Econocom flambe en bourse, payée en retour de ses efforts

La question de la succession de Jean-Louis Bouchard, président et CEO d'Econocom, sera-t-elle évoquée lors du point stratégique prévu par le groupe pour le 10 septembre? ©Antoine Doyen

Malgré un environnement difficile, la réduction des coûts et les cessions réalisées par Econocom semblent porter leurs fruits. Le titre bondissait de 15% en matinée.

Dix jours après avoir dévoilé des perspectives assez générales pour ses résultats du premier semestre, Econocom a publié vendredi soir quelques chiffres clés qui ont eu l’heur de plaire aux investisseurs, le titre grimpant de 15% en matinée à 2 euros.

Le spécialiste de la transformation digitale des grandes entreprises et des organisations publiques a ainsi fait état d’un chiffre d’affaires en baisse de 12,5% à 1,24 milliard d’euros. La bonne surprise est venue du résultat opérationnel courant qui, à 43 millions d’euros, se révèle supérieur à celui de l’an dernier pour la même période et est plus consistant qu’anticipé fin juin.

Dette réduite

80 millions
d'Euros
En un an, Econocom a réduit sa dette de plus de 80 millions d'euros. Elle s'établit désormais à 322 millions d'euros.

Deux autres points positifs peuvent aussi expliquer la bonne tenue de l’action ce mardi matin: en l’espace d’un an la dette financière a été réduite de plus de 80 millions d’euros à 322 millions d’euros, ce qui, comme le rappelle David Vagman d’ING ("conserver"; 3,1 euros), est le fruit de cessions. Ensuite, Econocom évoque, sans le quantifier, un résultat net semestriel "largement bénéficiaire". Il s’élevait à 3,9 millions d’euros, il y a un an.

La logique pourrait suggérer qu’Econocom est un gagnant du Covid en bénéficiant des investissements dans les logiciels et le matériel réalisés par ses clients. Mais il n’en est rien remarque David Vagman. "À la place, nous pensons que son endettement élevé et les problèmes propres à l’entreprise ont rendu les investisseurs très prudents ce qui explique la pression sur l’action qui a chuté de 29% depuis le début de l’année (avant le bond de ce matin, NDLR)".

Succession

De son côté, Thomas Couvreur, de KBC Securities ("acheter"; 2,7 euros), rappelle qu’Econocom est au milieu d’une restructuration significative qui passe par plusieurs désinvestissements dans des filiales non stratégiques et un vaste plan de réduction des coûts. Cela pourrait créer de la valeur pour l’action, estime-t-il, mais le Covid-19 a rendu cette optique plus incertaine, particulièrement sur le front des cessions, et a sans doute provoqué quelques retards.

Econocom est au milieu d’une restructuration significative et d'un vaste plan de réduction des coûts.
Thomas Couvreur
Analyste chez KBC Securities

Le 10 septembre, le groupe fera le point sur ses prévisions et sur sa stratégie. "On ne sait pas encore si la question de la succession sera évoquée à cette occasion, note Kepler Cheuvreux ("conserver"; 2 euros), ce qui serait pourtant hautement pertinent au vu de l’âge du principal actionnaire, CEO et président du conseil (Jean-Louis Bouchard, NDLR)".

Enfin, Degroof Petercam ("accumuler"; 2,75 euros) estime qu'Econocom évolue dans la bonne direction et confirme son redressement.

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