Ubisoft coupe des têtes et accuse le coup en bourse

Le CEO d'Ubisoft, Yves Guillemot, va assurer ad interim le rôle de directeur créatif. Il a présenté les prochaines sorties du groupe, notamment Assassin's Creed Valhalla. ©REUTERS

Pointé du doigt pour sa culture interne toxique, l'éditeur des jeux Assassin's Creed et Far Cry a décidé de faire le ménage. Une décision saluée par les analystes.

Révolution (de palais) chez Ubisoft . L’éditeur français de jeux vidéos a annoncé ce week-end le départ de plusieurs cadres du groupe – dont le directeur créatif et numéro deux de l’entreprise, Serge Hascoët – après de nombreuses accusations de harcèlement sexuel.

-800
millions d'euros
En bourse, l'action Ubisoft a perdu jusqu'à 10,06% en matinée ce lundi. Ce qui représente une perte de plus de 800 millions d'euros de capitalisation boursière.

L’affaire a éclaté au grand jour fin juin/début juillet suite à des révélations dans plusieurs médias – notamment Libération – qui avaient récolté plusieurs dizaines de témoignages illustrant une ambiance particulièrement toxique envers les femmes au sein de l'entreprise. Ubisoft avait à l’époque annoncé le lancement d’une enquête interne. "En fonction de ses résultats, nous nous engageons à prendre toutes les mesures disciplinaires appropriées", avait promis le groupe.

C'est donc aujourd'hui chose faite. Aux côtés de Serge Hascoët, la responsable monde des ressources humaines, Cécile Cornet, et le dirigeant des studios canadiens d'Ubisoft, Yannis Mallat, ont également démissionné. "Ubisoft n’a pas été en mesure de garantir à ses collaborateurs un environnement de travail sûr et inclusif. Ce n’est pas acceptable", reconnaît son CEO Yves Guillemot dans un communiqué.

Une décision correcte...

Côté analystes, on juge ces départs "corrects et justifiés", même si le défi auquel est confronté Ubisoft reste "majeur". "Il est encourageant qu'une action directe ait été prise", souligne la Société Générale, dont la recommandation passe de "acheter" à "conserver".

"Les investisseurs pourraient essayer d'évaluer à combien se porteront les réclamations juridiques et les perturbations de production."
Jefferies

Cependant, des questions sont encore en suspens. "Avons-nous entendu toute l'étendue du problème dans l'entreprise?", se demande Morgan Stanley. Chez Jefferies, où la recommandation est également tombée à "conserver", on va même plus loin. "Aussi louables soient les dernières déclarations du groupe, la question est de savoir si la direction connaissait le problème, si elle ne voulait pas le savoir ou si elle le savait et avait accepté cette culture du harcèlement désormais largement signalée".

... mais une réaction disproportionnée?

La banque d'investissement estime par ailleurs que "les investisseurs pourraient essayer d'évaluer à combien vont se porter les potentielles réclamations juridiques et les perturbations dans la production dues aux changements dans l'encadrement".

À la Bourse de Paris, l'action signe l'une des plus fortes baisses de la séance. L'entreprise française a ainsi perdu plusieurs centaines de millions d'euros de capitalisation boursière. Une réaction "disproportionnée", selon Morgan Stanley, par rapport l'impact commercial probable.

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