Les marchés semblent tabler sur une victoire de Biden

©AFP

La hausse de l'écart entre Biden et Trump dans les sondages relatifs à l'élection présidentielle américaine coïncide avec un rebond de Wall Street. On cherche moins les termes "élection contestée" sur Google.

Après un passage à vide en septembre, les marchés boursiers sont repartis de l'avant, ce qui pourrait s'expliquer par l'écart grandissant entre les candidats à l'élection présidentielle américaine dans les sondages. Depuis un plancher touché le 23 septembre, l'indice Dow Jones de la Bourse de New York a rebondi de plus de 5%. Idem pour le S&P 500 et le Nasdaq , les deux autres indices américains les plus suivis.

Cette remontée de Wall Street coïncide avec une augmentation, dans les intentions de vote, de l'avance de Joe Biden, le candidat démocrate, sur son rival, le président Donald Trump. Selon le modèle de prévisions du site de journalisme de données FiveThirtyEifht, qui agrège plusieurs sondages, la probabilité de voir Biden l'emporter le 3 novembre a atteint, jeudi, 84,4%, son plus haut niveau de la campagne. L'écart le plus étroit entre les deux candidats avait été enregistré fin août.

-8%
Baisse du S&P 500 en novembre 2000
L'indécision lors du scrutin opposant Al Gore à George Bush avait déprimé les investisseurs. Wall Street avait enregistré son pire mois de l'année à l'époque.

Les données des sociétés de paris vont dans le même sens. Selon le site RealClearPolitics, qui publie les moyennes des perspectives de gains des parieurs, Biden serait gagnant à 64,3%, contre 35,2% pour Trump. L'écart entre les deux était quasiment nul début septembre.

Risque de "double choc"

Pour les investisseurs, ce n'est pas tant la victoire du camp démocrate qui importe. Le scénario redouté serait une élection tellement serrée qu'elle engendrerait des recours, des recomptages et une procédure judiciaire à rallonge provoquant une incertitude comparable à celle de 2000 lors de l'affrontement entre Al Gore et George Bush. Dans une étude publiée mercredi, Deutsche Bank rappelle qu'à l'époque, il avait fallu attendre le 13 décembre pour que Gore concède officiellement sa défaite. Les investisseurs détestant l'incertitude, le mois de novembre 2000 s'était soldé par une chute de 8% du S&P 500.

"Le grand risque d'un résultat contesté a à peine été évalué en bourse, pourtant il pourrait avoir des effets dramatiques."
Steen Jakobsen
Chef économiste de Saxo Bank

Dans les perspectives de Saxo Bank pour le 4e trimestre, publiées jeudi, Steen Jakobsen, chef économiste de la banque, estime que "le grand risque d'un résultat contesté a à peine été évalué en bourse, pourtant il pourrait avoir des effets dramatiques". La semaine dernière, Anton Brender, chef économiste de Candriam, disait craindre un "double choc" pour les marchés, en cas de rebond de la pandémie et d'indécision lors de l'élection.

Les données récentes plaident pour une baisse de ce risque. Les analystes de JPMorgan notent même que les données de Google montrent que les recherches des termes "élection contestée" ont nettement diminué depuis le débat entre les deux candidats et le diagnostic positif au coronavirus de Trump. Reste à attendre 26 jours.

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