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Premier jour des actions suisses sans passeport

L'action de l'horloger suisse Swatch n'a pour l'instant pas été affectée par ce changement. ©EPA

Les actions suisses se négocient pour la première fois sans la reconnaissance européenne, suite à un bras de fer entre la Suisse et l’Union européenne. Plusieurs plateformes européennes ne proposent plus de transactions sur les actions suisses.

Les actions suisses se négocient depuis ce lundi sans reconnaissance européenne. Des titres comme Nestlé ou Swatch Group n’ont pas vu leur cours affectés jusqu’à présent. "Jusqu’à présent, tout va bien pour les actions suisses", indique Eric Hassid, trader chez Aurel BGC. MSCI, le fournisseur d’indice, a lui déclaré qu’"il n’y a pas d’impact immédiat, mais nous surveillons la situation".

10.022
La Bourse de Zurich a touché un nouveau record ce lundi avec 10.022 points, malgré la fin de l’équivalence européenne des actions suisses.

Car la situation actuelle avec les actions suisses résulte d’un bras de fer entre l’Union européenne et la Suisse pour l’équivalence européenne de ces valeurs. Jusqu’au 30 juin, les titres suisses ont bénéficié de cette équivalence. Mais celle-ci a expiré faute d’accord. Cette équivalence permettait aux investisseurs suisses et européens de négocier les titres dans les deux régions sans barrière. Grâce à celle-ci, un tiers des transactions sur les actions suisses ont eu lieu en Europe. Mais désormais, les actions suisses ne peuvent plus être négociées qu’en Suisse, à travers un courtier reconnu.

Pénalité pour les investisseurs européens

Les investisseurs européens encourent eux une pénalité, allant d’une amende à une peine d’emprisonnement jusque trois ans s’ils négocient des actions comme Nestlé ou Novartis sur une plateforme basée ailleurs qu’en Suisse. Des Bourses comme le London Stock Exchange et des plateformes comme CBOE Global Markets où le gros des transactions sur les actions suisses avaient lieu ont déjà informé leurs clients qu’elles vont exclure les titres d’émetteurs suisses. Le président de SIX Swiss Exchange, la Bourse de Zurich, a lui indiqué que si toutes les transactions sur les actions suisses sont redirigées domestiquement, les investisseurs pourront souffrir d’une réduction de la concurrence entre les places de marché.

L’origine de cette interdiction réside dans une dispute plus large entre la Suisse et l’Union européenne. Le pays helvétique renégocie depuis des années des accords bilatéraux avec Bruxelles. Mais les tensions ont augmenté entre les deux régions alors que que certaines lignes des traités s’avèrent impopulaires en Suisse.

Le pays négocie la formalisation de 120 traités bilatéraux dans un cadre unique où la Suisse adopterait automatiquement certaines lois européennes. Mais l’Union européenne a durci le dialogue avec la Suisse, comme elle le fait avec la Grande-Bretagne dans le cadre du Brexit.

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