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Le gendarme américain des marchés enquête sur Nikola

Trevor Milton, le fondateur et CEO de Nikola, est sous le feu des critiques. ©REUTERS

La SEC va vérifier si Nikola a manipulé le prix de son action, comme l'affirme un shorteur à Wall Street. Une enquête qui fait de nouveau chavirer l'action en bourse.

Ce n'est un secret pour personne, Nikola, société fondée par Trevor Milton, veut suivre la voie tracée par Tesla en assemblant des camions électriques et à hydrogène. L'entreprise, basée à Phoenix dans l'Arizona, a fait mouche, la semaine dernière, en se liant avec General Motors. Une alliance qui a fait chauffer de 41% le titre de Nikola, coté sur le Nasdaq depuis le 13 juin 2018.

D'autres grands noms du gotha industriel ont aussi suivi le mouvement, comme le groupe allemand Bosch et son concurrent italien CNH Industrial. Le hic, c'est qu'aucun camion n'est encore sorti des chaînes d'assemblage, l'usine de Nikola étant encore à l'état d'embryon.

13,6
Milliards $
Selon le cours de clôture de lundi, Nikola vaut 13,6 milliards de dollars en bourse.

Un simple mirage?

Dans la foulée des premiers succès stratégiques engrangés par Nikola, un adepte de la vente à découvert a attiré l'attention des investisseurs en soutenant que le succès de cette nouvelle pépite de Wall Street ne serait qu'un simple mirage.

En réaction, le cours de Nikola s'est effondré de 36% en trois jours. Ce lundi, l'action était repartie pour une nouvelle cabriole à l'ouverture des marchés US, mais le cours a terminé en hausse de 11% après la publication, pendant la séance, d'un démenti de la part de Nikola et le dépôt d'une plainte contre la société d'investissement Hindenburg Research.

Nikola joue aux montagnes russes à Wall Street

La SEC s'en mêle, l'action plonge

Nikola a aussi eu une discussion avec la SEC, le gendarme américain des marchés financiers, arguant que le rapport d'Hindenburg Research est destiné à manipuler le prix de son action. La SEC a entendu les arguments de Nikola, mais va également approfondir son enquête. Ce qui a valu un nouveau plongeon à Wall Street: dans les premiers échanges ce mardi, l'action de Nikola dévissait de près de 9% avant de légèrement se reprendre.

Le camion a "été tracté au sommet d'une colline sur une route isolée et simplement filmé en train de descendre la pente".
Hindenburg Research

Le démenti de Nikola n'occulte toutefois pas une des critiques les plus saillantes faite par le shorteur qui martèle, depuis la semaine dernière, que le constructeur a "induit ses partenaires en erreur (…) en prétendant faussement disposer d'importantes technologies".

Selon Hindenburg Research, la vidéo montrant, en 2017, un de ses prototypes en action, a été mise en scène. Le camion a "été tracté au sommet d'une colline sur une route isolée et simplement filmé en train de descendre la pente".

Nikola répond à ce sujet qu'il n'a "jamais dit que le camion fonctionnait avec son propre système de propulsion dans la vidéo" mais avoir simplement indiqué que le véhicule était "en mouvement".

Des partenaires de poids

Pour prouver sa bonne foi, le sociétaire du Nasdaq se repose sur l'expertise de ses partenaires. Bosch a mobilisé "un certain nombre d'ingénieurs pour étudier le dossier pendant plusieurs mois". General Motors a consulté les plus grands cabinets de conseils et banques avant d'accepter de monter à 11% dans le capital de l'entreprise technologique.

Enfin, CNH, le partenaire italien de Nikola, est sorti du bois lundi pour confirmer qu'il travaillait à la réalisation de prototypes. Les premiers camions pourraient être testés d'ici la fin de l'année et être mis en circulation avant la fin 2021.

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