Signaux de détresse pour l'aérien en bourse

Les compagnies aériennes font tout pour attirer les voyageurs dans leurs vols, mais les perspectives pour le reste de l'année sont plus sombres que jamais. ©Photo News

Les craintes d'un nouveau confinement sème le doute sur les perspectives d'un secteur du tourisme déjà chancelant. La trésorerie des compagnies aériennes est sous pression.

L'accélération de la hausse des cas d'infection par le coronavirus dans plusieurs pays et le retour des mesures de confinement dans différentes zones géographiques font craindre le pire aux grands noms du tourisme et des loisirs.

Ces derniers ont dû composer avec une chute de leur activité depuis la mi-mars et affichent une perte de 460 milliards de dollars au premier semestre, selon les derniers chiffres dévoilés ce mardi par l'Organisation mondial du Tourisme.

L'indice sectoriel du secteur évolue encore dans le rouge ce mardi après le coup de bambou de la veille (-5,2%). L'indice Stoxx sectoriel a abandonné plus de 37% depuis le début de l'année. Seules les banques font pire actuellement en Europe.

Le tourisme n'arrive plus à décoller

Une demande en panne

Les valeurs du secteur aérien sont les plus matraquées, en particulier les compagnies "classiques". IAG , la maison mère de British Airways et d'Iberia, a vu son cours fondre de 63,8% depuis de l'année ... et de 30% depuis 8 jours. Pour EasyJet , le repli depuis le 1er janvier (-65%) est encore plus marqué alors que le bilan boursier d'Air France - KLM (-68%) sur la même période pique aux yeux.

L'action Lufthansa , propriétaire notamment de Brussels Airlines, s'est érodée de 54%. Les compagnies à bas coûts Ryanair (-27%) et Wizz Air (-25,2%) semblent mieux résister aux vents contraires, ce qui confirme l'avis de nombreux analystes qui les voient mieux traverser une période de vols limités que leurs concurrents.

-460 milliards $
La perte du secteur du tourisme au premier semestre
Selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), le secteur du tourisle fait état d'une perte de 460 milliards de dollars au niveau mondial sur les six premiers mois de l'année, du jamais vu.

Régime anti-dépense

La déroute des compagnies fait des victimes collatérales. Airbus , avec ses principaux clients Lufthansa et Air France à l'agonie, ne peut que constater le repli marqué de son activité. L'avionneur européen n'exclut plus le recours aux licenciements secs. Guillaume Faury, le président d'Airbus, justifie ce choix en expliquant que "les compagnies aériennes sont dans une situation plus difficile après les vacances que ce qu'on espérait".

Même son de cloche chez Rolls-Royce , dont le cours de bourse a atteint un plancher de 17 ans ce mardi après l'annonce d'un plan de financement destiné à lever 2,5 milliards de livres. Le motoriste britannique a perdu plus de trois quarts de sa valeur depuis le début de l'année.

Le tour-opérateur allemand TUI a fait le point ce mardi sur le dernier trimestre de son exercice décalé. Le géant du tourisme a réduit ses capacités de 30% à 25% entre juillet et septembre par rapport à l'année passée. Et pour les mois à venir, c'est toujours la soupe à la grimace. TUI envisage de proposer cet hiver seulement 40% de son offre habituelle. Le curseur devrait monter à 80% l'été prochain.

"Les compagnies aériennes sont dans une situation plus difficile après les vacances que ce qu'on espérait."
Guillaume Faury
Président d'Airbus

TUI et IAG sont en quête d'argent frais et évaluent également un appel au marché pour se refinancer. De nombreuses compagnies aériennes ont déjà été soutenues par les autorités publiques et ne cracheraient pas pour un second tour d'aides publiques.

Mais la voie la plus directe que semble prendre le secteur pour stabiliser sa trésorerie reste le contrôle strict de ses dépenses. TUI veut réduire ses frais généraux de 30%, ce qui pourrait entraîner la perte de 8.000 jobs. Lufthansa va réduire sa flotte pour le reste de l'année, n'écartant pas de nouvelles coupes dans ses effectifs. Le plus grand transporteur européen prévoyait jusqu'ici de supprimer 22.000 postes au total. 

Le champion britannique de l'hôtellerie, Whitebread, songe à supprimer 6.000 postes, soit près d'un emploi sur cinq, pour oublier la chute de 78% de son chiffre d'affaires au premier semestre.

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