"Une baisse de plus de 25 points de base de la Fed, ce serait un 'mode panique' "

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Le rythme de la publication des résultats trimestriels va s'intensifier cette semaine. Le secteur automobile sera particulièrement surveillé. Les investisseurs resteront aussi attentifs aux messages envoyés par les banques centrales.

Les marchés européens vont entrer la semaine prochaine dans la saison des résultats semestriels, tout en gardant un oeil sur les banques centrales qui devraient se montrer toujours plus accommodantes.

"Nous allons entrer dans une phase de marché qui va être ponctuée par les publications de résultats. C'est cela qui va faire bouger les marchés", commente auprès de l'AFP Régis Bégué, directeur de la gestion actions chez Lazard Frères Gestion.

L'automobile particulièrement surveillé

Les publications de l'automobile, avec PSA , Faurecia , Valeo ou encore Michelin et Renault , seront particulièrement surveillées dans un contexte de crise mondiale pour ce secteur.

"L'automobile subit beaucoup de difficultés en ce moment, des pressions d'ordre réglementaire, d'ordre écologique et des incertitudes liées au Brexit et à la guerre commerciale", explique M. Bégué.

"C'est un secteur qui a une influence forte sur les marchés européens et a un impact sur énormément de secteurs comme les semi-conducteurs, la chimie, le plastique...", poursuit-il.

Les banques centrales ont repris la main

En parallèle, les investisseurs seront attentifs aux messages envoyés par les banques centrales européenne (BCE) et américaine (Fed).

Si la première, qui se réunit la semaine prochaine (jeudi), pourrait à moyen terme relancer un programme de rachats de titres pour soutenir l'économie, la deuxième devrait baisser ses taux à la fin du mois.

En dépit d'indicateurs américains plutôt bons, la question d'une baisse de taux, en prévision d'un ralentissement économique futur, semble totalement entérinée par le marché, notamment en raison des incertitudes sur la guerre commerciale.

"Les banques centrales ont repris la main, elles sont en +mode préventif+. Elles font tout pour repousser le risque de récession, surtout aux Etats-Unis. Elles veulent que le cycle se prolonge, que les investisseurs restent confiants. C'est un facteur de soutien important", explique de son côté à l'AFP Alexandre Drabowicz, responsable adjoint de la plateforme actions chez Amundi.

Une question demeure cependant, celle de l'ampleur de cet assouplissement monétaire.

"On s'attend à une baisse de 25 points de base de la Fed. Plus, ce serait un mode panique. Cela voudrait dire que la Fed sait quelque chose qu'on ne sait pas."
Alexandre Drabowicz
Responsable adjoint de la plateforme actions chez Amundi

"On s'attend à une baisse de 25 points de base de la Fed. Plus, ce serait un +mode panique+. Cela voudrait dire que la Fed sait quelque chose qu'on ne sait pas", ajoute M. Drabowicz.

"Dans la surenchère, il n'y a pas grand-chose qui arrête les deux banques centrales", renchérit Régis Bégué, qui note en outre une "politisation impressionnante des banques centrales".

"La compétition entre elles n'en finit pas. L'agenda caché des deux banques centrales, c'est la guerre de devises pour ne laisser aucune de celles-ci s'apprécier par rapport à l'autre", poursuit-il.

Guerre commerciale et Brexit

Dans ce contexte, bien qu'elle soit intimement liée aux publications de résultats et aux politiques monétaires des banques centrales, la question de la guerre commerciale passerait presque au second plan.

"Le marché est relativement confiant (dans le fait que) la rhétorique entre les Etats-Unis et la Chine est surtout une tactique de négociation et que fondamentalement, les deux pays cherchent à trouver une solution", note M. Drabowicz.

Enfin, le Brexit pourrait réapparaître sur le devant de la scène la semaine prochaine puisque le nom du nouveau Premier ministre britannique doit être annoncé mardi.

C'est le "Brexiter" Boris Johnson qui fait partie des grands favoris et il a d'ores et déjà prévenu que le Royaume-Uni devait coûte que coûte quitter l'Union Européenne le 31 octobre prochain, accord ou pas.

 

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