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Les bourses chinoises plombées par les coups de semonces de Pékin

Les Bourses de Hong Kong, Shanghai et Shenzen ont accusé un fort repli ce lundi face aux multiples tours de vis de Pékin à l'égard des sociétés technologiques et de l'éducation. ©Bloomberg

Les Bourses de Hong Kong, Shanghaï et Shenzen accusent le coup, après les tours de vis des autorités chinoises à l'égard des sociétés technologiques et de l'éducation. Des valeurs comme Prosus en sont aussi victimes sur les marchés européens.

Les multiples restrictions annoncées par les autorités chinoises à l'égard de plusieurs sociétés technologiques et de l'éducation pèsent lourdement sur les marchés d'actions ce lundi. C'est surtout le cas des bourses chinoises, comme Hong Kong qui a clôturé ce matin en repli de 4,13%, mais aussi de Shanghaï (-2,34%) et de Shenzen (-2,28%).

"Pékin a annoncé une série de réformes du secteur de l'éducation en ligne, que les autorités jugent "piraté par le capital" et dont les sociétés devront dorénavant s'enregistrer en tant qu'associations à but non lucratif."

Pékin a annoncé une série de réformes du secteur de l'éducation en ligne, que les autorités jugent "piraté par le capital" et dont les sociétés devront dorénavant s'enregistrer en tant qu'associations à but non lucratif. Elles ne pourront également plus donner de cours le week-end, les jours fériés et pendant les vacances scolaires, ce qui pèsera sur leur rentabilité. À cette annonce s'ajoute la décision révélée ce week-end à l'égard du géant technologique Tencent qui devra renoncer à ses droits musicaux exclusifs. Le groupe a enfreint les lois antitrust, selon le régulateur du marché (SAMR) qui lui a également infligé une amende de 500.000 yuans (65.500 euros).

Dans la foulée, l'action Tencent a dévissé de 7,72% à Hong Kong et plongeait également plus de 12% dans les échanges avant bourse à Wall Street, où la firme est également cotée. Plus près de chez nous, le holding Prosus qui détient une part importante dans le géant chinois abandonnait jusqu'à 10% à la Bourse d'Amsterdam pour retomber à son plus bas niveau en un an. Le groupe est d'autant plus affecté qu'il est fort exposé au secteur de l'éducation en ligne ("ed-tech") dans lequel il a investi près de 2 milliards d'euros.

Les technos dans le viseur de Pékin

Ces mesures s'inscrivent dans le cadre d'une vaste offensive lancée ces derniers mois par Pékin contre les pratiques anticoncurrentielles de plusieurs géants du secteur des technologies après des années de croissance effrénée et de règlementation laxiste. Il s'agit désormais pour les autorités de juguler leur influence croissante, liée notamment à la collecte massive de données des consommateurs.

D'autres sociétés que Didi ont lourdement chuté vendredi à Wall Street, comme celle des "edtechs" chinoises. ©REUTERS

Le cas le plus emblématique concerne Didi Chuxing , l'Uber chinois qui s'est introduit à la fin du mois dernier à Wall Street pour y lever pas moins de 4,4 milliards de dollars. Pointé du doigt par Pékin pour "une violation grave de la réglementation en matière de collecte des données des utilisateurs", la firme a été bannie des boutiques en ligne d'applications en Chine et serait sous la menace de plus sérieuses sanctions, selon certaines sources contactées par Bloomberg qui ont notamment évoqué une amende record. Ce lundi, son action s'inscrivait encore en recul de plus de 10% dans les échanges avant-bourse à Wall Street, après avoir encore dévissé de 20% sur la seule séance de vendredi, pour retomber à la moitié de son prix d'introduction (14 dollars) il y a un mois.

-70%
L'action de la "ed-tech" chinois TAL Education a plongé de 70% vendredi à Wall Street.

Même chose d'ailleurs pour les valeurs technologiques axées sur l'éducation en ligne et également cotées à Wall Street, comme TAL Education dont l'action dégringole de plus de 20% ce lundi dans les échanges avant-bourse, après un plongeon impressionant de 70% sur la seule séance de vendredi, lorsque l'information avait déjà été annoncée par l'agence Bloomberg.

Le tour de vis de Pékin à l'égard des technos chinoises avait déjà éclaboussé auparavant Tencent, mais aussi et surtout Alibaba , qui a récemment dû s'acquitter d'une amende record de 2,3 milliards d'euros pour avoir adopté un comportement anticoncurrentiel. Une amende qui suivait l'abandon forcé il y a un peu plus d'un an de l'introduction de sa filiale de paiement Ant Group sur les Bourses d’Hong Kong et Shanghaï.

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