La riposte chinoise sur le commerce met Wall Street au tapis

©AFP

Le regain de tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine a jeté un froid sur les marchés mondiaux. Après une ouverture en nette baisse, les indices new-yorkais accéléraient leur recul pour terminer sur une perte de 2,3% pour le Dow Jones et de 2,4% pour le S&P 500. Le Nasdaq, lesté par les technos, était encore plus mal en point et a lâché 3,4%, soit sa pire séance de l'année. Les Bourses européennes ont aussi perdu des plumes, mais dans une moindre mesure.

La Chine a décidé, ce lundi, de répliquer aux nouveaux tarifs douaniers américains. Le pays souhaite imposer des droits de douane sur 60 milliards de dollars de produits américains à partir du 1er juin. L'absence de tout signe de déblocage des discussions entre les Etats-Unis et la Chine sur le commerce alimentent de nouveau les craintes de ralentissement économique et l'aversion au risque.

→ Du coup, les marchés US ont terminé en forte baisse ce lundi et les inquiétudes sur la croissance mondiale sont reparties à la hausse. L'indice Dow Jones a clôturé en recul de 617,76 unités, soit 2,38%, à 25.324,61 points et le S&P 500 a perdu 2,42%, à 2.811,66 points. La culbute était plus violente pour le Nasdaq qui s'est replié de 3,40%, à 7.647,52 points. Il accuse ainsi sa plus forte baisse de l'année et le Dow et le S&P leur plus net repli depuis le 3 janvier. Quant à l'indice de volatilité du CBOE, il est reparti à la hausse et a pris près de 28%.

"On était préparé à ce que les négociations ne parviennent pas forcément à un succès vendredi, mais pas à ce durcissement du ton de Donald Trump dans ses tweets et à l'annonce de mesures de rétorsion chinoises."
Gregori Volokhine
Meeschaert Financial Services

  Les soubresauts des négociations sino-américaines avaient déjà tenu les investisseurs en haleine au cours des dernières séances, faisant baisser la semaine dernière le Dow Jones de 2,0% et le Nasdaq de 3,0%. Après une nouvelle session de pourparlers, responsables américains et chinois s'étaient quittés vendredi sans accord mais en prévoyant a priori de se revoir.

Le ton est monté durant le week-end, Donald Trump ayant notamment promis une situation "bien pire" si la négociation devait se poursuivre au cours de son éventuel second mandat de président des Etats-Unis. Dans un autre tweet lundi, le locataire de la Maison Blanche a conseillé à la Chine de ne pas "répliquer" aux nouvelles taxes douanières imposées par les Etats-Unis, prédisant qu'une escalade dans cette guerre commerciale "ne ferait qu'empirer les choses".

Ces menaces n'ont pas empêché la Chine d'annoncer lundi, en mesures de représailles, une augmentation à partir du 1er juin de ses droits de douane sur des produits américains représentant 60 milliards de dollars d'importations annuelles. "On était préparé à ce que les négociations ne parviennent pas forcément à un succès vendredi, mais pas à ce durcissement du ton de Donald Trump dans ses tweets et à l'annonce de mesures de rétorsion chinoises", a commenté Gregori Volokhine de Meeschaert Financial Services. "La question maintenant est de savoir si on parvient à un accord en deux semaines ou si ces évolutions traduisent un réel échec", a-t-il ajouté. 

Une claque pour Apple, Boeing et Caterpillar 

Des groupes américains générant une importante part de leur chiffre d'affaires en Chine étaient en tout cas particulièrement chahutés lundi, à l'instar du constructeur aéronautique Boeing  ,  du fabricant d'engins de chantiers Caterpillar   ou du conglomérat industriel 3M  . Apple  , qui importe beaucoup de composants et produits finis depuis la Chine, dégringolait aussi.  

Le marché chutait également pour des raisons plus techniques, selon Gregori Volokhine: certains investisseurs ayant beaucoup parié depuis le début de l'année sur un marché stable et un faible niveau de volatilité, doivent désormais, face au regain de fébrilité des traders, se délester de leurs positions. 

A noter aussi que le nouveau venu, Uber, s’est encore embourbé dans le rouge, plongeant de 10,37% pour son deuxième jour en Bourse après les 7,6% perdus pour son baptême à Wall Street vendredi dernier. Son rival, Lyft (-5,87%) était également pris pour cible, ce qui a ravivé les inquiétudes sur le modèle économique de ces groupes et, plus généralement, sur la solidité financière des start-up ayant récemment fait leur entrée en Bourse. 

Ailleurs encore, de nombreuses valeurs pharmaceutiques ont chuté après le dépôt par plus de 40 Etats d'une plainte contre le laboratoire Teva (-14,83%) et 19 autres pour entente sur les prix de certains génériques.


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