Le secteur bancaire cible des inquiétudes

Les résultats de JPMorgan et Wells Fargo font craindre pour les résultats des banques européennes. ©REUTERS

Le secteur bancaire européen a fortement reculé en bourse mercredi dans le sillage des banques américaines. Les résultats publiés par celles-ci inquiètent les investisseurs.

Le secteur bancaire a souffert ce mercredi après la publication mardi des résultats des banques américaines JPMorgan et Wells Fargo. Les bénéfices des deux banques ont plongé au premier trimestre alors que celles-ci ont mis de côté des provisions de plus de 12 milliards de dollars pour couvrir de futurs défauts sur crédits, principalement venant des détenteurs de carte de crédit et des compagnies pétrolières.

"Avant la saison des résultats des banques européennes au premier trimestre, JPMorgan et Wells Fargo nous ont fourni un rappel brutal sur le coût imminent de l'augmentation des provisions pour pertes sur prêts."
Jonathan Tyce
Analyste chez Bloomberg Intelligence

“C’est le test de réalité” a indiqué l’analyste de Crédit Suisse Susan Katzke  après les résultats de JMorgan. "Il faut s’attendre à pire" a -t-elle ajouté. Car les autres banques américaines comme Bank of America, Citigroup et Goldman Sachs doivent publier leurs résultats ce mercredi, et jeudi, ce sera au tour de Morgan Stanley. Bank of America a indiqué avant l'ouverture de Wall Street ce mercredi avoir provisionné 4,8 milliards de dollars pour couvrir les défauts de paiement de ses clients.

Les craintes des investisseurs se sont propagées au secteur bancaire européen, qui a affiché un des plus forts reculs sectoriels après celui des valeurs pétrolières. Il a perdu plus de 3%. ING et KBC ont subi les plus fortes baisses de l’indice Bel 20, lui aussi en recul.

Un rappel 

Car en Europe, les banques ont été priées par la Banque centrale européenne de suspendre leur dividende et leurs rachats d’actions afin de conserver du capital pour couvrir aussi de futurs défauts sur crédits. "Avant la saison des résultats des banques européennes au premier trimestre, JPMorgan et Wells Fargo nous ont fourni un rappel brutal sur le coût imminent de l'augmentation des provisions pour pertes sur prêts. Comment l'intervention des décideurs politiques se déroulera-t-elle et que réserve le reste de 2020 aux prêteurs?" a rappelé Jonathan Tyce, analyste chez Bloomberg Intelligence.

40%
La baisse boursière du secteur bancaire européen
Sur les trois derniers mois, l'indice Stoxx 600 Banks a perdu plus de 40%, la pire performance parmi les secteurs européens.

Les défauts de paiement dus à la crise économique résultant de l'épidémie de Covid-19 vont coûter aux banques. Les analystes de Kepler Cheuvreux avaient calculé récemment pour les banques belges les pertes potentielles, en fonction du plan de garantie des prêts élaboré par le gouvernement. "La première tranche jusqu'à 3% des pertes sur les prêts garantis sera pour les banques. Des pertes de 3 à 5% seront assumées à 50% par les banques. Pour les pertes supérieures à 5%, l'État belge prendra 80% des pertes et les banques les 20% restants. Nous estimons qu'en cas de perte de 10% sur le montant garanti, cela coûtera au secteur bancaire 2,5 milliards d'euros" écrivent-ils. Ils ont jugé que le plan de garantie belge s'avère moins favorable aux institutions bancaires du pays que dans les autres régions.

Mais chez JPMorgan, les analystes estiment par contre que les banques françaises seront plus affectées par leurs provisions constituées en vue de défauts de paiement. "Les banques françaises pourraient avoir souffert un peu plus que leurs concurrentes au premier trimestre en raison notamment des impacts de marché et des retraits de lignes de crédit" écrivent-ils. D'ailleurs, Natixis , BNP Paribas et Crédit Agricole figurent parmi les pires performances au sein de l'indice Stoxx 600 du compartiment bancaire ce mercredi.

Les analystes de Citigroup se montrent quant à eux plus inquiets pour les banques nordiques, qui présentent selon eux des incertitudes sur la qualité de leurs actifs. Les institutions bancaires de la région ont également suspendu leur rétribution aux actionnaires. 

Le secteur bancaire européen concentre les inquiétudes des investisseurs pour le cycle économique. Sur les trois derniers mois, il a perdu plus de 40%, la pire performance en Europe.

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