Vers un mois record des actions en Europe et à Bruxelles

Vestas a bondi de près de 6% cette semaine. ©Vestas Wind Systems

Les actions européennes ont continué sur leur lancée cette semaine. Elle sont bien parties pour enregistrer un mois historique. Par contre, Wall Street cale.

Trois semaines de hausses boursières, on n'avait plus vu ça depuis juillet. Certes, la dernière progression hebdomadaire des indices actions est nettement moins impressionnante que celle des deux semaines précédentes, qui avaient été marquées par un retour vers les valeurs fortement pénalisées par la crise sanitaire, mais c'est néanmoins une confirmation des espoirs que les investisseurs continuent à placer dans les futurs effets des vaccins contre le Covid-19 qui devraient être disponibles dans les prochains mois.

+13,8%
Le gain du Stoxx 600 depuis début novembre
L'indice paneuropéen Stoxx 600 est sur le point d'enregistrer le meilleur mois de son histoire. Il a fait ses débuts en 1998.

Cette confiance des intervenants des marchés est tout à fait remarquable et elle transparaît clairement dans les chiffres. Si on arrêtait le mois de novembre aujourd'hui, l'indice Stoxx 600 des plus grandes capitalisations européennes afficherait un gain mensuel de 13,80%, ce qui représenterait non seulement son meilleur mois de l'année mais aussi la plus forte progression mensuelle de son histoire, ni plus ni moins. A ce stade, le mois record de cet indice lancé en 1998 est avril 2009, durant lequel il avait bondi de 13,47%, à l'aube du redressement économique qui avait suivi la grande récession due à la crise financière. Reste à voir comment le Stoxx 600 évoluera durant les six dernières séances boursières de novembre mais l'envol des deux premières semaines du mois et la résistance affichée ces derniers jours sont très significatifs de l'optimisme actuel des investisseurs.

Un optimisme excessif? Tout le monde se pose la question. "Cette progression à deux chiffres survient après un très faible mois d'octobre mais néanmoins, des indicateurs techniques signalent que les marchés pourraient être surachetés", avertit Frank Vranken, chef stratégiste chez Puilaetco, dans une note publiée vendredi. Cela ne veut néanmoins pas dire qu'il est temps de vendre et d'attendre car "l'approche 'tout ou rien' est la recette assurée de faibles rendements", nuance ce spécialiste qui conseille de rester investi, tout en étant attentif aux choix d'allocation entre les différents secteurs, dont les valorisations diffèrent fortement.

Une énergie n'est pas l'autre

Tout dépend évidemment des espoirs de gains futurs, qui reposent eux-mêmes sur les effets qu'auront les vaccins d'une part et les politiques budgétaires et monétaires d'autre part. Mais pour ceux qui ont confiance dans ce cocktail qui est censé soutenir l'économie à terme, certains chiffres méritent un coup d'oeil. Depuis le début du mois, les secteurs des banques , de l'assurance , de l'énergie et de l'automobile progressent de plus de 20%. Si le secteur auto a déjà récupéré ses pertes du krach boursier de février-mars dû à la crise sanitaire, les trois autres - banques, assurances et énergie - affichent encore une chute de 15 à 30% en 2020.

"Des indicateurs techniques signalent que les marchés pourraient être surachetés."
Frank Vranken
Chef stratégiste chez Puilaetco

Mais attention, il y a peut-être de bonnes raisons à cela, comme la crainte d'une hausse des mauvais crédits dans les banques à cause de futures faillites liées aux conséquences de la crise sanitaire, ou encore les perspectives peu engageantes pour les sociétés pétrolières dans le monde post-Covid. Dans l'indice Stoxx Energy, il faut d'ailleurs noter le grand écart entre les sociétés du renouvelable, comme Vestas (+5,93% cette semaine) ou Siemens Gamesa qui sont en hausse de 80% cette année, et les pétrolières, telles que BP et Shell qui affichent un plongeon de plus de 45% en 2020...

Reste que les quatre compartiments susmentionnés trônent en haut des variations sectorielles de cette semaine: les valeurs énergétiques ont bondi de 5,80%, les banques ont pris 3,68%, les entreprises de l'automobile ont grimpé de 4,18% et les assureurs ont avancé de 3,13%.

La Bourse de Bruxelles s'inscrit dans la tendance européenne. Le Bel 20 a gagné 1,74% cette semaine, consolidant son très bon début de mois. En novembre, l'indice belge progresse de 17,82% à ce stade, ce qui le positionne pour une performance mensuelle inédite dans son histoire débutée il y a près de trente ans.

Barco en forme

Au sein du Bel 20, les grands gagnants de la semaine sont Barco (+9,58% en cinq jours), Solvay (+7,26%) et Ageas (+5,01%). Barco bénéficie du retour vers les valeurs délaissées à cause de la crise sanitaire: les craintes pour les cinémas avaient lourdement plombé le spécialiste de l'imagerie numérique. Solvay a bénéficié d'un relèvement de la recommandation de l'influente banque d'affaires américaine Morgan Stanley. Celle-ci a aussi soutenu Ageas en augmentant son objectif de cours pour l'assureur.

A l'opposé, des valeurs de la santé ont été délaissées. UCB a perdu 1,69% cette semaine. Galapagos a cédé 0,19% depuis lundi.

+3,4%
Hausse hebdomadaire du cours du cuivre
Le prix du cuivre, comme d'autres matières premières, a bénéficié directement de la reprise économique en Asie et en particulier en Chine.

Aux Etats-Unis, la semaine boursière n'a pas été bonne. Vendredi, à l'heure de la clôture européenne, les grands indices de Wall Street évoluaient non loin de leur niveau de la fin de la semaine précédente. Les espoirs liés aux annonces concernant les vaccins anti-Covid ont laissé la place aux inquiétudes relatives à de nouvelles restrictions adoptées dans plusieurs Etats pour lutter contre la propagation du coronavirus, qui est particulièrement alarmante outre-Atlantique.

Voilà qui contraste avec l'Asie, où les indices ont progressé cette semaine, que ce soit à Tokyo (+0,56% pour le Nikkei ), à Hong Kong (+1,13% pour le Hang Seng ) ou à Shanghai (+1,78% pour le CSI 300). Les économies asiatiques emmènent la reprise à l'échelle internationale. C'est notamment le cas de la Chine. Or, la deuxième économie mondiale est le pays qui consomme le plus de matières premières, ce qui a profité au cours du cuivre , en hausse de 3,4% cette semaine.

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