pas que la chute des marchés américains est déjà terminée. La prudence reste pour l'instant de mise: si les grands indices américains ont ouvert la séance de vendredi en hausse, ils ont progressivement basculé dans le rouge malgré la publication d'un rapport sur l'emploi américain en ligne, voire légèrement supérieur, face aux attentes. L'économie américaine a créé 1,371 millions de postes en août et le taux de chômage est retombé à 8,4% contre 10,2% le mois précédent.

"Les actions américaines sont mûres pour des prises de bénéfices. Car même avec une baisse de 3% à 5% jeudi, elles évoluent toujours à des niveaux impressionnants."
Larry Peruzzi
responsable trading chez Mischler Financial

"Les actions américaines sont mûres pour des prises de bénéfices. Car même avec une baisse de 3% à 5% jeudi, elles évoluent toujours à des niveaux impressionnants", avertit Larry Peruzzi, responsable trading chez Mischler Financial.

D'autres facteurs baissiers – à moyen terme – sont également évoqués dans les multiples notes publiées ces dernières heures. Comme la découverte d'un vaccin fiable contre le Covid-19 ou les élections présidentielles. "Il pourrait y avoir des prises de bénéfices au fur et à mesure que l'on se rapproche de novembre", estime Kerry Craig. "L'annonce d'éventuelles modifications réglementaires et fiscales est susceptible de s'ajouter au malaise des investisseurs."

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