Les résultats très contrastés des banques US

©REUTERS

A l’image de Goldman Sachs la veille, Morgan Stanley a pleinement profité du rebond boursier au travers de ses activités de trading. Bank of America a été plombé par ses provisions, comme ses rivales JPMorgan Chase, Citigroup et Wells Fargo.

Les résultats trimestriels des grandes banques américaines laissent apparaître une fracture entre deux camps bien distincts: d’un côté, les véritables banques d’affaires qui ont largement tiré leur épingle du jeu au cours des trois derniers mois et, de l’autre, les établissements davantage axés vers ce qu’on appelle la banque de détail, qui s’en sont au contraire beaucoup moins bien sorti.

68%
Les revenus tirés des activités de trading de Morgan Stanley au deuxième trimestre.

Avec Goldman Sachs, Morgan Stanley appartient clairement à la première catégorie. L’impressionnant rebond des marchés alimenté par les injections massives de liquidités de la Réserve fédérale américaine a dopé ses activités de trading, dont les revenus ont bondi de 68% sur la période. De quoi faire grimper son bénéfice net trimestriel de 50%, à 3,05 milliards de dollars. Rapporté par action et hors élément exceptionnel, la référence à Wall Street, le bénéfice s'est élevé à 1,96 dollar, soit bien plus que les 1,12 dollar anticipé par les analystes. Son titre évoluait en hausse d'environ 1% en début de séance à New York.

Winners vs losers

A l’inverse, le titre de Bank of America s’inscrivait en recul de quelque 4% dans les premiers échanges. Il faut dire que l’établissement a fait état d'une chute de plus de moitié de son résultat net au deuxième trimestre, grevé par une provision de quatre milliards de dollars pour créances douteuses. S’il demeure moins pire qu’attendu par les analystes, le résultat net attribuable aux actionnaires est lui tombé à 3,28 milliards de dollars, ou 0,37 dollar par action, contre 7,11 milliards un an plus tôt (0,74 dollar par action).

"Les bons résultats des marchés financiers ont offert un contrepoids important face à l'impact du Covid-19 sur nos activités grand public."
Brian Mynihan
CEO de Bank of America

Contrairement à Goldman Sachs et Morgan Stanley qui ne proposent pas de prêts au grand public, Bank of America a ainsi souffert de ses activités de détail à l’instar de JPMorgan, Citigroup et Wells Fargo qui ont annoncé mardi avoir provisionné au total 28 milliards de dollars pour couvrir des pertes sur prêts.

"Les bons résultats des marchés financiers ont offert un contrepoids important face à l'impact du Covid-19 sur nos activités grand public", a déclaré le CEO de Bank of America, Brian Moynihan, estimant que ce trimestre était la "période la plus tumultueuse depuis la Grande Dépression".

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés