L'inflation sape le moral et les marges d'Unilever

Unilever s'attend à être moins rentable pour le reste de son exercice 2021. En cause: la poussée de l'inflation qui va contraindre le groupe aux 400 marques d'augmenter les prix des shampoings et des crèmes glacées, car il devient plus coûteux de fabriquer, d'emballer et de distribuer ces produits. ©REUTERS

Les bourses européennes ont encore gagné du terrain ce jeudi, mais elles ont été freinées par une hausse inattendue du nombre de chômeurs aux États-Unis.

Dans l'attente des décisions de la BCE, les grands indices européens ont poursuivi la remontée entamée mardi dernier, pariant sur une confirmation de la toujours très accommodante politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE).

Les investisseurs avaient vu juste, outre le statu quo sur les taux, la BCE a adapté son plan de route avec ses nouveaux objectifs d'inflation, laissant entendre qu'il faudra encore attendre longtemps avant qu'elle ne modifie ses taux directeurs.

Mais alors que la présidente Lagarde s'apprêtait à prendre la parole, une statistique venue des États-Unis a changé l'humeur des marchés. Les nouvelles inscriptions hebdomadaires au chômage ont brusquement rebondi, ce qui a atténué le regain d'optimisme né des solides résultats d'entreprises.

Le Bel 20 à un pic de près de 14 ans

À la cloche, les places européennes ont affiché des gains ne dépassant pas les 1%. Londres n'est pas parvenu à avancer, lestée par la chute d'Unilever. Le Bel 20 a terminé sur une montée de 0,44% à 4.218 points et des poussières. Il avait retrouvé plus tôt dans la journée les 4.250 points, son plus haut niveau depuis novembre 2007.

De l'autre côté de l'Atlantique, la tendance était mitigée, le Dow Jones et le S&P 500 reculant légèrement tandis que le Nasdaq poursuivait sa "remontada".

Sur les marchés actions, la séance était une nouvelle fois rythmée par les résultats d'entreprises. À Paris, Publicis a passé l’entièreté de la séance dans le haut du classement du CAC 40 après la révision à la hausse de tous ses objectifs annuels et le net rebond de ses activités au premier semestre. Le géant de la pub s'attend à retrouver ses niveaux d'avant crise dès cette année, notamment grâce à la belle reprise du marché publicitaire aux États-Unis.

Unilever pénalisé par les effets de devise

En revanche, le géant des produits de consommation Unilever a chuté de 6%. Il se voit contraint de réduire ses prévisions annuelles de marge d'exploitation.

Pour Unilever, il s'agit de la plus forte poussée inflationniste depuis la crise de 2008.

Le géant des cosmétiques et de l'agroalimentaire souffre à cause d'effets de change négatifs et d'une inflation des coûts, notamment pour l'huile de palme, matière nécessaire à la production de nombreux produits alimentaires. Selon le directeur financier d'Unilever, il s'agit même de la plus forte poussée inflationniste depuis la crise de 2008.

À Zurich, le groupe pharmaceutique Roche s'est enrhumé de 3,6% après avoir fait état d'un repli de 3% de son bénéfice net au premier semestre, freiné, lui aussi, par les variations de changes, et cela malgré un chiffre d'affaires supérieur aux attentes.

Deux brokers visent plus haut pour KBC

Le marché bruxellois a continué son redressement après le trou d'air du début de semaine. Le Bel 20 a pu compter sur le holding Sofina (+2,54%) qui a présenté ses chiffres trimestriels à la clôture de la séance de ce jeudi. Argenx était aussi bien placé, s'adjugeant 1,42%. La biotech, qui utilise à présent sa molécule vedette, l'efgartigimod, pour deux nouveaux traitements à l'étude, a pris 2,4% ce jeudi, ce qui porte sa progression depuis son point bas de début juin à 37 %.

Deutsche Bank et Barcalys, ont remonté leur objectif de cours pour l'action KBC.

KBC (-0,69% à 66 euros) a pris le temps de souffler après sa grimpette de près de 8% signée sur les deux séances précédentes. Le bancassureur a vu deux suiveurs, en l'occurrence Deutsche Bank et Barclays, remonter leur objectif de cours à respectivement 66 euros et 59,9 euros.

Hors Bel 20, la nouvelle emplette espagnole de Care Property Invest (+0,9%) a été saluée par les investisseurs. Le projet d'une valeur conventionnelle de 35 millions d’euros est déjà opérationnel et élargira son portefeuille de 229 logements à assistance médicale.

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