On se bouscule pour entrer à la Bourse d'Amsterdam

Lady Gaga, figure de proue du label Universal Music, qui sera introduit en bourse d'ici la fin de l'année. ©REUTERS

Depuis janvier, les nouveaux venus à la Bourse d'Amsterdam ont déjà levé plus d'argent qu'en 2020. Coolblue, Universal Music et plusieurs SPAC sont dans les starting-blocks.

Avec 3,5 milliards d'euros levés en un mois et demi, les introductions en bourse ont pris un départ tonitruant sur Euronext Amsterdam. Au cours des cinq derniers exercices, le montant total levé en un an par les nouveaux venus sur le marché amstellodamois n'avait jamais dépassé les 3 milliards d'euros, selon les calculs de nos confrères du Financieele Dagblad.

Le millésime 2021 s'annonce fructueux pour la plus vieille place boursière du monde. Et ce qui étonne les suiveurs, c'est la forte attirance qu'elle exerce sur les grands groupes internationaux.

Plusieurs IPO à venir

Les 3,5 milliards d'euros déjà levés sont principalement à mettre à l'actif du logisticien polonais InPost et de ses casiers révolutionnaires. Mais d'autres grosses introductions sont attendues. Vivendi, par exemple, a décidé, ce weekend, d'introduire sa très rentable filiale Universal Music d'ici la fin de l'année.

Amsterdam tire aussi son épingle du jeu grâce à la composition dynamique de ses trois indices.

Le label, qui détient la musique de Lady Gaga, Madonna, Johnny Hallyday ou encore du rappeur Booba dans son catalogue, est valorisé à 30 milliards de dollars.

Les entreprises néerlandaises revendiquent également leur place au sein d'Euronext Amsterdam. Par exemple, le spécialiste de la vente en ligne Coolblue travaille sur son IPO qui pourrait avoir lieu dans le courant de l'année. Elle valoriserait la société à 5 milliards d’euros.

WeTransfer, spécialiste néerlandais du partage de fichier par internet, est également dans les starting-blocks. De même que la fintech espagnole Allfunds.

Devant la Bourse de Londres

Le Brexit a plutôt profité à la Bourse d'Amsterdam. Depuis qu'il est effectif, les investisseurs de l'Union européenne doivent réaliser leurs opérations au sein du marché européen. Et on a pu constater une nette hausse des volumes de transactions sur la place néerlandaise. Sur le mois de janvier, elle a d'ailleurs ravi à Londres le titre de première place boursière d'Europe pour les actions.

Amsterdam jouit de la réputation d'être une place accueillante pour les SPAC en Europe.

Amsterdam tire aussi son épingle du jeu grâce à la composition dynamique de ses trois indices, avec, notamment, des champions technologiques comme Prosus, Adyen ou Just Eat Takeaway. La large palette qu'offre Amsterdam pour les transactions sur les obligations et les dérivés séduit également de grands noms étrangers.

De la place pour les SPAC

À noter également qu'Amsterdam jouit de la réputation d'être une place accueillante pour les SPAC, ces sociétés sans activité opérationnelle et dont les titres sont émis en bourse pour une durée limitée dans le but de réaliser une ou plusieurs acquisitions dans un secteur particulier. Or les IPO par SPAC ont connu une année 2020 exceptionnelle à Wall Street et la tendance ne faiblit pas. D'après le cabinet Dealogic, ces véhicules financiers ont levé au moins 71,6 milliards de dollars sur les marchés boursiers américains en 2020, soit cinq fois plus qu'un an auparavant.

Ce lundi, deux grands patrons français sont sortis du bois, à savoir l'ex-CEO de la banque italienne Unicredit Jean-Pierre Mustier et l'homme d'affaires Bernard Arnault, via un de ces holdings. Avec le concours de la société d'investissement Tikehau Capital, ils vont investir dans les fintechs (notamment dans la gestion d'actifs et l'assurance).

La semaine dernière, la Bourse d'Amsterdam accueillait ESG Core, première SPAC à être cotée en 2021 sur le sol européen. Elle a levé 250 millions d'euros pour son baptême boursier. Deux SPAC seraient encore sur le point de gonfler les effectifs de la place néerlandaise.

Universal Music donne des ailes à Vivendi

Vivendi fait des étincelles à la Bourse de Paris, son titre grimpant de plus 16% ce lundi matin. Le conglomérat français veut distribuer 60% du capital de sa filiale Universal Music Group (UMG) à ses actionnaires et l'introduire en Bourse d'ici la fin de l'année.

La distribution d'actions UMG aux actionnaires de Vivendi se ferait à titre de distribution exceptionnelle ("special dividend").

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