Wall Street peine à saluer les bons résultats des banques

Pour Jamie Dimon, PDG de JP Morgan, les banques d'investissement souffrent des incertitudes macro-économiques et géopolitiques ©REUTERS

La plupart des résultats des banques américaines progressent. Pour autant, les cours de leurs actions hésitent à monter davantage.

Ce devait être un secteur parmi les plus prometteurs de la saison des annonces de résultats qui vient de démarrer à la Bourse de New York. Et il est bien parti pour satisfaire cette prévision. Les unes après les autres, les grandes banques américaines s’attèlent à livrer les performances financières qu’elles ont réalisées au 2e trimestre.

Aucune d’entre elles, à l’exception de Goldman Sachs qui a subi une baisse de 6% de son résultat final, n’a déçu. Les bénéfices sont bien en hausse, souvent même au-delà de ce que l’on attendait. On prévoyait par exemple un bénéfice par action (BPA) de 1,81 USD pour Citigroup. Il s’est élevé à 1,95 USD. On tablait sur 2,50 USD par action pour JPMorgan. C’est finalement 2,82 USD que la banque a annoncé.

Les traders s’ennuient

Le plus surprenant, c’est que les investisseurs ont hésité à saluer ces nouvelles encourageantes à Wall Street. Les cours des actions de ces banques, qui progressent de 17% en moyenne depuis janvier, ont démarré la séance en cédant du terrain, avant de se reprendre par la suite. La baisse des dépenses opérationnelles, un taux d’imposition parfois inférieur à celui encore en vigueur il y a un an, ou encore l’enregistrement de gains non récurrents, ont compté parmi les éléments qui auraient pu pousser plus nettement à la hausse les cours des actions dans ce secteur.

Mais, et le phénomène a été relevé auprès de l’ensemble des banquiers qui ont publié des résultats, l’activité habituellement lucrative de la banque d’investissement et des marchés d’actions affiche des signes d’essoufflement. Les traders ont moins d’opportunités pour nouer ou dénouer des positions sur les Bourses, alors que les cours caracolent à des sommets dans des marchés par ailleurs fort peu volatils.  Les revenus tirés du trading actions ont reculé de 4% chez Citigroup, et ceux de la banque d’investissement chez Goldman Sachs de 9%.

Le conflit commercial sino-américain et les craintes d’un ralentissement économique mondial font que les entreprises  et les investisseurs hésitent à s’activer. Les opérations de fusion-acquisition marquent du coup le pas, avec pour conséquence une baisse des commissions perçues par les banquiers. L’annulation vendredi dernier de l’IPO de la division asiatique d’AB InBev aurait privé JPMorgan et Morgan Stanley de commissions comprises entre 140 et 170 millions de USD au total, selon des sources proches de ce dossier.  

Menaces sur les marges

La confiance des ménages se situe à des niveaux sains, les créations d’emplois sont solides et les salaires augmentent.
Jamie Dimon
PDG de JP Morgan Chase

Le trou d’air que traversent pour le moment ces activités a été partiellement compensé par la bonne santé de la banque de détail. Chez JPMorgan par exemple, celle-ci a progressé de 10,7%, gonflant le bénéfice net de cette branche de pas moins de 22,3%! Les choses pourraient ne pas s’arrêter en si  bon chemin, à entendre Jamie Dimon, le numéro un de cette banque. "La confiance des ménages se situe à des niveaux sains, les créations d’emplois sont solides et les salaires augmentent", dit-il.

Essentiellement active dans la banque de détail, Wells Fargo est celle qui a délivré la meilleure progression de ses résultats pour l’ensemble de ses divisions (+32,6%!). Le cours a cependant peiné à réagir favorablement. C’est que la baisse des taux d’intérêt observée ces dernières semaines aux Etats-Unis fait craindre une réduction des marges bénéficiaires dans les banques de détail au cours du trimestre en cours.

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