Slack, le "tueur d'e-mails", prend 48% pour sa première cotation

Slack est aujourd'hui devenue une référence dans le monde de la communication en entreprise. ©Bloomberg

La célèbre plateforme de communication en entreprise a bondi de 48% juste après sa cotation directe. Introduite à un prix de reférence de 26 dollars, l'action a ouvert à 38,50 dollars.

Le New York Stock Exchange a accueilli une nouvelle entreprise très en vue.  Après les entrées remarquées en Bourse de Lyft et Uber ou encore celle de la plateforme de partage de photos Pinterest , c’est désormais au tour de Slack de faire ses premiers pas sur le marché boursier. Lancée en 2013, la messagerie instantanée est destinée aux échanges dans les entreprises. L'action a été introduite en cotation directe à un prix de référence de 26 dollars. Elle a démarré avec le ticker "WORK" à 38,50 dollars, soit une hausse de 48%. Un chiffre resté stable jusqu'à la clôture (+48,54% à 38,62 dollars).

Si Slack ne manque pas de travail, l’entreprise ne parvient toujours pas à atteindre l’équilibre.

Slack est aujourd’hui devenue une référence dans le monde de la communication en entreprise. Son souhait est pour le moins ambitieux: remplacer l’échange de mails au sein des entreprises. Elle y arrive visiblement déjà plutôt bien. La société a ainsi récemment revendiqué pas moins de 10 millions d’utilisateurs actifs chaque jour, répartis dans plus de 600.000 organisations. Du côté des investissements, la dernière levée de fonds de l’entreprise date seulement du mois d’août dernier. À l’époque, l’entreprise américaine avait levé quelque 427 millions de dollars.

Après six années d’existence, Slack est encore en pleine croissance et voit son activité continuer à prendre de l’ampleur. La semaine dernière, la société expliquait d’ailleurs s’attendre à voir son chiffre d’affaires grimper cette année de 50%. Une croissance à deux chiffres qui permettrait d’atteindre près de 600 millions de dollars.

Si Slack ne manque donc pas de travail, l’entreprise ne parvient toujours pas à atteindre l’équilibre. La perte d’exploitation ajustée pour cet exercice pourrait se situer autour des 190 millions de dollars. L’année dernière, la perte affichée par le groupe était déjà de 140 millions de dollars. Pas de quoi refroidir certains spécialistes. La banque d’affaires GP Bullhound, citée par le journal français Le Monde, expliquait ainsi que Slack "a le potentiel de devenir une des entreprises de logiciels les plus importantes au monde, transformant la manière dont les cols blancs collaborent". La banque estime par ailleurs que Slack pourrait même atteindre 4,2 milliards de dollars de revenus d’ici 2025.

Le jeu vidéo inspire

L’entreprise est aujourd’hui toujours dirigée par son fondateur, Stewart Butterfield, connu dans la Silicon Valley aussi bien pour ses réussites que pour ses échecs cuisants. Fan de jeux vidéo, il a tenté à deux reprises de se lancer dans le secteur. Par deux fois il a dû renoncer. Mais ces deux tentatives furent loin d’être inutiles. Sur base de son premier essai, il a fondé Flickr, une plateforme d’échanges de photo qu’il a ensuite revendue à Yahoo! à peine une année après sa création pour 20 millions d’euros. Sa deuxième tentative a elle été détournée en Slack, qui se base sur le système de discussion interne qui avait été mis en place entre les développeurs.

Aujourd’hui largement plébiscité par le monde de l’entreprise, Slack voit peu à peu la concurrence se profiler. Le plus sérieux concurrent n’est autre que Microsoft et sa messagerie Microsoft Teams. Le géant américain avait d’ailleurs à une époque entamé des discussions sur un possible rachat de Slack, sans succès. La plateforme de discussion est tout de même désormais intégrée directement dans Office365. Microsoft verrait depuis des mois arriver les utilisateurs à la pelle.

Une cotation directe plutôt qu’une IPO

Pour son entrée en Bourse, Slack n’a pas opté pour la "classique" IPO permettant notamment de lever des fonds auprès de nouveaux investisseurs. Les responsables de l’entreprise ont plutôt choisi une entrée avec une cotation directe. Cela implique donc qu’aucune part supplémentaire ne sera mise en vente et que les échanges se feront entre les actionnaires déjà impliqués dans l’entreprise. De quoi s’épargner les importants frais liés à une introduction en Bourse classique mais aussi éviter aux actionnaires de voir leurs parts dans l’entreprise se diluer dans une nouvelle émission d’actions. L’opération n’est pas banale mais avait notamment été réalisée il y a un an par la plateforme de musique en ligne Spotify. Aujourd’hui trois investisseurs se partagent un peu moins de la moitié de l’entreprise. Le principal actionnaire est Accel Partners avec 24% du capital de Slack. L’investisseur dispose aussi de parts dans Facebook et Dropbox. Viennent ensuite Andreessen Horrowitz et Softbank avec respectivement 13,3% et 7,3% des parts de la plateforme.

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