analyse

La confiance de Kering balaye les craintes des investisseurs

Pour Kering, il est encore "trop tôt pour évaluer pleinement l'impact" du coronavirus sur ses activités.

En plus de la publication de ses résultats annuels, le groupe de luxe français a fait le point sur l'impact du coronavirus sur ses activités. Son CEO se montre confiant malgré un "environnement particulièrement incertain".

Confiance. Ce mot, les dirigeants de Kering l'ont martelé à plusieurs reprises ce mercredi pour rassurer les investisseurs devenus craintifs en raison de l'épidémie du nouveau coronavirus. Si le groupe français - qui réalise 34% de son chiffre d'affaires en Asie Pacifique (hors Japon) - a connu "une forte baisse de ses ventes en Chine continentale ces dix derniers jours", il est selon lui encore "trop tôt pour [en] évaluer pleinement l'impact" sur ses activités.

Son directeur général, François-Henri Pinault, a indiqué qu'environ 50% des boutiques de la société sont actuellement fermées en Chine. Quant aux magasins encore ouverts, ils fonctionnent à horaires réduits. "Sur base des expériences passées et en connaissant notre dynamique, nous nous attendons à ce que les choses reviennent à la normale rapidement une fois que l'urgence sera terminée", a cependant expliqué l'homme d'affaires. Entre-temps, pour éviter que les stocks ne s'accumulent, ils sont répartis vers d'autres régions.

Mauvaises perspectives pour le 1er trimestre?

Les analystes craignent de leur côté que le secteur du luxe enregistre de manière générale un "très mauvais" premier trimestre 2020. Dans une note publiée le 6 février, Flavio Cereda (Jefferies) estime que le manque à gagner sera d'environ 12 milliards d'euros pour 2020. "Les fabricants de produits de luxe ont doublé leur exposition à l'Asie depuis l'épidémie de SRAS de 2003 pour capter la demande des plus grands consommateurs - la Chine représente 40% du marché du luxe - et des principaux voyageurs dans les aéroports - les Chinois représentent 12% du volume mondial - et sont donc plus vulnérables au coronavirus", rappellent Deborah Aitken et Maxime Boucher, analystes chez Bloomberg Intelligence.

12
milliards d'euros
Selon Jefferies, le coronavirus pourrait coûter environ 12 milliards d'euros au secteur du luxe en 2020.

Chez Kering, on balaye toutefois ces inquiétudes. Si son directeur général évoque un "environnement particulièrement incertain", il assure que cela ne remet pas en cause les fondamentaux du groupe. "La force de notre modèle, (...) ainsi que notre solide discipline financière, nous rendent confiants dans notre potentiel de croissance à moyen et long terme." Un optimisme visiblement contagieux: l'action a signé la plus forte hausse de CAC 40 ce mercredi (+6,27%).

Des revenus et une marge records

Le groupe français peut d'ailleurs se reposer sur de solides résultats financiers. Kering a fait état mercredi d'un chiffre d'affaires de 15,88 milliards d'euros en 2019, en hausse de 16,2% en données publiées et de 13,3% à taux de change et périmètre constants. Son résultat opérationnel courant a pour sa part grimpé de 19,6% pour atteindre 4,78 milliards. Ce qui implique une marge opérationnelle de 30,1% contre 29,2% en 2018. 

"Les résultats de Kering au quatrième trimestre confirment la dynamique soutenue de ses maisons de luxe, toutes les marques affichant une croissance de leur chiffre d'affaires légèrement supérieure aux attentes."
JPMorgan

"Les résultats de Kering au quatrième trimestre confirment la dynamique soutenue de ses maisons de luxe, toutes les marques affichant une croissance de leur chiffre d'affaires légèrement supérieure aux attentes", a noté JPMorgan. Selon les données compilées par FactSet, les analystes tablaient en moyenne sur un chiffre d'affaires annuel de 15,81 milliards d'euros et un résultat opérationnel de 4,73 milliards d'euros.

D'aucuns mettent en évidence la performance de la marque Gucci - qui représente 62,6% du chiffre d'affaires de Kering - dont les ventes ont frôlé les 10 milliards d'euros en 2019 (9,6 milliards précisément). Seul point noir: le résultat net part du groupe est tombé à 2,3 milliards d'euros (-37,4%). Une chute due notamment à la charge d'impôt exceptionnelle liée à un redressement fiscal record en Italie de 1,25 milliard d'euros.

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