La fin d'un cycle haussier en vue pour Wall Street?

"Soyez haussiers" clament de leur côté les analystes de Bank of America ©EPA

Un indicateur prisé par Warren Buffett semble donner cette alerte. Mais tout le monde ne partage pas cette perspective. Bien au contraire!

Depuis près d’un an, la Bourse de New York semble vivoter. Si l’on excepte sa baisse sensible dans les dernières semaines de 2018, ses principaux indices fluctuent dans une fourchette pas si large que cela finalement. Entre 2.800 et 3.025 points pour l’indice S&P 500.

Wall Street aurait-elle suffisamment grimpé, alors que l’économie américaine est en croissance depuis au moins 120 mois et que le risque de récession est à présent de plus en plus cité? Autant les stratégistes que les analystes arrivent difficilement à s’accorder. Les experts du site américain GuruFocus.com évaluent que la Bourse américaine est bien partie pour délivrer un return annualisé moyen négatif de 1,9%. Cette estimation est calculée, précisent ces analystes, sur la base des valorisations historiques du marché, auxquelles ils incluent les rendements moyens des dividendes actuellement de 1,82%.  

L’indicateur Buffett

Les analystes de GuruFocus.com expliquent qu’ils ont eu recours pour obtenir ce return à un indicateur que suit très fidèlement Warren Buffett. Celui que l’on surnomme "l’oracle d’Omaha" (Nebraska). Buffett avait acquis dans les années 1960 la société en difficulté Berkshire Hathaway dont il en a fait son véhicule d’investissements financiers. Elle compte aujourd’hui parmi les dix plus grosses sociétés au monde en termes de valeur boursière.

Quel est cet indicateur? Il s’agit d'un ratio obtenu en prenant la capitalisation boursière totale de Wall Street  (CB)  que l’on divise par le montant du PIB (produit intérieur brut) en valeur nominale des Etats-Unis. Pour Warren Buffett, rappellent les analystes de GuruForce.com, le ratio CB/PIB est "probablement la meilleure mesure permettant de déterminer où en sont les valorisations à un moment précis".   

A ce jour, le ratio s’élève à un peu plus de 140%, calculent-ils. La dernière fois que ce ratio avait été aussi élevé, c’était en 2000 quand, dopée par la bulle des valeurs technologiques, la Bourse caracolait à des niveaux records. On se souvient de ce qu’il est advenu par la suite de Wall Street.

Au-delà de 115%, le ratio nous indique que le marché est "significativement surévalué". Sous les 50%, "significativement sous-évalué".

Signal d’achat

Les analystes du site américain s’appuient aussi sur le ratio P/E Shiller, concocté par le prix Nobel d’Economie Robert Shiller. Ce ratio calcule la valorisation du marché en prenant en compte son P/E (cours sur bénéfice) sur un terme plus long. Perché en ce moment à 29,9, soit 76% plus haut que la moyenne historique de 17, ce ratio indique aussi qu’il faille prévoir un return négatif de 1,8%.

Il y a moins d'une chance sur deux qu'il y ait une récession aux Etats-Unis en 2020
Robert Shiller
Prix Nobel d'Economie en 2013

Si une récession devait effectivement survenir prochainement, les chances que les prévisions des analystes de GuruFocus  se concrétisent, sont grandes. Mais y aura-t-il une récession dans les prochains mois ? Dans une déclaration toute récente à Financial News et reprise par Bloomberg, Robert Shiller en personne disait "ne pas en être certain. Il y a moins d’une chance sur deux qu’elle survienne en 2020".

A la Bank of America, on ne paraît pas vraiment convaincu par les prévisions de GuruFocus.com. Dans leur dernière note hebdomadaire, ses analystes affirmaient "être haussiers" en observant l’évolution de leur indicateur "Bull & Bear" du sentiment de marché. "Cet indicateur vient d’envoyer un signal d’achat. Par le passé, ce signal a d’ordinaire été suivi par une hausse de 6,3% des actions, toutes zones géographiques confondues", rappellent ces analystes. 

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