Les conséquences inattendues de l'envolée des FANG

Selon Goldman Sachs, Apple, Microsoft et Amazon sont les trois actions les plus sous-pondérées par certains fonds de placement. ©AFP

La succession de records affichés par les géants de la technologie à Wall Street complique la tâche de certains gestionnaires, qui sont obligés de les sous-pondérer.

Trop is te veel. L'ascension inexorable des géants de la technologie en bourse - comme Apple , Amazon ou encore Tesla - ne fait pas le bonheur de tous les investisseurs. Du fait de leur trop grande valorisation, certains fonds communs de placement sont obligés de réduire leur exposition pour respecter leurs règles en matière de diversification.

"Facebook et Alphabet sont également entrés dans la liste d'actions les plus sous-pondérées ce trimestre."
Goldman Sachs

Les stratégistes de Goldman Sachs soulignent ainsi dans un récent rapport qu'Apple, Microsoft et Amazon - qui représentent chacun plus de 5% de l'indice américain S&P 500 - sont les trois actions les plus sous-pondérées des fonds d'actions américaines à grande capitalisation. "Malheureusement pour un gestionnaire de fonds typique, ces actions ont rapporté respectivement 59%, 34% et 76% depuis le début de l'année. Facebook et Alphabet sont également entrés dans la liste d'actions les plus sous-pondérées ce trimestre."

Conséquence: contrairement aux hedge funds qui continuent de privilégier le secteur de la technologie, les fonds communs surpondèrent davantage les actions "value" et cycliques comme les banques. Cela ne les empêche pas d'afficher de solides performances cette année. Selon Goldman Sachs, 40% de ces fonds surperforment leur indice de référence contre 31% en moyenne.

"L'euphorie de Wall Street ignore les difficultés de Main Street"

Ajoutons par ailleurs que la course aux records à Wall Street rend de plus en plus sceptique certains observateurs. Le célèbre économiste Nouriel Roubini - connu également sous le surnom de "Dr Doom" - en fait naturellement partie. Selon lui, le net rebond de la Bourse de New York ne signifie pas que l'économie réelle est en train de guérir.

"Main Street souffre", a-t-il prévenu lors d'un entretien accordé à Bloomberg Television ce vendredi. Il note d'ailleurs que la forme de la reprise économique - que certains optimistes voient encore en V - est en train de se transformer en un U. "Et ce U pourrait même devenir un W si nous ne trouvons pas un vaccin contre le nouveau coronavirus et si nous n'adoptons pas assez de mesures de soutien".

51,6
Le rebond économique ralentit en zone euro
Selon les données préliminaires du cabinet IHS Markit, l'indice composite - qui combine le secteur manufacturier et celui des services - est tombé à 51,6 ce mois-ci contre 54,9 en juillet.

La récente recrudescence des cas d'infections à travers le monde a obligé certains États - dont la Belgique - à faire machine arrière. Ce qui a provoqué un ralentissement de la reprise économique. En témoignent les indices PMI publiés ce vendredi. Selon les données préliminaires du cabinet IHS Markit, l'indice composite - qui combine le secteur manufacturier et celui des services - est tombé à 51,6 ce mois-ci contre 54,9 en juillet. "Le rebond de la zone euro a perdu de l'élan en août, mettant en lumière la faiblesse de la demande provoquée par la pandémie de Covid-19", souligne Andrew Harker, économiste d'IHS Markit.

Pour Nouriel Roubini, une nouvelle vague épidémique pourrait également signifier une autre vague de chômage. Or les travailleurs européens sont mieux protégés que leurs homologues américains. "Aux États-Unis, nous avons déjà un taux de chômage à deux chiffres et cela pourrait être bien pire."

Notons cependant que l'activité du secteur privé a poursuivi son ascension en août aux États-Unis. L'indice PMI "flash" composite est remonté à 54,7 - à un plus haut depuis février 2019 - contre 50,3 en juillet.

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