Agfa-Gevaert laisse les investisseurs dans le flou

Christian Reinaudo, CEO d'Agfa-Gevaert ©BELGA

La société anversoise s’est dotée d’une nouvelle structure pour faire face à un environnement difficile. Mais elle donne peu d’indications sur l’avenir de sa filiale Agfa Healthcare.

2019 s'annonce comme l'aube d'une nouvelle ère pour Agfa-Gevaert  . Depuis le 1er janvier, le spécialiste de l'imagerie évolue dans une toute nouvelle structure avec deux entités indépendantes l'une de l'autre. D'un côté, la filialisation des activités informatiques de soins de santé (Healthcare IT) est terminée. De l'autre, les activités d'Agfa Graphics et Agfa Specialty Products ont été regroupées, auxquelles s'ajoutent les activités d'imagerie d'Agfa Healthcare.

Cette nouvelle entité, nommée Agfa, est divisée en trois divisions: Offset Solutions, Digital Print & Chemical et Radiology Solutions. "Les choses évoluent dans une perspective stratégique, ce qui est clairement positif, mais est également attendu et requis", souligne Stefaan Genoe, analyste chez Degroof Petercam.

"Le groupe a effectivement scindé sa division IT médicale, de sorte qu'elle évolue de façon autonome à présent. Il n'y a pas encore de direction claire pour ce segment: entrée en bourse, vente ou spin-off (remboursement aux actionnaires)"
L'Investisseur

Mais comme beaucoup d'autres observateurs, il juge "décevant" le manque d'information autour de l'avenir de Healthcare IT (renomée Agfa Healthcare). "Le groupe a effectivement scindé sa division IT médicale, de sorte qu'elle évolue de façon autonome à présent. Mais il n'y a pas encore de direction claire pour ce segment dévoilée publiquement: entrée en Bourse, vente ou spin-off (remboursement aux actionnaires)", déplore le magazine spécialisé L'Investisseur.

Des rumeurs avaient circulé en octobre dernier suite aux intérêts affichés par la société de technologie néerlandaise Philips  . En marge de la publication de ses résultats trimestriels, son CEO Frans Van Houten avait affirmé que, si la division d'Agfa-Gevaert était vendue, elle serait examinée "avec intérêt". Depuis lors, plus rien.

Aujourd'hui, la société anversoise précise dans son communiqué avoir mandaté J.P. Morgan en tant que conseiller financier. "De plus amples détails sur le processus et le calendrier seront communiqués ultérieurement", ajoute-t-elle simplement. Les investisseurs devront encore rongé leur frein après 1 an et demi d'attente. Ce qui n'a visiblement pas plu à certains, l'action perdant jusqu'à 6,34% à la Bourse de Bruxelles ce matin avant de se reprendre et passer en territoire positif.

"Des mesures nécessaires" pour un meilleur avenir?

"Vente ou partenariats avec un grand acteur européen du secteur, toutes les options sont encore sur la table", commente de son côté Marc Ernaelsteen, analyste financier chez Puilaetco Dewaay. Il estime que le retournement du cours de l'action est lié à une confiance accrue des investisseurs dans l'avenir du groupe.

"À la première lecture des résultats annuels, certains éléments comme le résultat opérationnel se sont révélés moins bons qu'attendu. Mais je pense que la société a plombé ses chiffres de 2018 avec des mesures nécessaires". Le CEO d'Agfa-Gevaert, Christian Reinaudo, a d'ailleurs signalé dans le communiqué que sans les investissements liés à la transformation de la société, le résultat net serait positif pour l'exercice précédent.

"À la première lecture des résultats annuels, certains éléments comme le résultat opérationnel se sont révélés moins bons qu'attendu. Mais je pense que la société a plombé ses chiffres de 2018 avec des mesures nécessaires"
Marc Ernaelsteen
analyste chez Puilaetco Dewaay


"C'est en quelque sorte le prix à payer" pour le long terme, explique Marc Ernaelsteen. Et d’ajouter que tous les effets ne se feront pas sentir cette année. "La société attend au mieux un résultat équivalent à 2018". Il souligne cependant l’importance de l’alliance signée avec la société chinoise Lucky HuaGuang Graphics. Une nouvelle mesure "nécessaire" dans un marché difficile et marqué par la concurrence des chinois.

"C’est une étape importante dans la poursuite du développement de la stratégie d’Agfa qui consiste à (...) renforcer sa présence mondiale sur ce segment de marché de manière rentable", indique le groupe. Le partenariat se limite pour l'instant à la Chine mais qui sait ce que la société anversoise pourrait annoncer le 14 mai prochain à l'occasion de ses résultats du premier trimestre...

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