Le rally boursier emmène le S&P 500 à un nouveau sommet

Jusqu'où ira le S&P 500 à court terme? Selon Goldman Sachs, son potentiel haussier serait d'environ 6% pour atteindre environ 3.600 points. ©AFP

Le S&P 500 a battu son record de clôture ce mardi, prenant 0,23% à 3.389,79 points. Quinze minutes après l'ouverture des marchés, il avait également atteint un plus haut historique en séance à plus de 3.394 points. Ses précédents records dataient du 19 février 2020.

Quelle crise? L'économie américaine connaît peut-être des difficultés face à la pandémie du nouveau coronavirus mais Wall Street a déjà complètement digéré la crise. L'indice S&P 500 – qui regroupe les 500 plus grandes entreprises cotées outre-Atlantique – a établi un nouveau record de clôture, terminant sur un gain de 0,23% à 3.389,79 points. Il avait auparavant également battu son record en séance, grimpant jusqu'à 3.395,06 points et effaçant ainsi son précédent record intrajournalier datant du 19 février 2020 (3.393,52 points). Le record de clôture datait du même jour.

148
séances pour un nouveau record
Entre le pic du 19 février et le niveau plancher atteint le 23 mars, 33 jours se sont écoulés et le S&P 500 a fondu de 34%. Il aura donc mis 148 jours à se remettre d'une des plus sévères corrections de son histoire.

Ce nouveau sommet était pourtant loin d'être atteint. Entre le record de février et celui de ce mardi, les indices américains ont connu la baisse la plus rapide de leur histoire suivie de la hausse la plus furtive avec en toile de fond une banque centrale très accommodante. Le S&P 500 aura mis 148 jours pour se remettre de la crise.

Un rebond qui contraste avec l'évolution des indicateurs macroéconomiques, qui affichent encore un important écart par rapport à leur niveau de début d'année. Notons cependant que les secteurs les plus touchés par la crise – comme celui du tourisme – représentent une faible partie du S&P 500. 20% de l'indice américain est constitué par les géants de la technologie (Amazon, Apple, Microsoft, etc.).

Des stratégistes toujours plus optimistes

Les stratégistes de Wall Street – qui se sont précipités pour réduire leur objectif pour le S&P 500 lors de la chute de mars – tentent désormais de rattraper un rally qui a défié la plupart de leurs prédictions. Plus de la moitié de ceux suivis par Bloomberg ont relevé leurs prévisions depuis juin. Même Goldman Sachs, qui avait averti que les créances douteuses et la baisse des dividendes pourraient entraîner une nouvelle chute du marché, a changé son fusil d'épaule.

"Pour l'avenir, une baisse de la prime de risque sur les actions l'emportera sur une hausse des rendements obligataires et, combinée à nos prévisions de bénéfice par action supérieures au consensus, portera l'indice S&P 500 à 3.600 d'ici la fin de l'année."
David Kostin
Chief US equity strategist chez Goldman Sachs

Son stratégiste David Kostin est même devenu le plus optimiste parmi ses pairs en relevant son objectif à 3.600 points pour le S&P 500. "Comme les derniers mois l'ont démontré, le cours des actions ne dépend pas seulement des perspectives de bénéfices futurs, mais également du taux auquel ces bénéfices sont actualisés", écrit-il dans une note publiée vendredi. "Pour l'avenir, une baisse de la prime de risque sur les actions l'emportera sur une hausse des rendements obligataires et, combinée à nos prévisions de bénéfice par action supérieures au consensus, portera l'indice S&P 500 à 3.600 d'ici la fin de l'année."

Ajoutons également que la baisse du dollar – qui est tombé à un plus bas de deux ans par rapport à l'euro – soutient également les sociétés américaines exportatrices.

Euphorie?

Cet optimisme gagne autant les investisseurs professionnels que les particuliers qui se ruent sur les actions américaines de peur de passer à côté du rally. Qui plus est, ils ont tellement confiance dans l'action de la Réserve fédérale – "elle fera tout pour éviter une nouvelle crise", affirment certains – qu'ils sont prêts à investir dans des sociétés dont les bénéfices devraient chuter de 20% cette année. Le S&P 500 s'échange actuellement à 26 fois les bénéfices prévus.

26
fois les bénéfices attendus
À l'heure actuelle, le S&P 500 se négocie à 26 fois les bénéfices attendus.

Mais certaines voix sceptiques se font encore entendre. Le mot "euphorie" est lâché. Selon un indice de confiance créé par Citigroup, les marchés américains sont en mode "euphorie" et même à un niveau jamais atteint depuis la bulle internet au début des années 2000.

Pour Peter Cecchini, fondateur d'AlphaOmega Advisors LLC, tous les gains de l'indice supérieurs à 3.000 points sont injustifiés. "Les marchés boursiers sont maintenant comme un ancien ascenseur qui dépasse sa capacité de charge. Ce n'est qu'une question de temps avant que le câble ne s'enclenche et que ses passagers ne se retrouvent au sous-sol."

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