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Les marchés croient au rachat de KPN par EQT

©ANP

À la Bourse d'Amsterdam, KPN grimpe de plus de 6% en réaction à des spéculations sur un intérêt du fonds EQT sur l'opérateur néerlandais. Une offre d'achat serait en cours de préparation, selon l'agence Bloomberg.

L'opérateur historique des Pays-Bas a signé ce lundi la plus forte hausse du Stoxx 600 à l'ouverture. Le titre KPN a terminé la séance sur un bond de 6,76% qui propulse la capitalisation boursière de l'entreprise au-delà des 10 milliards d'euros.

Les investisseurs donnent du crédit à une possible montée du fonds d'investissement suédois EQT dans le capital de KPN. L'opération, encore dans une phase embryonnaire, serait la plus grosse acquisition de l'histoire du fonds de la famille Wallenberg.

Le jeu en vaut-il la chandelle? "Affirmatif", entend-on chez Credit Suisse, où les analystes pointent la position forte de l'opérateur néerlandais avec son contrôle des infrastructures du pays des polders. Ils rappellent aussi que KPN peut offrir à EQT une multitude d'options, notamment avec la cession de l'une ou l'autre division.

De nombreux barrages

"Si aucun accord n'est trouvé entre la direction et EQT, tout rachat sera perçu comme hostile."
Les analystes de Berenberg

Les analystes attendent à présent de connaître l'humeur de la proie. Jusqu'ici, ni KPN ni le fonds EQT n'ont voulu commenter ces rumeurs.

Ce qui fait dire à Emmanuel Carlier, de la banque Kempen, que les chances de succès d'une OPA amicale sont maigres. Avant EQT, l'opérateur mexicain America Movil, en 2013 (America Movil avait alors mis plus de 7 milliards d'euros sur la table; ildétient à présent 16% de KPN), et l'an dernier, le fonds canadien Brookfield ont vu leurs approches être rejetées par KPN.

Grimper dans le capital d'un ex-opérateur public implique des tractations avec les autorités nationales. Le gouvernement néerlandais a en outre adapté sa législation en mai dernier pour renforcer son pouvoir de décision en la matière et bloquer toute prise de contrôle jugée "hostile". Les statuts de KPN prévoient également la possibilité de faire de même via la fondation KPN, une structure officiellement indépendante mais qui peut exercer un droit d'option pour acheter de nouvelles actions lui allouant près de 50% des droits de vote. Et, comme le notent les analystes de Berenberg, "si aucun accord n'est trouvé entre la direction et EQT, tout rachat sera perçu comme hostile".

Raison pour laquelle Emmanuel Carlier conseille de se délester de ses actions KPN pour réinvestir "dans d'éventuelles proies, là où les chances d'une reprise réussie sont plus grandes".

D'autres voix sont moins catégoriques. Elles jugent notamment que l'identité et surtout la qualité du potentiel acquéreur pourront séduire les actionnaires les plus réticents.

La mollesse du cours de bourse de KPN, proche de ses plus bas niveaux depuis huit ans, est un autre argument qui fait pencher la balance du côté d'un rachat du fonds EQT.

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