Un nouveau tremblement sur les marchés

Des résultats décevants des grands noms de la tech, les mesures de confinement et la nervosité avant les élections américaines ont pesé sur les actions. ©BELGAIMAGE

Les bourses européennes ont terminé la semaine sur un recul très prononcé, alors que les investisseurs ont réagi négativement aux mesures de confinement.

Les marchés d'actions ont connu leur pire semaine depuis mars à quatre jours des élections américaines. Les investisseurs ont été pris de panique à l'annonce des nouvelles mesures de confinement adoptées dans plusieurs pays en raison de la deuxième vague de Covid-19. L'approche de l'issue des élections présidentielles aux États-Unis a également apporté beaucoup de volatilité sur les bourses. "Les investisseurs redoutent par-dessus tout un scrutin serré et contesté qui aurait un effet plus négatif sur les actions qu'une augmentation de la fiscalité et un durcissement de la régulation sous une présidence Biden", explique Sean Marcowicz, responsable mondial de la stratégie pour Schroders.

Les résultats inquiétants de plusieurs géants de la technologie cette semaine ont également pesé sur la tendance. En Europe, SAP a douché son compartiment, qui a signé le plus fort recul sectoriel (-9,85%) du Stoxx 600, qui a perdu 5,45% sur la semaine. Le titre s'est lui positionné comme lanterne rouge de l'indice, avec un repli de 26,62% d'un vendredi à l'autre. Il a aussi entraîné le Dax (-8,46%) parmi les plus fortes baisses hebdomadaires sur le Vieux Continent, car comme le soulignent des analystes, l'action pèse 11% de la valeur de l'indice. L'éditeur de logiciels a réduit ses prévisions de revenus pour l'année complète et a déclaré qu'il s'attendait à ce qu'une nouvelle vague de confinement nuise à la demande au premier semestre 2021, refroidissant le moral des investisseurs.

Les investisseurs redoutent par-dessus tout un scrutin serré et contesté qui aurait un effet plus négatif sur les actions, au moins à court terme, qu'une augmentation de la fiscalité et un durcissement de la régulation sous une présidence Biden.
Sean Marcowicz
Responsable mondial de la stratégie pour Schroders

Aux États-Unis, les résultats de plusieurs big techs ont déçu les investisseurs. Apple a annoncé une baisse plus forte que prévu de ses ventes. Facebook a indiqué une baisse inattendue du nombre de ses utilisateurs et prévenu d'une année 2021 plus difficile que prévu, et Amazon a indiqué s'attendre à une hausse de ses coûts en raison de la pandémie.

L'aversion au risque généralisée a provoqué un repli des investisseurs vers les valeurs refuge. Le taux allemand à dix ans est retombé à 0,652% alors qu'une semaine auparavant, il était monté à 0,57%.

Des banques centrales attendues

Dans le contexte troublé des marchés, les investisseurs ont espéré un signe des banques centrales pour davantage de soutien à l'économie. La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi sa politique monétaire inchangée mais a ouvert la porte à des mesures de soutien supplémentaires en décembre, répondant ainsi aux attentes des marchés. Elle n'a pas modifié les paramètres de sa politique mais l'institution a laissé entendre très clairement qu'elle se tenait prête à les ajuster dès sa prochaine réunion.

Les marchés s'attendent à voir la BCE annoncer en décembre qu'elle augmente le volume de ses achats d'actifs et qu'elle offre aux banques des conditions de financement encore plus favorables.

Les annonces de la BCE ont fait plonger l'euro à un plus bas depuis le 28 septembre. Sur la semaine, la devise européenne a lâché 1,75% face au dollar, à 1,652 USD. Le billet vert a lui profité de l'aversion au risque sur les marchés.

Jeudi prochain, la Réserve Fédérale américaine sera elle aussi attendue sur son discours, alors qu'en octobre, le président de l'institution, Jerome Powell, avait prévenu des conséquences désastreuses pour l'économie de l'absence d'un nouveau plan de relance aux États-Unis, suspendu en raison des élections.

Délestage sur le pétrole

Les cours du baril de Brent, référence de pétrole pour les marchés européens, ont chuté de plus de 10% cette semaine, signant sa pire chute hebdomadaire depuis la fin du mois d'avril. Jeudi, le Brent a même touché 36,64 dollars, tombant à son plus bas depuis mai. "Les restrictions croissantes jettent une ombre sur les perspectives de la demande de pétrole à court terme", a résumé Stephen Brennock, analyste de PVM.

Les restrictions croissantes jettent une ombre sur les perspectives de la demande de pétrole à court terme
Stephen Brennock
Analyste de PVM

"Il incombe maintenant à l'Opep+ de reconsidérer son augmentation de production prévue en janvier", a expliqué Jeffrey Halley, analyste chez Oanda. Les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et leurs alliés, via l'accord Opep+, ont maintenu à l'occasion de leur dernière réunion ministérielle mensuelle le 19 octobre la marche des coupes décidées en avril pour faire face à l'impact de la pandémie.

Celle-ci entraîne le retour sur le marché de 1,9 million de barils par jour au 1er janvier. L'Opep + doit à nouveau se réunir le 30 novembre et le 1er décembre. "L'issue de cette réunion a le potentiel d'amener les prix du pétrole vers 10 dollars ou pas", ont estimé les analystes de PVM.

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