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Volvo Cars bride son IPO avant d'arriver en bourse

Volvo Cars arrivera avec un jour de retard à la Bourse de Stockholm et avec des ambitions quelque peu revues à la baisse. ©AFP

Volvo Cars a fixé le prix de son IPO, prévue cette semaine, au bas de la fourchette de ses estimations. Le constructeur auto a également réduit la taille de son offre.

Les investisseurs devront attendre un jour de plus que prévu avant de pouvoir se positionner sur l'une des valeurs les plus attendues en Europe cette année. L'entrée en bourse de Volvo Cars, prévue initialement jeudi, a été retardée à vendredi sur le Nasdaq de la Bourse de Stockholm.

Ce léger changement d'agenda cache-t-il un problème plus important sous le capot de Volvo? Car l'heure ne semble plus à l'euphorie autour de la renaissance boursière de la marque. La taille de l'IPO du constructeur automobile, filiale du groupe chinois Geely, a été revue à la baisse ce lundi. Volvo Cars prévoit désormais de lever environ 20 milliards de couronnes (2 milliards d'euros), alors qu'il était jusqu'ici question de 25 milliards de couronnes.

"Il y a une surabondance d'introductions en bourse similaires."
Des sources proches des discussions

En outre, Volvo Cars estime que l'opération sera bouclée au prix de 53 couronnes par action, soit 5,31 euros. Ce montant représente le bas de la fourchette initiale indiquée au début du mois d'octobre par la marque suédoise. Cette fourchette était comprise entre 53 et 68 couronnes.

Méfiance sur les nouveaux venus

À ce prix, la valorisation boursière de Volvo devrait tourner autour des 15 milliards d'euros, contre les 20 milliards d'euros anticipés jusqu'ici. Un chiffre à mettre en rapport avec les près de 2 milliards d'euros déboursés il y a 11 ans par Geely pour racheter l'entreprise à Ford Motor.

Rappelons aussi que Geely n'en est pas à son coup d'essai pour introduire Volvo en bourse. En 2018, une première tentative avait été accueillie froidement par les investisseurs, et valorisait l'as de la voiture électrique à 30 milliards de dollars. À titre de comparaison, Renault ne vaut "que" 9 milliards d'euros en bourse et la capitalisation boursière de Volkswagen dépasse les 125 milliards d'euros.

1,2
million
Volvo promet d'utiliser les fonds levés en bourse pour pratiquement doubler sa production à 1,2 million de véhicules d'ici 2025.

En réduisant ses ambitions boursières à la baisse, Volvo Cars rejoint le bataillon d'entreprises européennes à avoir annulé, reporté ou diminué leur IPO. Selon des sources proches du constructeur automobile qui se sont confiées à l'agence Bloomberg, le rabotage des ambitions boursières de Volvo s'explique par "une surabondance d'introductions en bourse similaires et la participation difficile à évaluer que Volvo Cars détient dans le constructeur de voitures de sport électriques Polestar".

Il faut dire que la flambée des coûts énergétiques et les retards persistants constatés dans les chaînes d'assemblage des constructeurs automobiles ont de quoi freiner l'appétit des investisseurs. Le champion néerlandais de l'e-commerce Coolblue, ou encore Icade Santé, le spécialiste français de l'immobilier de santé, ont mis leur rêve boursier en veilleuse ces dernières semaines.

Des investisseurs plus sélectifs

Volvo Cars cherche à vendre uniquement des véhicules entièrement électriques d'ici la fin de la décennie et à construire une usine de batteries en Europe.

Du côté des investisseurs, on se montre également plus sélectifs, alors que les opportunités ne manquent pas sur des marchés boursiers, en pleine rotation sectorielle. Dans le même temps, la volatilité constatée actuellement sur les indices boursiers incite à davantage de prudence.

Volvo Cars, qui cherche à vendre uniquement des véhicules entièrement électriques d'ici la fin de la décennie, et à construire une usine de batteries en Europe, n'échappe pas au mouvement de méfiance.

La société promet d'utiliser les fonds levés en bourse pour augmenter sa capacité de production de voitures afin de presque doubler ses ventes annuelles, qui atteindront 1,2 million de véhicules d'ici 2025.

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