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La Bourse de Tokyo se rapproche d'un record vieux de plus de 30 ans

En 1990, une bulle spéculative autour des actions nippones avait amené le Nikkei jusqu'à 38.915 points. ©EPA

Son indice de référence, le Nikkei 225, a franchi la barre symbolique de 30.000 points ce lundi. Son dernier record date de décembre 1989, lorsqu'il avait atteint 38.915,87 points.

Tout un symbole. Le Nikkei 225 , l’indice phare de la Bourse de Tokyo, a franchi la barre des 30.000 points ce lundi pour la première fois depuis le 2 août 1990. À l’époque, la bulle spéculative autour des actions japonaises – qui avait amené le Nikkei jusqu’à 38.915,87 points au soir du 29 décembre 1989 – venait d’exploser six mois plus tôt. Le marché nippon mettra des décennies pour s’en remettre.

+29%
Pour atteindre son plus niveau historique, le Nikkei 225 doit encore progresser de 29,35%.

La crise des subprimes sera le dernier coup de bambou: le Nikkei tombe à 7.054,98 points le 10 mars 2009. Depuis lors, l'indice remontera progressivement la pente, soutenu par la politique monétaire ultra-accommodante mise en place par le gouverneur Haruhiko Kuroda.

Rappelons que le grand argentier avait fait de la déflation son cheval de bataille. Avant même son entrée en fonction, en mars 2013, il posa les bases de sa politique en affirmant qu'il n'y aurait aucune limite aux quantités de liquidités injectées par la banque du Japon (BOJ) dans le système financier. "Il serait naturel pour la BoJ de racheter massivement des obligations souveraines de maturité plus longue."

Des déclarations qui ont fait exploser de joie les investisseurs. Le Nikkei s'est envolé de 56,72% cette année-là. Du jamais vu depuis 1972...

Gare à la surchauffe

L'autre grand soutien du marché japonais fut l'ancien Premier ministre, Shinzo Abe. La Bourse de Tokyo a gagné 125% environ sous son mandat de huit ans, grâce à son programme "Abenomics" visant à remettre l'économie nipponne sur les rails.

"Il y a des réticences à ce que le rally boursier [autour des actions japonaises] se poursuive, mais les actions ne devraient pas chuter de trop" pour autant.
Ayako Sera
Market strategist chez Sumitomo Mitsui Trust Bank

Aujourd'hui encore, la croissance économique du Japon – son produit intérieur brut (PIB) a par exemple bondi de 12,7% au quatrième trimestre contre 9,5% attendu par les analystes – est l'un des facteurs positifs les plus mis en avant par les investisseurs. Dont le plus célèbre d'entre eux, Warren Buffett. L'Oracle d'Omaha a annoncé fin août avoir investi plus de 6 milliards de dollars dans plusieurs sociétés japonaises.

À noter que le Nikkei a grimpé de 9,62% depuis le début de l’année, contre 4,76% pour le S&P 500 à Wall Street ou 5,11% pour le Stoxx Europe 600. Cette surperformance interpelle certains analystes, qui craignent une surchauffe du marché japonais. "Les actions ont progressé si vite qu'on pourrait dire qu'elles ont dépassé la limite de vitesse", estime Ayako Sera, market strategist chez Sumitomo Mitsui Trust Bank.

"La croissance des bénéfices est déjà prise en compte depuis au moins un an. Il y a des réticences à ce que le rally boursier se poursuive, mais les actions ne devraient pas chuter de trop" pour autant.

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