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Un espoir de vaccin, mais plein de questions

Les marchés d'actions européens ont connu une forte hausse cette semaine. ©EPA

Les valeurs du confinement ont été délaissées après l'annonce d'un test positif concernant le vaccin contre le Covid-19. L'inquiétude est restée présente.

Les marchés d'actions ont connu une semaine très mouvementée dès lundi dernier après l'annonce encourageante d'un vaccin par Pfizer et le laboratoire BioNTech. La confirmation de la victoire de Joe Biden à l'élection présidentielle américaine a aussi permis aux Bourses de remonter. Mais des ombres au tableau sont restées avec la progression inquiétante des cas de Covid-19 en Europe et aux Etats-Unis, qui ont rappelé aux investisseurs que la période de confinement néfaste pour l'économie mondiale n'est pas terminée.

Le Stoxx 600 a su toutefois garder ses importants gains du début de la semaine, en bilan hebdomadaire, avec une progression de 5,13%. La rotation sectorielle déjà observée depuis plusieurs semaines en faveur des valeurs bancaires et des compartiments très touchés par les mesures de confinement s'est accentuée. Le Stoxx 600 Banks a bondi de 16,49% d'un vendredi à l'autre, suivi par le secteur des assurances (+11,84%) et les valeurs automobiles en Europe (+9,38%). Cependant, le secteur technologique et celui des valeurs pharmaceutiques ont terminé sur une légère avancée hebdomadaire, signe que les investisseurs n'ont pas complètement délaissé ces sociétés, grandes gagnantes de la période actuelle.

"Les investisseurs deviennent nerveux de détenir des positions longues sur l'or parce que chaque rallye se heurte à un mur de brique."
Georgette Boele
Analyste chez ABN Amro Bank

Du côté des valeurs, la rotation sectorielle s'est avérée plus prononcée encore. Les titres dits "Stay Home" ont subi un revers en Bourse, tandis que des sociétés comme les exploitants de centres commerciaux et les compagnies aériennes ont bondi. Klépierre et Unibail- Rodamco- Westfield ont signé les plus fortes hausses du Stoxx 600 cette semaine, avec un gain respectif de 63,45% et 45,06%. La compagnie aérienne IAG a bondi de 39,58% en variation hebdomadaire, et Rolls-Royce a pris 34,70%.

Parmi les fortes baisses du Stoxx 600 se sont retrouvées les sociétés de livraison de repas à domicile, comme Delivery Hero (-11,88%), Just Eat Takaway (-8,19% ) et HelloFresh (-10,94%) mais aussi le site de supermarché en ligne Ocado Group (-11,51%). Aux Etats-Unis, les valeurs chouchous du confinement, Zoom Video et Netflix , ont fortement reculé sur la semaine, avec un repli respectif de 4,15% et 6,46%.

Un signe contradictoire des devises

Sur le marché des changes, l'euro est resté presque inchangé sur la semaine face au dollar, à 1,18 USD. Mais ce bilan n'a pas refleté les soubresauts des monnaies durant ces derniers jours. A l'annonce du résultat du test du vaccin de Pfizer, le dollar a profité des délestements de positions sur le yen, où les investisseurs s'étaient réfugiés récemment.

+16,49%
le stoxx 600 banks
Les valeurs bancaires européennes ont bénéficié de la rotation sectorielle en faveur des titres cycliques, comme les assurances et le secteur automobile.

Mais ensuite, les traders du marché des devises sont devenus plus réticents au risque jeudi et vendredi, après que les dirigeants de la Réserve fédérale américaine et de la Banque centrale européenne (BCE) ont souligné que les perspectives économiques restaient incertaines.

La perspective d'un vaccin est une source de soulagement, mais la zone euro souffrira encore des nouvelles mesures de verrouillage, ont également déclaré deux responsables politiques de la BCE.

Jeremy Stretch, analyste FX chez CIBC, a souligné que le marché était pris entre les espoirs du vaccin et la réalité des chiffres actuels du Covid-19. "Il était vrai que le flux de nouvelles négatives en termes de nombre de cas de Covid-19 provoquait une dynamique de réduction du risque, mais il semble maintenant que le marché veuille toujours essayer de terminer la semaine sur un biais légèrement plus orienté vers le risque", a-t-il résumé.

Les cours de l'or sont aussi restés presque inchangés sur la semaine, à 1.891,21 dollars, malgré une baisse prononcée dès lundi, compensée par une hausse vendredi. "Les investisseurs deviennent nerveux de détenir des positions longues sur l'or parce que chaque rallye se heurte à un mur de brique", a déclaré Georgette Boele, analyste des métaux précieux chez ABN Amro Bank. "Je pense qu'il y a plus à venir à court terme" a-t-elle analysé.

Un taux grec à un plus bas record

Sur le marché obligataire, la forte liquidation des obligations en début de semaine a laissé les rendements du Bund allemand en hausse de près de 8 points de base sur la semaine à -0,55%. Le sentiment sur les marchés de la dette de la zone euro a été soutenu par une perception selon laquelle des nouvelles optimistes sur un vaccin contre le Covid-19 n'empêcheront pas les banques centrales de fournir plus de mesures pour soutenir la croissance. Le marché a également vu les taux grecs à deux ans descendre en négatif pour la première fois de leur histoire, à -0,07%. Ils sont descendus sous ce niveau lundi pour ne jamais remonter les jours suivants.

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