Brederode se profile en champion dans son secteur

GBL ambitionne de verser un dividende au moins égal à celui de l'exercice 2018 ©Frédéric Pauwels / HUMA

Le groupe présidé par Pierre van der Mersch, souvent considéré comme le Warren Buffett belge, survole son secteur à la Bourse de Bruxelles.

2019 est bien parti pour ne pas être un millésime exceptionnel pour le compartiment des sociétés holdings de la Bourse de Bruxelles. Aux yeux de leurs actionnaires du moins. Exceptée celle de Brederode, qui a vu son cours monter de 30% depuis le début de l’année, les  actions des principaux holdings les laissent plutôt sur leur faim. Elles enregistrent des performances inférieures à la plupart des principaux indices en Europe.

 L’action GBL accumule un gain de 13,4%, celle de Sofina de 5,2% et celle d’AvH de 1,7%. Seule valeur dans ce secteur à subir une perte, Bois Sauvage recule de 3,7% depuis la fin de 2018. Ses performances se comparent avec une hausse de 16,5% pour l’indice Euro Stoxx 50, de 11,7% pour le Bel 20, de 18,4% pour le CAC 40 ou encore de 19,7% pour le SMI de Zurich. Pour Sofina, qui est assez actif dans la région Asie-Pacifique, ajoutons encore la hausse de 6,5% de l’indice MSCI Asia Pacific.   

Le marché l’avait bien flairé

Si l’évolution des cours de Bourse fait suite à la perception qu’a le marché de l’évolution des résultats de sociétés, il n’y a rien à dire, les investisseurs les ont plutôt bien anticipés. Brederode, qui a signé le meilleur parcours en Bourse, est le holding qui a communiqué le meilleur bilan semestriel au premier semestre. Son bénéfice net est monté de 91% pour atteindre 268 millions d’euros. Ces dernières années, sa branche private equity constituait un des principaux moteurs dans la hausse de ses résultats. Cette fois, ceux-ci ont surtout bénéficié de la reprise des Bourses après une année 2018 médiocre.

La hausse de la valeur du portefeuille coté de GBL compte aussi pour l’essentiel dans la bonne tenue de son action, alors que le résultat net consolidé du groupe des familles Frère-Desmarais limite sa progression à 5,5%, à 405 millions d’euros. Chez Sofina, qui investit une bonne part de son portefeuille dans l’accompagnement de dirigeants de sociétés non cotées, la progression de 18,2% du résultat net à 566,6 millions d’euros n’a été que timidement saluée par les investisseurs. Il est vrai que son action avait excellé en 2018 (+26,4% contre +3% pour celle de Brederode).

En dépit d’un bond de 90% de ses résultats au premier semestre à 212,9 millions d’euros chez AvH, les investisseurs ont plutôt fait la fine bouche à l’égard de l’action. Il est vrai qu’une bonne part du montant engrangé fait suite à une plus-value réalisée sur la vente d’un actif et qu’elle n’est pas appelée à se répéter.

Bois Sauvage est donc la seule valeur à avoir cédé du terrain depuis janvier. Ce holding est aussi le seul à avoir achevé les six premiers mois de l’année  sur un résultat négatif de 25,6 millions d’euros.

Dividendes et perspectives

Sur le sujet des dividendes que ces holdings comptent distribuer au titre de l’ensemble de l’exercice 2019, il est encore trop tôt pour en avoir une idée assez précise. Brederode a néanmoins réitéré son "attachement à une politique de distribution aux actionnaires en croissance régulière". Chez GBL , les dirigeants ont indiqué "anticiper un montant équivalent à celui de l’exercice 2018", pour autant qu’aucun événement majeur ne vienne contrarier cet objectif.

Les incertitudes des marchés financiers et boursiers empêchent de donner aujourd’hui une estimation des résultats de l’exercice 2019.

L’évolution des affaires dans la seconde partie de l’exercice sera bien entendu déterminante pour l’attribution des dividendes. Comment les dirigeants imaginent-ils la suite des choses? La prudence comme chez Bois Sauvage, voire la difficulté d’établir des prévisions, l’emportent. Chez Brederode, on ose penser que "sauf événement négatif majeur, les perspectives pour l’exercice en cours sont favorables". Du côté de Sofina, où l’on rappelle que les résultats du semestre écoulé ne préjugent en rien ceux à venir, "les incertitudes des marchés financiers et boursiers empêchent de donner aujourd’hui une estimation des résultats de l’exercice 2019". GBL cite pour sa part trois facteurs de risque: la situation géopolitique, entre autres au Moyen-Orient, les incertitudes découlant du Brexit et le dossier de la guerre commerciale sino-américaine. "Un environnement complexe et incertain" mais qui, sur les marchés, "peut être source d’opportunités d’investissement".

Enfin, chez AvH, la deuxième partie de l’année ne sera pas aussi favorable que celle de 2018. Toutefois, du fait de la juteuse plus-value qu’elle vient de réaliser, AvH "prévoit un résultat record historique pour la totalité de l’exercice 2019".  

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