"Avec la fintech, la Bourse de Bruxelles atteint une autre dimension"

Vincent Van Dessel, le président d'Euronext Bruxelles, pense que les récentes IPO vont "motiver des entrepreneurs et des investisseurs". ©BELGA

Le patron d'Euronext Bruxelles souligne qu'Unifiedpost et Nyxoah ont participé au programme TechShare qui sensibilise les entrepreneurs à la bourse.

Le président de la Bourse de Bruxelles, Vincent Van Dessel, espère que les récentes IPO (initial public offerings, soit les levées de capitaux en vue d'une introduction en bourse) d'Unifiedpost , Nyxoah et Hyloris donneront des idées à d'autres entreprises.

L'action Unifiedpost a fait un grand écart, passant d'un gain de près de 40% à une baisse de quasiment 3% en cours de séance. A-t-elle été mal évaluée avant son introduction en bourse?

Ce n'est pas la première fois que, dans les fintechs et dans les techs en général, on a des valorisations qui explosent puis redescendent. C'est assez spécifique à la fintech dans la mesure où celui qui y investit achète beaucoup d'avenir. Les modèles d'évaluation peuvent donc varier fortement selon leur auteur.

"Nyxoah et Unifiedpost sont des alumni de notre programme de formation TechShare. Nous semons beaucoup et obtenons finalement une récolte."

Unifiedpost est-elle la première fintech de la Bourse de Bruxelles?

Oui. Mais c'est surtout une nouvelle étape pour un entrepreneur qui a fondé sa société il y a 20 ans et qui voit aujourd'hui un rêve se réaliser. Pour cette société, cette cotation est un nouveau départ qui devrait lui permettre de continuer à se développer sérieusement.

Avant Unifiedpost, il y a eu Hyloris et Nyxoah. Est-ce le grand retour des IPO sur le marché belge?

Ce qui est frappant, c'est que ce sont trois véritables IPO. Nous sommes spécialisés dans les biotechs, les medtechs et les sciences de la vie mais ajourd'hui, avec cette autre technologie, la fintech, on atteint une autre dimension. C'est sans doute le résultat d'un travail entamé il y a des années. Nous allons démarrer la sixième session de TechShare, un programme de formation qui permet d'apprendre aux entrepreneurs ce qu'est une cotation en bourse et comment s'y préparer. Lors des cinq sessions précédentes, soixante sociétés ont suivi cette formation. Nous sommes heureux que Nyxoah et Unifiedpost soient des alumni de TechShare. Cela veut dire que nous semons beaucoup et que nous obtenons finalement une récolte.

"Être coté en bourse, c'est comme entrer en première division alors qu'on jouait en provinciale. C'est une ambition que chaque entrepreneur devrait avoir."

Ces réussites inciteront-elles d'autres entreprises à opter pour une cotation en bourse?

Ces deux cas pourraient servir d'exemple pour d'autres entreprises, notamment dans la fintech. Ca nous donne énormément d'espoirs parce que ça va motiver des entrepreneurs, ça va motiver des investisseurs, ce qui permettra de créer de nouveaux emplois dans la technologie en Belgique. Ces succès vont inciter des entrepreneurs à se fixer des objectifs. La cotation, c'est la cerise sur le gâteau. C'est comme entrer en première division alors qu'on jouait en provinciale. Pour moi, c'est une ambition que chaque entrepreneur devrait avoir.

Est-ce le cas chez les jeunes entrepreneurs?

Ceux qui ont fondé leur entreprise il y a dix ou vingt ans sont en tout cas beaucoup plus ouverts à la transparence et à toutes les réglementations qui sécurisent la cotation. L'accès à la bourse professionnalise l'entreprise et lui donne une réputation qu'elle pourra utiliser dans son business, tout en créant de la liquidité pour les investisseurs de la première heure. La valeur de cette création de liquidité et l'effet sur la réputation de la société sont des éléments extrêmement sous-estimés. Grâce à des exemples tels que l'IPO d'Unifiedpost, nous allons créer encore bien des vocations.

"Il existe, en Belgique, de superbes sociétés familiales non cotées qui pourraient être inspirées par les récentes IPO."

Depuis bpost, la Bourse de Bruxelles n'a plus connu d'IPO de très grande envergure.

Les grandes entreprises sont dans une situation très différente de celle de sociétés en croissance fondées récemment. Les grandes sociétés sont soit détenues par l'Etat, soit par d'autres actionnaires, notamment des familles. Nous avons beaucoup moins d'impact à ce niveau. Mais il est clair qu'il existe, en Belgique, de superbes sociétés familiales non cotées qui pourraient être inspirées par ce que font les jeunes entrepreneurs et être intéressées par la création de liquidités pour leurs actionnaires, tout en permettant à ces derniers de conserver le contrôle.

Inclusio souhaite entrer en bourse dès cet automne. Quand aura lieu cette IPO?

Nous n'avons pas le contrôle des agendas des sociétés.

Ce serait une société immobilière réglementée (SIR) de plus à Bruxelles.

Notre marché est bien connu pour les biotechs et les medtechs, d'une part, et l'immobilier, d'autre part, soit les deux extrêmes sur l'échelle du risque et du rendement. Nous serions très heureux de pouvoir y inclure Inclusio.

Y a-t-il d'autres projets d'IPO dans le pipeline?

Nous avons régulièrement des contacts avec un série de sociétés, belges et étrangères. Mais c'est un processus à long terme. Nous avons déjà des dossiers pour 2023. Mais tous n'aboutiront pas nécessairement.

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