LVMH suspend le rachat de Tiffany, qui attaque en justice

©Bloomberg

LVMH ne s'estime plus en mesure de racheter "en l'état" Tiffany, qui saisit la justice américaine pour l'obliger à boucler l'opération estimée à 16,2 milliards de dollars.

Le géant du luxe français LVMH repousse ses fiançailles tant attendues avec Tiffany. Dans un communiqué publié ce mercredi, le groupe de Bernard Arnault cite une "succession d'événements" l'amenant à acter qu'"en l'état, LVMH ne serait donc pas en mesure de réaliser l’opération d’acquisition" du joaillier américain Tiffany .

LVMH dit notamment avoir pris connaissance d'une lettre du ministère français des Affaires étrangères lui demandant de reporter l'opération au-delà du 6 janvier "en réaction à la menace de taxes sur les produits français formulée par les Etats-Unis", sans plus de détails.

"Le conseil d’administration a acté, qu’en l’état, le groupe LVMH ne serait donc pas en mesure de réaliser l’opération d’acquisition de la société Tiffany."
LVMH

 Il déclare aussi avoir été informé de la requête de Tiffany de repousser la finalisation du rachat du 24 novembre au 31 décembre.

Tiffany chute à Wall Street

À la Bourse de Paris, l'action LVMH , orientée à la hausse en début de séance, est repassée dans le rouge après les déclarations du groupe, mais dans une ampleur très limitée. Le titre de Tiffany , en revanche, chutait de 10% à l'ouverture de Wall Street.

Évolution du cours de Tiffany depuis la proposition de rachat de LVMH

Tiffany, qui a saisi la justice du Delaware, assure pour sa part avoir respecté tous les termes de l'accord annoncé en novembre 2019, mais il reproche en revanche au groupe de Bernard Arnault de ne pas avoir honoré ses propres engagements, notamment pour solliciter dans les délais nécessaires les avis des autorités de la concurrence.

16,2
milliards de dollar
Le montant estimé du rachat de Tiffany par LVMH.

Le joaillier accuse aussi LVMH de l'avoir informé avec retard, seulement mardi, de cette lettre du ministère français des Affaires étrangères datée du 31 août, dont il dit ne pas avoir obtenu de copie.

"Nous pensons que LVMH cherchera à utiliser tous les moyens nécessaires pour tenter d'éviter de conclure la transaction selon les termes convenus", a dit Roger Farah, président de Tiffany, cité dans un communiqué.

À peine fiancés, déjà divorcés

Leurs fiançailles avaient fait les gros titres en novembre dernier, lorsque le numéro un mondial du luxe avait annoncé vouloir croquer la prestigieuse marque new-yorkaise pour le montant record de 16,2 milliards de dollars.

 Mais la crise sanitaire est notamment passée par là. Après avoir annoncé fin août qu'ils repoussaient de trois mois - à fin novembre 2020 - la date butoir pour boucler leur rapprochement, LVMH a annoncé mercredi qu'il avait décidé de réunir son conseil d'administration "après une succession d'événements de nature à fragiliser l'opération d'acquisition de la société Tiffany".

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