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Le géant chinois Didi débarque dans les embouteillages à Wall Street

©REUTERS

Le géant chinois des véhicules de tourisme avec chauffeur a levé plus de 4 milliards de dollars auprès d'investisseurs américains. L'action est restée proche de son prix d'introduction à 14 dollars l'action.

Didi Global, le géant technologique derrière l'application chinoise de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC), a démarré en trombe pour sa première séance à la Bourse de New York. L'action a bondi de 18,92% dès les premiers échanges, à 16,65 dollars, avant de réduire ses gains sous les 2% à la clôture.

67
milliards de dollars
Avec plus de 300 millions d'ADS vendues au prix de 14 dollars l'unité, Didi Global va entrer à la Bourse de New York avec une valorisation d'environ 67 milliards de dollars.

Selon deux sources proches du dossier citées par l'agence Reuters, le groupe a vendu quelque 316,8 millions d'American Depository Shares (ADS), c'est-à-dire des actions sans droit de vote, qui permettent aux Américains d'investir dans une société étrangère, contre les 288 millions prévus initialement. En cause, un carnet d'ordres sursouscrit plusieurs fois après seulement trois jours de roadshow.

Le prix d'introduction a été fixé dans le haut de la fourchette, annoncée précédemment à 14 dollars l'unité. Ce qui lui a permis de lever 4,4 milliards de dollars. Du jamais vu depuis que le géant chinois de l'e-commerce Alibaba a récolté 25 milliards lors de son arrivée à Wall Street en 2014.

Vers une réglementation plus stricte?

Cette opération valorise Didi Global à plus de 67 milliards de dollars. À titre de comparaison, son concurrent américain Uber Technologies - qui détient d'ailleurs une participation de 12% dans le groupe chinois - vaut actuellement environ 95 milliards et Lyft moins de 20 milliards.

"Si Didi ne rectifie pas son comportement immédiatement, il pourrait y avoir une nouvelle escalade des mesures réglementaires"
Angela Zhang
spécialiste du droit antitrust chinois à l'Université de Hong Kong

On est toutefois bien loin de son objectif initial de 100 milliards. La société chinoise – qui revendique près de 400 millions d'utilisateurs annuels dans une quinzaine de pays – a dû revoir à la baisse ses ambitions après discussion avec des investisseurs potentiels. Certains craignaient que les bénéfices futurs de l'entreprise soient plombés par la possibilité d'une réglementation plus stricte en matière de mobilité et de services de partage de voiture dans les prochaines années.

Rappelons qu'au cours des derniers mois, les autorités chinoises ont resserré la vis autour des géants technologiques. Fin décembre, elles ont notamment lancé une enquête contre Alibaba pour "suspicion de pratiques monopolistiques".

Selon le Financial Times, les dirigeants de Didi, ainsi que plus de 30 autres entreprises de covoiturage, ont été convoqués en mai dernier par le ministère des Transports pour des inquiétudes sur la rémunération des chauffeurs, après des plaintes selon lesquelles Didi réduisait de 30% certains tarifs. "Si Didi ne rectifie pas son comportement immédiatement, il pourrait y avoir une nouvelle escalade des mesures réglementaires", prévient Angela Zhang, spécialiste du droit antitrust chinois à l'Université de Hong Kong.

Flop des dernières IPO chinoises à Wall Street

Autre risque qui pourrait peser sur l'action Didi à court terme: le peu d'appétit des investisseurs américains pour des sociétés chinoises. La chaîne de télévision CNBC rapporte que les premiers pas de deux start-ups chinoises spécialisées dans la livraison de nourriture – Missfresh et Dingdong – à Wall Street ont suscité peu d'enthousiasme.

La première a déjà perdu un tiers de sa valeur depuis son entrée en bourse vendredi. Obligeant ainsi la seconde à réduire la taille de son IPO à 110 millions de dollars contre 357 millions auparavant.

De manière générale, l'engouement pour les introductions à la Bourse de New York semble se tarir malgré un nombre encore important d'opérations. Selon les données compilées par la société Dealogic, les levées de fonds dans le cadre d'introductions en bourse devraient totaliser près de 40 milliards de dollars entre juin et août.

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