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interview

"Plus l'incertitude des élections US demeurera, plus Wall Street y sera sensible"

©Dieter Telemans

Pour le stratégiste de JP Morgan AM, Vincent Juvyns, la volatilité sur les marchés financiers va progressivement augmenter tant que le nom du futur président américain ne sera pas connu.

Nous avons posé trois questions à Vincent Juvyns, global market strategist chez J.P. Morgan Asset Management, sur l'élection présidentielle aux États-Unis et la réaction des marchés financiers.

À l'heure actuelle, on ne connaît toujours pas le nom du futur locataire de la Maison-Blanche. Clairement, ce n'est pas le scénario rêvé pour les investisseurs...

En effet. Pour les marchés, peu importe que le candidat démocrate ou républicain l'ait emporté. Ce qu'ils voulaient absolument, c'était de connaître rapidement le nom du vainqueur et que cette victoire soit franche. Nous n'avons ni l'un ni l'autre. Donc on ne peut pas dire que ce soit le scénario rêvé des investisseurs, même si l'impact sur les marchés reste mesuré.

Justement, comment expliquez-vous cette réaction mesurée des marchés financiers ce mercredi? Et pourrait-on connaître une hausse de la volatilité dans les prochains jours?

Pour l'heure, les marchés réagissent en effet plutôt bien. On voit par exemple qu'en Europe, la performance évolue au gré des résultats annoncés État par État. Je pense que c'est l'attentisme qui domine ce mercredi dans l'espoir que les résultats seront peut-être connus dans les prochaines heures.

Cela étant dit, ce n'est pas une victoire franche. Cela veut dire qu'il y aura certainement une nécessité de cohabitation, de consensus entre les Républicains et les Démocrates pour choisir la ligne politique du pays dans les prochaines années. Ce n'est pas non plus un bon scénario pour les marchés. Cela va freiner la capacité d'expression du futur président des États-Unis puisqu'il devra composer avec le parti adverse. Espérons que ceci ne soit pas synonyme d'un blocage économique du pays.

Dans tous les cas, la configuration actuelle est de nature à alimenter la volatilité dans les prochains jours sur les marchés financiers. Ce serait le scénario le plus logique compte tenu de l'incertitude autour du vainqueur. Il faut voir combien de temps cette incertitude va demeurer...

Certains observateurs ont évoqué une possible baisse de 10% des actions américaines en cas de résultats contestés. Dès lors, conseillez-vous aux investisseurs d'attendre jusqu'au dénouement?

Je pense qu'il est démagogique de mettre un chiffre sur la baisse potentielle de Wall Street. Il est certain que la situation actuelle n'est pas le meilleur scénario pour les marchés financiers. Que du contraire. Au plus cette incertitude demeurera, au plus la volatilité sera importante et au plus Wall Street y sera sensible.

"Les États-Unis ont déjà connu des élections disputées. Et in fine, les marchés s'en sont relativement bien sortis à l'époque."
Vincent Juvyns
Global market strategist chez J.P. Morgan Asset Management

Pour mémoire, les marchés américains affichent une relativement bonne performance cette année. Certains secteurs – comme celui de la technologie – se sont envolés de plus de 20%. Il est certain que, dans ce cas de figure, Wall Street est sensible à toute mauvaise nouvelle. Alors, est-ce que la baisse sera de 5%, 10% ou 15%? Personne ne peut le prévoir à l'heure actuelle.

Je pense également qu'il est important pour les investisseurs de garder une perspective long terme. Les États-Unis ont déjà connu des élections disputées par le passé, avec des recomptages de votes pendant plusieurs semaines. Et in fine, les marchés s'en sont relativement bien sortis à l'époque.

Certes, il va y avoir du bruit électoral dans les semaines à venir. Mais il faut regarder au-delà de ça et s'intéresser aux tendances qui perdureront après ces élections. La technologie – même si elle est davantage régulée –, l'ascension de la Chine pour devenir la première puissance économique mondiale et les énergies renouvelables sont, pour moi, des thèmes d'investissement qu'il faut garder à l'esprit.

3 questions à Vincent Juvyns (JP Morgan AM)

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