Ce que vous devez savoir sur l'entrée en bourse de Biotalys

Dans le pipeline de Biotalys on retrouve un produit biologique qui protège les vignes des champignons susceptibles de se développer sur les cultures. ©BELGA ©REUTERS

Biotalys vient de lancer son offre en souscription publique en vue de son introduction en Bourse. L'agritech gantoise espère lever entre 50 et 70 millions d'euros. L'opération se termine le 30 juin.

Avec Biotalys, Euronext Brussels voit un autre spécialiste de la biotechnologie gonfler ses effectifs. Le nouveau venu ne recherche toutefois pas de nouveaux traitements médicaux, mais des moyens biologiques pour protéger les plantations contre les champignons et les insectes. C'est pourquoi on l'appelle agritech, contraction des mots anglais "agricultural technology".

Combien d'argent Biotalys espère-t-il lever?

Biotalys a l'intention d'émettre 6.333.333 actions nouvelles. Ce nombre peut être augmenté en deux étapes, de 15% à chaque fois, si la foule répond présente. L'entreprise vise une fourchette de prix oscillant entre 7,50 à 8,50 euros.

67
millions €
La fourchette de prix a été fixée entre 7,5 euros et 8,5 euros par action ce qui porte le total de l’offre entre 50,7 millions et 67 millions en prenant en compte le prix moyen et selon que les options permettant d’accroître le nombre de titres offerts sont exercées ou non.

En prenant compte le prix moyen et selon les options de surallocation, Biotalys pourrait lever entre 50 et 67 millions d'euros. Cet argent sera principalement utilisé pour financer le pipeline existant et la phase de commercialisation des produits de l'entreprise gantoise.

La valorisation de Biotalys pourrait tourner autour des 250 millions d'euros. Le pourcentage d'actions pouvant être librement négociées (flottant) sera d'environ 19%.

Biotalys a déjà empoché au moins 27,9 millions d'euros avant le début des enchères. Deux nouveaux investisseurs, la SPFI (le holding public du Fédéral) et la banque BNP Paribas, se sont déjà engagés à verser 10 millions d'euros. Les actionnaires de référence ont également mis la main au portefeuille et ont promis de conserver leurs actions pendant au moins un an.

Qui sont les actionnaires?

Depuis sa création en 2013, Biotalys a déjà levé 63 millions d'euros de capitaux pour financer ses recherches. À l'issue de l'offre en souscription publique, et dans l'hypothèse d'un succès maximal, la Flandre sera le principal actionnaire de l'agritech avec une participation de 15,2% via les véhicules d'investissements PMV (7,6%) et Biotechfonds Vlaanderen (7,6%).

"Tous les bénéfices seront conservés pour le développement et la croissance de l'entreprise. Aucun dividende ne sera versé dans un avenir proche."
Biotalys
Dans le prospectus de l'IPO

Suivent ensuite Sofinnova (12,7 %) et le holding du Bel 20 AvH (12,3 %). Novalis LifeSciences aura également quelques parts. Derrière elle, on retrouve l'homme d'affaires néerlandais Marijn Dekkers, qui fût aussi le patron de Bayer et le président d'Unilever. La liste des actionnaires comprend également le Boerenbond.

La Gimv (le bras financier du gouvernement flamand), Biovest (Rudi Mariën) et Madeli (la famille néerlandaise De Ruiter) complètent le tableau. Ces trois investisseurs étaient déjà main dans la main lors de la sortie de bourse de Devgen en 2013. Syngenta avait alors payé 388 millions d'euros pour reprendre le spécialiste des semences. Une partie des gains réalisés par la Gimv et ses deux partenaires ont alors été réinvestis dans Biotalys, qui a vu le jour à cette époque. C'était un exemple classique de recyclage du capital dans l'industrie biotechnologique.

Que fait Biotalys?

Biotalys est la troisième spin-off de l'Institut flamand de biotechnologie à entrer en bourse, après Devgen et Ablynx. Cette dernière a été rachetée en 2018 pour près de 4 milliards d'euros par Sanofi. Comme Ablynx, Biotalys s'inspire du système immunitaire des lamas pour concevoir ses produits destinés à combattre les maladies des plantes de manière biologique.

Biotalys dispose déjà d'un premier produit (Evoca) qui permet aux viticulteurs et aux producteurs de fraises de protéger leurs cultures contre le mildiou et le botrytis.

Biotalys dispose déjà d'un premier traitement, Evoca. Il permet aux viticulteurs et aux producteurs de fraises peuvent de protéger leurs plantes contre le mildiou et le champignon botrytis. Il peut également servir pour d'autres parasites touchant les melons, les aubergines ou encore les tomates. Biotalys attend l'autorisation de le lancer aux États-Unis l'année prochaine et en Europe deux ans plus tard.

Biotalys fera-t-elle bientôt des bénéfices?

Les investisseurs ne doivent pas espérer trouver en Biotalys un champion du bénéfice. Du moins, pas dans l'immédiat. Depuis sa création, la société a accumulé 37 millions d'euros de pertes, dont 10,7 millions l'an dernier.

13%
Les produits biologiques de protection des cultures ne représentent qu'une part de marché de 6%, pour une valeur de 3,7 milliards de dollars. Mais le marché connaît une croissance de 13%. C'est quatre fois plus rapide que pour la protection chimique des cultures.

Biotalys commercialisera son premier produit l'année prochaine, mais seulement à petite échelle, ce qui ne générera pas un flux de trésorerie positif. Entre-temps, les coûts liés à la mise en place d'une chaîne logistique et à la recherche continuent de grimper. Selon Biotalys, il faut huit ans et 30 millions d'euros pour mettre un nouveau traitement sur le marché.

Son deuxième produit n'est pas attendu avant 2026. Des augmentations de capital supplémentaires seront donc nécessaires pour arriver jusqu'à cette échéance.

D'ici là, "tous les bénéfices seront conservés pour le développement et la croissance de l'entreprise. Aucun dividende ne sera versé dans un avenir proche", note la société dans son prospectus de 300 pages.

Comment évolue le marché de l'agriculture biologique ?

Le marché mondial de la protection des cultures représente 60 milliards de dollars et est dominé par quelques géants. Pensez à Bayer qui a racheté Monsanto, à Chem China qui compte Syngenta dans ses rangs. Et puis il y a Dow et Dupont qui ont combiné leurs activités.

Les produits biologiques de protection des cultures ne détiennent que 6% des parts de marché pour une valeur de 3,7 milliards de dollars. Mais le marché connaît une croissance à deux chiffres. Le marché bio grossit même quatre fois plus vite que celui de la protection chimique des cultures.

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