Perte record et changement de nom chez Total

©REUTERS

Total a terminé l'année 2020 dans le rouge, actant une perte nette de plus de 7 milliards de dollars. Du jamais vu pour le groupe pétrolier qui maintient son dividende.

Ne dites plus "Total" , mais "Total Energies". Le groupe pétrolier français souhaite changer de nom dans le courant de l'exercice 2021. "En proposant aux actionnaires de changer de nom, ce qu'on leur propose profondément c'est d'approuver le changement de stratégie", avoue le patron de Total, Patrick Pouyanné, qui évoque une "décision historique".

60
Milliards
Total estime qu'il lui faudra financer environ 60 milliards en dix ans pour atteindre une capacité brute de production d'énergie renouvelable de près de 100 gigawatts en 2030.

Total veut ainsi confirmer le virage énergétique pris depuis quelques années. Le numéro 5 mondial du pétrole a en effet multiplié les investissements dans les énergies renouvelables, grappillant gigawatt par gigawatt une position de choix dans le solaire, les batteries, le gaz renouvelable ou encore l'éolien.

Ce mardi, à l'occasion de la publication de ses résultats annuels, Total a chiffré ses ambitions dans l'énergie verte. Depuis le 1ᵉʳ janvier, plus de 2 milliards de dollars ont déjà été dépensés pour tendre vers la neutralité carbone. Total dit en outre qu'il devra financer 5 milliards de dollars d'investissement dans le renouvelable cette année et 60 milliards de dollars sur dix ans pour atteindre ses objectifs. L'entreprise vise une capacité brute de production d'énergie renouvelable de près de 100 gigawatts (GW) en 2030, contre 7 GW fin 2020.

Actuellement, un peu plus de la moitié des revenus de Total proviennent des combustibles fossiles. Le groupe veut réduire cette proportion à environ un tiers d'ici 2030. Dans le même temps, Total souhaite faire grimper ses capacités de production d'énergie verte à 35 GW dès 2025. Le but est ensuite de grignoter 10 GW par an jusqu'en 2030, condition sine qua non pour intégrer le top 5 mondial de l'énergie propre.

Annus horribilis

Comme pour Shell et ExxonMobil, l'année chaotique traversée par le secteur pétrolier s'est clairement fait ressentir dans le bulletin annuel de Total. En 2020, le français a affiché des bénéfices en repli dans toutes ses divisions et a terminé son exercice sur une perte nette de 7,2 milliards de dollars. Il était question d'un bénéfice de 11,2 milliards en 2019.

La chute des prix du pétrole et des dépréciations d'actifs de l'ordre de 10 milliards de dollars expliquent en grande partie cette contre-performance. Mais l'énergéticien a montré une belle résistance au quatrième trimestre, avec un bénéfice net meilleur qu'attendu. Ce qui a fait grimper l'action Total  en tête du CAC 40 à l'ouverture de la Bourse de Paris.

Là où Total se distingue de la concurrence, c'est au niveau de son endettement. Le ratio de la dette nette de la société par rapport à ses capitaux propres est passé à 25,9% fin 2020, contre plus de 30% pour ses rivaux européens.

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