Les futurs résultats de Shell seront "historiquement faibles"

©Bloomberg

La compagnie pétrolière a subi de plein fouet la crise du Covid-19 et la chute des cours du brut ces derniers mois. Ce qui l'oblige à acter des dépréciations d'actifs.

Assistons-nous à une période charnière pour le secteur pétrolier? De part et d'autre de l'Atlantique, de grands groupes doivent acter d'importantes dépréciations d'actifs, voire déposer le bilan, en raison de la chute de la demande mondiale et des prix du brut. Dernier exemple en date: Royal Dutch Shell . Toutes ses activités - que ce soit la production de pétrole, la vente aux stations-service ou le transport de gaz naturel liquéfié - ont souffert cette année.

"Nous prévoyons un trimestre historiquement faible" pour Shell. "Nous nous attendons notamment à des bénéfices négatifs, des marges de raffinage très faibles et un effet de levier au bilan qui atteindra probablement un niveau record".
Will Hares
Senior analyste chez Bloomberg Intelligence

À tel point que le groupe anglo-néerlandais va passer une charge de dépréciation d'actifs de 15 à 22 milliards de dollars (entre 13,4 et 19,6 milliards d’euros) dans ses comptes du deuxième trimestre. "Cela confirme nos prévisions d'une période historiquement faible", estime Will Hares, senior analyste chez Bloomberg Intelligence. "Nous nous attendons notamment à des bénéfices négatifs, des marges de raffinage très faibles et un effet de levier au bilan qui atteindra probablement un niveau record."

Shell - qui doit publier ses résultats trimestriels le 30 juillet prochain - prévoit de son côté une chute de 40% de ses ventes de carburant entre avril et juin, à 4 millions de barils par jour (bpj). Sa production de pétrole et de gaz devrait elle tomber en moyenne à 2,35 millions de bpj contre 2,71 millions au premier trimestre.

Le retour à l'avant-crise prendra du (beaucoup?) temps

Question perspectives, l'horizon à court terme semble encore sombre. Royal Dutch Shell table sur un cours du Brent à 35 dollars le baril d'ici la fin de l'année, contre une prévision de 60 dollars auparavant. Les prix du pétrole devraient grimper légèrement les années suivantes pour atteindre 40 dollars en 2021 et 50 dollars en 2022.

35
dollars le baril
Royal Dutch Shell table en moyenne sur un Brent à 35 dollars le baril d'ici la fin de l'année, à 40 dollars en 2021 et 50 dollars en 2022.

Rappelons que les cours du brut avaient démarré l'année aux alentours de 60 dollars avant de plonger en territoire négatif en mars et avril en raison de l'effondrement de la demande mondiale, paralysée par les mesures de confinement liées au coronavirus. Pour Shell, ce seuil symbolique de 60 dollars ne sera à nouveau atteint que dans plusieurs années.

Pour certains analystes, cela signifie que les actionnaires de Shell peuvent faire une croix sur une normalisation de sa politique de dividende à court terme. "L'annonce de ce mardi renforce le scénario selon lequel les dividendes prendront plus de temps que prévu pour revenir à leur niveau d'avant la crise", confirme Helal Miah, analyste chez The Share Centre. Le groupe pétrolier avait créé l'émoi fin avril en annonçant ramener son dividende  à 16 cents par action pour le premier trimestre 2020.

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