La plus grosse IPO de la décennie à Zurich

©Lieven Van Assche

Alcon, une ancienne entité du groupe Novartis, a fait ses premiers pas en fanfare à la Bourse de Zurich ce mardi. Après plusieurs années de convalescence, les analystes estiment qu'elle est sur le chemin de la reprise.

En voilà une entrée remarquée. Alcon  , l'ex-division ophtalmique du géant pharmaceutique Novartis  , a tapé dans l'œil des investisseurs. Attendue entre 40 et 48 francs suisses, l'action a débuté son aventure boursière à 55 francs avant de prendre de la hauteur. La société est ainsi valorisée à près de 27 milliards de francs suisses (soit 24 milliards d'euros), ce qui en fait la plus grosse introduction en Bourse sur le marché suisse ces dix dernières années.

Rappelons qu'il ne s'agissait pas d'une IPO "classique" avec une période de souscription ou une fourchette de prix. Pour 5 actions Novartis, les actionnaires ont reçu 1 action Alcon, sous la forme d'un dividende en nature.

L'action va directement intégrer le Swiss Market Index (SMI) , qui intègre les 20 titres les plus importants et les plus liquides de la Bourse de Zurich, à la place de la banque de gestion de fortune Julius Baer  . Elle est également cotée à la Bourse de New York.

24 milliards €
Alcon vaut 1/10e de sa maison-mère
Entré en Bourse au prix de 55 francs suisse l'action, Alcon vaut environ 27 milliards de francs suisses (soit 24 milliards d'euros)

Il était une fois au Texas...

Pourquoi cette double cotation? Un petit point historique s'impose... L'entreprise Alcon a vu le jour en 1945 aux États-Unis, dans le Texas. Elle doit son nom à l'association des premières syllabes de ses deux fondateurs, Robert Alexander et William Conner. Trente ans plus tard, en 1978, elle sera rachetée par le géant suisse Nestlé  . Lequel la revendit en 2010 à Novartis en plusieurs étapes, pour un montant total de plus de 50 milliards de dollars.

Malheureusement pour sa nouvelle maison-mère, Alcon rencontra par la suite des problèmes opérationnels, accusant une baisse de ses ventes de matériel chirurgical et souffrant d'une compétition accrue. C'est pourquoi Novartis annonça il y a deux ans réfléchir à différentes solutions, notamment une scission ou une introduction en Bourse.

©Lieven Van Assche

Ce qu'en pensent les analystes

Aujourd'hui, l'entreprise va beaucoup mieux. Son chiffre d'affaires a atteint 7,1 milliards de dollars l'an dernier, dont 4,0 milliards grâce aux équipements chirurgicaux et 3,1 milliards sur les produits de soins oculaires. Et elle s'attend à une croissance d'environ 5% par an d'ici 2023. 

"Alcon est de retour sur les rails", affirme Hugo Solvet de Bryan Garnier. Pour lui, la scission entre Alcon et Novartis est une opération "win-win". Le fabricant de produits chirurgicaux et de lentilles de contact peut désormais se focaliser sur de potentielles acquisitions après le rachat le mois dernier de PowerVision, une société américaine de matériel médical, pour 285 millions de dollars.

"Alcon est de retour sur les rails"
Hugo Solvet
de Bryan Garnier

Mais d'autres analystes sont plus circonspects. "Alcon est encore en phase de reprise", estime Pierre Corby (Oddo BHF). Il pense que les marges devraient s'améliorer d'ici 2023, tablant sur un bond autour de 23% contre 17,9% en 2018.

De son côté, Daniel Buchta (Vontobel) souligne que la division de soins oculaires a retrouvé une croissance significative l'année dernière. "Son développement est plus difficile en raison d'une concurrence plus solide et d'une dynamique de marché moins avantageuse", explique-t-il. L'analyste table sur une croissance organique entre 3% et 4,5% par an à moyen terme.

division ophtalmique de Novartis
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