Quand Wall Street s'emballe

©REUTERS

Les Bourses américaines grimpent de sommet en sommet. Le S&P 500 évolue sur des niveaux historiques. Et le Nasdaq connaît pour l'instant sa meilleure année depuis 1991. Malgré tout, de nombreux stratégistes parient sur une poursuite de la hausse.

"Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel". Ce célèbre adage boursier recommence à trotter dans la tête des investisseurs, tel un Jiminy Cricket de la finance. Car sur leur écran, l'évolution récente des actions américaines prend des proportions encore inimaginables il y a quelques mois. Qui d'entre vous aurait pensé en décembre dernier que les marchés allaient reprendre plus de 20% cette année?

Le S&P 500 , l'un des trois principaux indices à Wall Street, évolue à présent sur de nouveaux sommets historiques après avoir établi un record mardi soir à la clôture. Certains observateurs s'attendent dès lors à ce que nous connaissions un emballement à la hausse ("melt-up" en anglais) des marchés financiers. 

"Si nous avons raison de dire que l'économie mondiale n'est pas sur le point d'entrer dans un gouffre économique, nous devrions admettre que le risque d'un "melt-up" aux États-Unis et dans le monde pourrait augmenter"
Sean Darby
Global equity strategist chez Jefferies

Un phénomène rencontré notamment au début des années 2000. Souvenez-vous, à l'époque, les analystes avaient même inventé un nouveau ratio pour justifier la forte valorisation de certaines valeurs: le price/earning on growth (PEG). Soit le rapport cours/bénéfice rapporté au taux de croissance.

Les entreprises en soutien

La situation est bien différente aujourd'hui. De nombreux stratégistes estiment que la remontée des indices boursiers est en partie liée à la saison des résultats qui se déroule en ce moment aux États-Unis et en Europe.  Selon les données compilées par Bloomberg, près de 80% des entreprises du S&P 500 qui ont à ce jour publié leurs résultats pour le premier trimestre ont dépassé les attentes des analystes.

"La saison des résultats n’est pas brillante à ce jour, mais ce n’est certainement pas une déception non plus. Avec le recul, la plupart des analystes ont été un peu trop pessimistes dans leurs prévisions et si la tendance se maintient, les chiffres pourraient prouver qu'ils ont eu tort", explique Frank Vranken, stratégiste en chef de Puilaetco Dewaay. Les investisseurs qui les ont écoutés s'en mordent peut-être les doigts aujourd'hui et reviennent en force sur les marchés actions.

+8,7%
Bond des bénéfices en fin d'année?
Les analystes s'attendent à ce que les revenus des entreprises américaines bondissent de 8,7% durant le dernier trimestre de 2019. Ce qui devrait leur permettre d'enregistrer une croissance positive sur l'ensemble de l'année.

D'autant qu' ils sont nombreux à croire que le premier trimestre est en quelque sorte un plancher en termes de bénéfices, et que les mois suivants s'annoncent meilleurs. 

Une peur de rater le coche

À force de voir la performance des actions américaines faire les gros titres, les investisseurs les plus frileux sont tentés de prendre le train en marche. La peur de passer à côté du rally (fear of missing out ou FOMO) est d'ailleurs l'un des arguments utilisés par les stratégistes en faveur d'un melt-up.

Frank Vranken parle lui de "cupidité". "En l'absence d'un facteur externe déclenchant un signal de vente, il y a peu d'obstacle à une poursuite de la hausse. Cependant, la cupidité va souvent de pair avec une sorte d'exubérance. Et pour le moment, j'ai du mal à voir d'où viendra cette exubérance". Jiminy Cricket a visiblement du pain sur la planche...

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