analyse

Lyft, l'exemple à éviter pour Uber

©REUTERS

Les débuts en Bourse d'Uber suivront de peu ceux de son concurrent direct Lyft, qui n'a pas eu le succès escompté. Le rival d'Uber justifie ses déboires sur les marchés par l'attitude de la banque Morgan Stanley et l'accuse d'avoir saboté son entrée en Bourse. De quoi secouer Wall Street alors que Pinterest, Slack et AirBnB, trois autres licornes en puissance, préparent leur arrivée sur les marchés américains.

Lyft n'a fait illusion que le temps d'une séance à Wall Street. Le groupe de véhicules de transport avec chauffeur (VTC) a levé 2,34 milliards de dollars et a été valorisé 24,3 milliards de dollars lors de son IPO à New York le 29 mars dernier.

Introduit à 72 dollars sur le Nasdaq, le rival numéro un d'Uber aux Etats-Unis a terminé sa première séance sur un bond de 8,74% à 78,29 dollars. Huit séances plus tard, l'action Lyft est clairement redescendue de son nuage. Mercredi, elle a plongé de 10,85% pour finir à 60,12 dollars, soit une culbute d'un peu plus de 23% depuis son arrivée sur les marchés quelque peu compensée avec les gains de ce jeudi.

→ Notre edito sur la mise en Bourse de licornes:  EDITO | Salutaire retour à la raison

"Uber va forcément être lié à Lyft"

Comment expliquer une telle disgrâce à Wall Street? Les analystes suivant la valeur justifient cette nouvelle chute par les espoirs que la prochaine valorisation d'Uber suscite à New York. Ce jeudi, à la clôture des marchés, Uber a déposé son prospectus en vue d'une arrivée à Wall Street en mars. Le prix envisagé pour le moment par Uber se situe entre 48 et 55 dollars pour un titre. 

Uber espère atteindre une valeur boursière entre 90 et 100 milliards de dollars suite à cette opératin. L'IPO apporterait en outre 10 milliards de dollars d'argent frais au numéro un mondial des VTC. A titre de comparaison, Facebook avait atteint un peu plus de 80 milliards de dollars de valeur boursière via son IPO en 2012. C'était alors la plus grosse opération du genre pour une entreprise technologique américaine.

Pour Matt Kennedy, analyste chez Renaissance Capital, "Uber va forcément être lié à Lyft. Du coup, ils ne peuvent pas être trop exigeants en termes de valorisation, vu le niveau (du titre) de Lyft". Selon lui, Lyft souffre peut-être précisément du fait que les investisseurs attendent l'arrivée d'Uber sur les marchés pour placer leurs billes.

Un complot derrière les malheurs de Lyft?

Du côté de Lyft, l'explication de ses débuts calamiteux est plus simple: l'action est dans le viseur des "shorteurs", ces investisseurs qui vendent des actions empruntées et spéculent ainsi sur une chute des prix. A la clôture de la deuxième séance boursière, les "shorteurs" avaient acheté 40% des actions cotées en Bourse. Ce pourcentage est si élevé que Lyft soupçonne la banque Morgan Stanley - le principal superviseur de son introduction en Bourse - d’avoir joué un rôle dans ce processus.

Selon Lyft, Morgan Stanley a proposé d’offrir aux actionnaires de l'application de taxis de souscrire à un produit permettant de "shorter l'action". De cette manière, ces actionnaires auraient contourné la traditionnelle période de blocage durant laquelle ils ne sont pas autorisés à vendre des actions. Lyft a porté cette accusation dans une lettre à Morgan Stanley, dont le New York Post a eu connaissance.

De son côté, Morgan Stanley nie catégoriquement l'accusation. Mais cette histoire refroidit clairement l'enthousiasme des Pinterest, Slack et Uber qui arriveront bientôt sur le marché new-yorkais. Ces licornes surveilleraient désormais les accords avec les banquiers les accompagnant dans leur processus d'IPO avec une extrême rigueur. Pinterest a semble-t-il déjà revu ses ambitions de valorisation à la baisse. 

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