Netflix crève l'écran à Wall Street

"Lupin", la dernière série phare de Netflix avec Omar Sy, a connu l'un des meilleurs démarrages de la plateforme de streaming vidéo. ©Netflix

La plateforme entend continuer à gagner des parts de marché aux dépens de la télévision, tout en commençant à devenir rentable. L'action a bondit de près de 17%, pour atteindre un nouveau record à la Bourse de New York.

Netflix reste incontestablement le leader mondial du streaming vidéo. Malgré une concurrence de plus en plus importante, avec la montée en puissance de Disney+ et le lancement d’Apple+ et HBO Max, la plateforme américaine est parvenue à attirer près de 37 millions de personnes supplémentaires – dont 80% en dehors de l’Amérique du Nord – l’an dernier. Un record qui lui a permis de franchir pour la première fois la barre symbolique de 200 millions d’abonnés payants dans le monde.

36,6
millions d'abonnés supplémentaires
Netflix a engrangé près de 37 millions d'abonnements supplémentaires (+31%) en 2020. Du jamais vu.

La pandémie du Covid-19 et les mesures de confinement ont sans aucun doute soutenu cette croissance exceptionnelle. Et ce, au-delà des propres espérances de la société. Netflix a enregistré quelque 8,51 millions d’abonnements supplémentaires au quatrième trimestre grâce à la popularité de séries comme "La chronique de Bridgerton" ou  "Le Jeu de la dame". Un résultat nettement supérieur à ses attentes et celles des analystes (6,06 millions).

"Pour l'instant, c'est le grand gagnant des batailles du streaming", estime Eric Haggstrom, analyste d'eMarketer. Netflix a ainsi quasiment doublé son nombre d'abonnés en plus de deux ans.

Le résultat opérationnel a doublé au 4e trimestre

Côté résultats financiers, le tableau est un peu moins idyllique. Ses revenus au quatrième trimestre sont supérieurs aux prévisions de l’entreprise, en hausse de 21,5% sur un an pour atteindre 6,64 milliards de dollars. Le résultat opérationnel a même bondi de 107,8%, passant de 459 à 954 millions de dollars.

Son bénéfice net est par contre tombé à 542 millions de dollars (1,19 dollar par action) contre 587 millions (1,30 dollar) un an auparavant.

"Des chiffres mitigés, même si les investisseurs attachent surtout de l'importance à la forte croissance des abonnés et à la situation financière en amélioration", résume-t-on du côté du magazine L’Investisseur.

2021, l'année de la rentabilité?

Bien que dans le rouge au quatrième trimestre, les flux de trésorerie ont terminé l’année en positif, à 1,9 milliard de dollars contre -3,3 milliards en 2019. "Nous pensons que nous sommes très proches de parvenir à un free cash flow durablement positif", indique Netflix dans une lettre adressée à ses actionnaires.

La société s'attend ainsi à atteindre l’équilibre cette année malgré la programmation de pas moins de 70 films originaux. Et d'ajouter: "Avec une trésorerie de 8,2 milliards de dollars et une facilité de crédit non utilisée de 750 millions, nous pensons que nous n'avons désormais plus besoin d'investissements extérieurs pour financer nos opérations au quotidien".

"Nous pensons que nous sommes très proches de parvenir à un free cash flow durablement positif"
Netflix

L'annonce a fait l'effet d'une bombe à Wall Street. L'action Netflix a signé la plus forte progression au sein du S&P 500 mercredi, passant de 501 euros à un nouveau record de 586 dollars à la clôture, soit un bond de 16,85%. "Nous pensons que [cette nouvelle] va mettre fin aux inquiétudes des investisseurs les plus pessimistes à propos de la consommation de trésorerie sans limite", soulignent estiment Greetha Ranganathan et Kevin Near, analystes chez Bloomberg Intelligence.

Netflix a par ailleurs annoncé son intention de reprendre les rachats d'actions propres, comme elle l'avait fait entre 2007 et 2011, sans de donner de date précise. Chez JP Morgan, on table sur un début du programme au cours du second semestre 2021. "Les rachats d'actions n'étaient pas quelque chose que nous nous attendions à voir en 2021, mais nous y sommes favorables", expliquent ses analystes. Ils rappellent toutefois que le titre n'est pas bon marché puisqu'il a gagné près de 95% depuis son creux en mars.

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