Le cours de l'action Netflix chute en bourse après des chiffres très décevants

Après "La chronique des Bridgerton", Netflix a vu sa production chuter. ©Liam Daniel / Netflix

Le titre a fini en baisse de 7,4% ce mercredi à la clôture de Wall Street, après les résultats très décevants publiés la veille après bourse. L'action a pratiquement effacé tous ses gains depuis janvier.

L'action Netflix a souffert ce mercredi à Wall Street après une grosse déception. Mardi, le groupe de vidéo en streaming a publié des chiffres du premier trimestre très décevants. Il a indiqué un ralentissement de la croissance du nombre de ses nouveaux abonnés, plus marqué qu'attendu. Sur les trois mois écoulés, le site a enregistré 3,98 millions de nouveaux clients, contre 6,29 millions attendus par les analystes et 6 millions selon ses propres prévisions. Il s'agit de son pire trimestre en huit ans.

"Ce rafraîchissement montre que le monde est en train revenir un peu à la normale, aux dépens de Netflix."
Gene Munster
Gérant du fonds d'investissement Loup Ventures

La société a aussi annoncé pour les trois prochains mois un gain de 1 million de nouveaux abonnés, alors que les analystes prévoyaient un chiffre de 4,4 millions. Ces prévisions en baisse ont fait reculer le titre de 13% en après bourse, mardi. Ce mercredi, l'action a clôturé sur un recul de 7,4% à Wall Street. Ce rafraîchissement "montre que le monde est en train de revenir un peu à la normale, aux dépens de Netflix", a tweeté Gene Munster, gérant du fonds d'investissement Loup Ventures. Sur le long terme, le gestionnaire envisage une croissance "quasi plate" pour le pionnier du secteur. Pour rappel, Netflix avait été désignée comme valeur "stay at home" pendant la pandémie.

L'effet de la pandémie

Netflix a attribué le ralentissement de ses nouveaux abonnés à la pandémie de Covid-19. Celle-ci a retardé les productions de séries et de films, a indiqué la société. Après des hits comme les séries Bridgerton et Cobra Kai, la production de nouveaux titres a chuté à la mi-janvier, et avec elle, le nombre de nouveaux spectateurs. "Il n'y avait rien à regarder durant ce trimestre" a constaté Michael Nathanson, analyste chez MoffettNathanson.

Il n'y avait rien à regarder durant ce trimestre.
Michael Nathanson
Analyste chez MoffettNathanson

La pandémie de Covid-19 a repoussé au deuxième semestre la sortie de bien des films et séries très attendus. De plus, beaucoup de productions censées être tournées l'année dernière ont été postposées ou annulées. Netflix a cependant indiqué vouloir dépenser 17 milliards de dollars de son cash cette année, contre 12,5 milliards de dollars en 2020, afin d'étoffer ses programmes.

Pas de concurrence

Netflix a par contre rejeté l'explication de la baisse de la croissance du nombre de ses nouveaux abonnés par la concurrence des autres acteurs comme Disney + ou Amazon Prime. Car selon la société, le ralentissement de ses nouveaux abonnés ne se concentre pas seulement aux Etats-Unis, où les offres de ses concurrents sont nombreuses, mais aussi dans le reste du monde, où elle rencontre beaucoup moins de compétition. Toutefois, le groupe doit composer avec la concurrence, alors que ses prix d'abonnements sont plus élevés que chez les autres acteurs du segment. Aux Etats-Unis, là où justement la compétition est la plus féroce dans le streaming de vidéo payant, Netflix a encore relevé ses prix en octobre dernier.

-6%
L'action Netflix s'inscrit en recul depuis le début de l'année alors que le S&P500 a progressé de plus de 10%.

Méforme de l'action

Avec le recul de l'action mercredi, la performance de Netflix depuis janvier s'élève à près de 6%. L'action a effacé tous ses gains de l'année. La valeur fait partie des FAANG (un groupe qui rassemble aussi Facebook, Amazon, Apple et Alphabet), qui affiche depuis janvier une progression de près de 7%, derrière le S&P 500, en hausse de plus de 10% sur la même période.

Jusqu'à cette année, les FAANG avaient tiré le S&P 500. En 2020, elles avaient progressé de 57,61% alors que l'indice avait gagné 16,26%. Mais avec la rotation sectorielle en faveur des secteurs liés au cycle économique et la remontée des taux obligataires américains, les investisseurs se sont détournés des valeurs technologiques. Dans ce contexte, la moindre mauvaise nouvelle au sein du compartiment est sanctionnée très lourdement sur les marchés d'actions.

Le résumé

  • Netflix a publié des chiffres décevants au premier trimestre.
  • Ses prévisions pour le deuxième trimestre sont quatre fois inférieures aux attentes des analystes.
  • La société impute au Covid-19 le ralentissement de la croissance du nombre de ses nouveaux abonnés.
  • Ses séries et films ont été retardés à cause de la pandémie.

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