La Fed inquiète face au coronavirus

Jerome Powell, le président de la Réserve Fédérale américaine, a indiqué que la Fed s’inquiète de l’impact du coronavirus. ©REUTERS

Comme prévu, la Réserve fédérale américaine a laissé inchangés ses taux d’intérêt, entre 1,5 et 1,75%. Elle a jugé ce niveau approprié pour soutenir la croissance économique américaine. Toutefois, Jerome Powell, président de l’institution, a indiqué que la Fed s’inquiète de l’impact du coronavirus sur la croissance économique mondiale.

Comme prévu, la Réserve fédérale américaine (Fed) a laissé inchangés ses taux d’intérêt, entre 1,5 et 1,75%, au terme de sa première réunion de politique monétaire de l’année. La décision a été unanime parmi les membres du comité monétaire de la Fed, qui estime que cette politique doit notamment permettre à l’inflation de revenir à son taux cible de 2%, alors qu’elle est actuellement inférieure (1,5%). Sur les marchés d’actions américains, cette annonce a eu un léger impact. Les investisseurs s’attendaient à un statu quo de la Fed. Mais le S&P 500 et le Dow Jones ont réduit leur avance en raison de doutes sur la banque centrale.

Toutefois, l’institution a relevé que la consommation des ménages, principal moteur de l’économie américaine, augmentait à un rythme "modéré" et non plus "solide".

La Réserve fédérale américaine a confirmé ce qu’elle avait annoncé lors de sa réunion en décembre: les taux restent inchangés.

Après trois baisses de taux d’intérêt en 2019, la Réserve fédérale américaine a confirmé ce qu’elle avait annoncé lors de sa réunion en décembre. Elle avait indiqué qu’elle n’abaisserait plus ses taux d’intérêt car elle a jugé que leur niveau est approprié pour soutenir la croissance, l’emploi et l’inflation aux Etats-Unis. Elle a de nouveau répété ces propos dans son communiqué de ce mercredi.

L’institution a aussi indiqué qu’elle continuerait à injecter des fonds pour soutenir le marché monétaire à travers des opérations dites repo jusqu’en avril, alors qu’elle prévoyait de le faire jusqu’en janvier, précédemment. Ceci devrait permettre à couvrir une volatilité additionnelle durant la période de déclaration fiscale aux Etats-Unis, où les paiements diminuent les niveaux de réserve. La Fed a ajouté qu’elle compte racheter des obligations d’Etat américaines jusqu’au deuxième trimestre.

Pas de QE

Jerome Powell, le président de la Réserve fédérale américaine, a souligné durant la conférence de presse après l’annonce sur les taux d’intérêt que ces rachats d’obligations pour 60 milliards de dollars par mois et opérations repo ont été implémentés depuis septembre pour "assurer que les réserves reviennent à un niveau suffisant, de pas moins de 1.500 milliards de dollars".

"Au cours du deuxième semestre, nous allons graduellement réduire nos rachats d’obligations et nos opérations repo et ajuster notre niveau d’intervention", a-t-il ajouté. Pour rappel, la Fed avait dû prendre ces mesures en septembre alors que le marché interbancaire au jour le jour avait vu ses taux grimper au-dessus des taux de l’institution. "Ces mesures ne signifient pas un changement de notre politique monétaire", a-t-il indiqué.

Craintes sur la croissance

Jerome Powell a souligné que l’impact du coronavirus sur la croissance économique mondiale "est une préoccupation sérieuse". "Il est probable que le coronavirus provoque un ralentissement de la croissance chinoise à court terme en raison des fermetures d’entreprise. Mais nous sommes à un stage peu avancé et incertain quant à un impact alors nous ne voulons pas spéculer. Nous surveillons de près l’évolution de la situation", a -t-il indiqué. "Il est possible que ceci ait des ramifications sur l’économie américaine", a-t-il ajouté.

"L’impact du coronavirus est une préoccupation sérieuse."
Jerome Powell
Président de la Fed

Mais il s’est montré plus optimiste pour la croissance mondiale. "Des éléments plaident pour un optimisme prudent. Nous avons assisté à une reprise de la croissance économique cette année avec l’apaisement des tensions commerciales, nous voyons un rebond de l’activité manufacturière, et les indicateurs PMI suggèrent qu’ils ont touché le fond. Toutefois, rien n’est assuré, car au quatrième trimestre de l’année passée, la croissance économique est apparue plus faible que prévu", a souligné le président de la Fed.

Malgré tout, les investisseurs restent à l’affût d’une baisse de taux d’intérêt de la Fed cette année. Chez Société Générale, Stephen Gallagher, économiste, indique dans une note que les marchés parient sur une baisse de taux d’intérêt, de 100 points de base selon lui, après une baisse de 75 points de base en 2019.

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés