"Les problèmes sur le marché interbancaire américain vont s'aggraver"

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Plusieurs grandes banques américaines, dont JPMorgan, craignent que les récentes mesures adoptées par la Fed pour éteindre la crise de liquidité sur le marché interbancaire ne soient pas suffisantes.

Ce n'est pas demain la veille que la Réserve fédérale américaine (Fed) arrêtera ses opérations de refinancement sur le marché interbancaire. C'est en tout cas ce qu'affirme la banque d'investissement JPMorgan Chase & Co. Dans une note publiée lundi, ses analystes expliquent que le coup de stress qui a entraîné une hausse des taux d'emprunt à court terme le mois dernier devrait encore s'aggraver malgré les tentatives de la Fed de jouer les pompiers.

Rappelons que la banque centrale injecte des milliards de dollars depuis plusieurs semaines dans ce marché pour améliorer la liquidité et contenir les taux d'intérêt à court terme (repo) dans la fourchette de son principal taux directeur (entre 1,75% et 2%).

Mais selon JPMorgan, ces mesures ne seront pas suffisantes pour empêcher une aggravation de la situation. "Les liquidités supplémentaires vont directement aux principaux négociants (les grandes banques qui jouent le rôle d'intermédiaires entre la Fed et les banques, ndlr), alors que les plus gros besoins de liquidités ne viennent pas d'eux. Le succès du programme dépend donc de la mesure dans laquelle les principaux négociants transfèrent les liquidités. Mais ces intermédiaires ne le font pas assez à cause des règles strictes pour les exigences de fonds propres."

1,93%
Retour dans la fourchette visée par la Fed
Les taux d'intérêt à court terme (repo) sont retombés à 1,93% lundi après avoir évolué au-dessus de 2% la semaine dernière. La Fed tente depuis plusieurs semaines de les maintenir dans la fourchette de son taux directeur (1,75%-2%).

La réglementation mise en cause

Ce n'est pas la seule banque à avoir tiré la sonnette d'alarme. Bank of America Merrill Lynch et Goldman Sachs ont également averti sur les problèmes liés à la réglementation post-crise financière. Même après les dernières mesures adoptées par la Fed, "les goulots d'étranglement de l'intermédiation restent présents", a signalé Goldman Sachs.

Le taux d'intérêt à court terme est retombé à 1,93% lundi après avoir dépassé la barre de 2% la semaine dernière. Soit juste de l'objectif de la Fed. Or, si le phénomène perdure, les taux d'intérêt sur les prêts aux entreprises et aux consommateurs peuvent également augmenter. Ce qui impactera la croissance économique des États-Unis. Exactement ce que la banque centrale cherche à éviter.

Pour mémoire, la Fed a annoncé en septembre réduire de 25 points de base ses taux directeurs, pour la seconde fois cette année. Mais les intervenants de marché s'attendent à l'annonce d'une nouvelle baisse lors de la réunion des 29 et 30 octobre prochains.

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