Les banques américaines s'arment contre les risques de défaut

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Les premiers résultats trimestriels sont tombés outre-Atlantique. Si certains chiffres sont meilleurs qu'attendu, les grandes banques restent sur le qui-vive.

Et c'est parti! La saison des résultats pour le deuxième trimestre a officiellement démarré ce mardi avec les chiffres de plusieurs grandes banques américaines. À commencer par JPMorgan Chase & Co qui a fait état d'un bénéfice divisé par deux, à 4,69 milliards de dollars (soit 1,38 dollar par action). Un résultat toutefois supérieur aux attentes des analystes, qui tablaient en moyenne sur 1,04 dollar par action selon les données compilées par Reuters.

"Nous sommes toujours confrontés à beaucoup d'incertitude concernant la trajectoire future de l'économie."
Jamie Dimon
CEO de JPMorgan Chase & Co

"Malgré de récentes données macroéconomiques positives et une action gouvernementale importante et décisive, nous sommes toujours confrontés à beaucoup d'incertitude concernant la trajectoire future de l'économie", prévient cependant son CEO Jamie Dimon dans le communiqué. Ainsi, la pandémie du Covid-19 a lourdement affecté son activité de crédit et contraint la plus grande banque américaine en nombre d'actifs à gonfler ses provisions de 9,3 milliards de dollars face au risque de défauts.

Cela ne l'empêchera cependant pas de continuer à verser un dividende à ses actionnaires, à moins que "la situation économique ne se détériore de manière significative".

Dividende réduit chez Wells Fargo

Wells Fargo a pour sa part enregistré sa première perte nette depuis 2008, à -2,4 milliards dollars (soit -0,66 dollar par action) contre un bénéfice net de 6,2 milliards un an auparavant. "Nous sommes extrêmement déçus", a réagi son CEO Charlie Scharg dans le rapport. D'autant que la banque entend réduire drastiquement son dividende pour le troisième trimestre, de 0,51 à 0,10 dollar par action.

25,6
milliards de dollars
Au total, JPMorgan, Wells Fargo et Citigroup ont augmenté d'environ 25 milliards de dollars leurs provisions par rapport à l'an dernier.

La faute à une augmentation de ses provisions – qui ont atteint 20,4 milliards de dollars – pour se protéger face à une situation bien pire que prévu. "La durée et la sévérité de la crise économique ont considérablement augmenté par rapport à ce que nous avions prévu, ce qui nous a conduits à faire des provisions supplémentaires de 8,4 milliards de dollars au deuxième trimestre."

Enfin, Citigroup a dévoilé une chute de 73% de son bénéfice, à 1,3 milliards de dollars (soit 0,50 dollar par action). Ce qui est légèrement moins mauvais qu'attendu. Les analystes prévoyaient en moyenne un bénéfice de 0,28 dollar par action.

Son chiffre d'affaires a par ailleurs augmenté de 5%, à 19,8 milliards contre 18,8 milliards au deuxième trimestre 2019. Et ce, grâce à un bond de 68% de ses revenus générés par l'activité sur les marchés obligataires. À noter que la banque a mis de côté quelque 7,9 milliards de dollars pour faire face aux impayés de ses clients.

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