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Universal s'envole de près de 40% à la Bourse d'Amsterdam

Le prix d'introduction en bourse d'Universal a été fixé à 18,5 euros par action ce lundi soir.

La filiale de Vivendi, Universal Music, a vu son titre bondir de plus de 35% ce mardi à la Bourse d'Amsterdam pour sa première journée de cotation. À l'inverse, Vivendi a piqué du nez

C'est ce qu'on appelle un début en fanfare. Pour sa première cotation à la Bourse d'Amsterdam, l'action Universal Music Group (UMG) s'envole de plus de 39% dans les premiers échanges à près de 26 euros. Elle termine sa première journée en bourse sur un bond de 35,68%.

La séance était plus douloureuse pour la maison mère d'Universal, Vivendi , le cours du groupe français intégrant pour la première fois la scission d'Universal. Il tombe donc à un peu moins de 11 euros, contre 31,53 euros en clôture lundi.

Le prix d'introduction en bourse du géant de la musique avait été fixé à 18,5 euros par action ce lundi soir. Un tel prix le valorise à pas moins de 33,4 milliards d'euros, soit un peu plus que les 33 milliards annoncés lors du lancement du processus la semaine dernière.

33,4
milliards d'euros
En 2013, Vivendi avait rejeté une offre de 8,5 milliards de dollars sur Universal de la part du japonais SoftBank. Moins de dix ans plus tard, Universal arrive en bourse avec une valorisation estimée à 33 milliards d'euros.

Un chiffre que de nombreux suiveurs n'hésitent pas à franchement revoir à la hausse. Pour la plupart d'entre eux, la valorisation d'Universal dépasse les 40 milliards d'euros.

Chez JP Morgan, on avance même le montant de 54 milliards d'euros. Derniers en date à jauger le poids de la maison de disques, les analystes de Credit Suisse évoquent le chiffre de 45 milliards d'euros alors que leur curseur était fixé précédemment sur 38,5 milliards d'euros.

Machine à cash

La révision à la hausse de Credit Suisse se justifie par "les prévisions de croissance favorables dévoilées par Universal lors de sa journée d'investisseurs qui ont notamment fait apparaître une hausse de l'activité", expliquent les analystes de la banque.

Pour rappel, les financiers d'Universal ont prévenu le marché le mois dernier qu'ils s'attendaient à voir les revenus du groupe gonfler de plus de 10% cette année, à taux de change constants. Du côté des bénéfices, il est question de faire monter les gains de 20% sur la même période. Une donnée à mettre en perspective avec la position ultra-dominante d'Universal dans le secteur musical. Sa part de marché flirte avec les 40%.

Les analystes insistent sur le fait qu'Universal est, de loin, le titre qui offre la meilleure exposition à l'industrie musicale.

Au terme du premier semestre, huit artistes de l'écurie Universal trustaient le top 10 des albums les plus vendus dans le monde. Parmi eux, Justin Bieber et Olivia Rodrigo ou encore Billie Eilish, Taylor Swift et Ariana Grande, les trois artistes les plus écoutées sur des plateformes de streaming l'an dernier.

Du beau monde, donc, qui offrira une porte idéale pour mettre de la musique dans son portefeuille boursier. Les analystes insistent sur le fait qu'Universal est, de loin, le titre qui offre la meilleure exposition à l'industrie musicale. Le concurrent Sony Music n'est accessible aux investisseurs qu'en tant que petit morceau du conglomérat japonais Sony Group, alors que Warner Music a moins de 15% de ses actions cotées en bourse, le reste (86,3%) étant contrôlé par le milliardaire Len Blavatnik.

Vache à lait

Si les analystes ont du mal à s'entendre sur la valorisation exacte d'Universal, ils sont en revanche unanimes sur l'impact de la mise en bourse sur la maison mère Vivendi. Avec cette opération, cette dernière se sépare de sa filiale la plus rentable, ce qui risque de faire fuir quelques fidèles actionnaires.

La major représente à elle seule plus de 90% des bénéfices du holding Vivendi, soit 452 millions sur 488 millions d'euros au premier semestre. Universal a aussi assuré à lui seul 46% des 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires dégagés par Vivendi au cours des six premiers mois de l'exercice en cours.

Vivendi s'attend à vivre quelques turbulences boursières avec le départ d'Universal. La baisse attendue du titre Vivendi pourrait aiguiser l’appétit des prédateurs.

Et le robinet à bénéfices ne semble pas près d'être coupé. Il suffit de voir la ferveur du public pour les formules d'écoute par abonnement, ou encore le montant des revenus tirés des plateformes de streaming. Au total, les revenus issus de l'écoute de musique en ligne ont augmenté de 24,7% au premier semestre 2021. Et chez Universal, on présume que tout ceci n'est que le début de l'âge d'or du streaming.

Turbulences boursières

Du côté de Vivendi, le management s'attendait à vivre des turbulences boursières avec le départ d'Universal. La violente baisse du titre Vivendi ce mardi à la Bourse de Paris pourrait aiguiser l'appétit des prédateurs en quête d'une proie bon marché. Mais Vivendi, dont la trésorerie est désormais pleine, a profité de l'engouement de ses actionnaires pour la mise en bourse d'UMG pour se faire autoriser à racheter jusqu'à 50% de ses propres actions.

Préalablement, 20% d'Universal avaient été cédés à un consortium mené par le colosse asiatique Tencent, puis 10% au financier américain Bill Ackman. Vivendi garde de son côté 10% du capital de la maison de disques.

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